Mercredi 19 septembre 2007
L’image officielle de Léonard de Vinci est celle d’un vieillard.
Pourtant, d’autres portraits de lui, moins connus, le représentent plus jeune ; notamment un autoportrait dans sa grande étude "L’adoration des Mages" (le dernier personnage à droite).
Dans tous les écrits de l’époque et notamment celui de Giorgio Vasari, l’historien des
grands artistes de la renaissance italienne, il est mentionné que Léonard avait une force spectaculaire, que sa silhouette était celle d’un athlète et que son visage, encadré d'une longue
chevelure, était d’une grande finesse… Il ne m’en fallait pas plus pour imaginer ainsi celui qui berça toutes mes années de 11 à 16 ans, ce père spirituel qui me donna la grande envie de peindre,
une envie qui ne m'a jamais quitté.
par Michel Giliberti
publié dans :
Peintures
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Encore un plongeon dans les vieilleries avec ce tableau que je n’aime plus du tout, mais qui est
chargé des beaux souvenirs d'Emmanuel. "L'ange gardien", image facile, je le reconnais, suggestion trop évidente, mais… Emmanuel, quand on le connait, c'est un peu ça.
À cette époque, il découvrait Paris en ma compagnie et surtout, il découvrait son impact sur les autres.
Soirée mémorable en tête à tête avec lui dans une boîte branchée, petits repas dans un studio prêté, confessions étranges et aurores difficiles m’inspirèrent d'ailleurs une des scènes de mon
roman « Derrière les portes bleues ».
Inquiétudes d’un garçon dont la beauté n’interférait jamais dans ses rapports avec les autres. Inquiétudes réelles
quant à son avenir qu'il pressentait à travers tout ce que je pouvais lui en dire.
Nourri de tous mes vœux, il sentait s’entrouvrir ses ailes.
Moi, je sentais son éloignement à venir, le vide qu'il laisserait, mais j'étais heureux des espoirs que j’avais
su lui insuffler et qui commençaient à porter leurs fruits.
Il y avait tant à faire ailleurs… Tant à voir, tant à être.
Et ce fut New York qui l'accueillit. New York qui donna corps à ses espérances.
Juste avant, dans l'intimité de mon atelier, je recevais ce regard d’ange gardien (titre désuet et ridicule) lorsque je le peignais dans la lumière
normande.
Dimanche 16 septembre 2007
Je n'habitais pas encore à la
campagne, mais dans un appartement. De la fenêtre de mon atelier on me voyait peindre.
Xavier à 18 ans
Et puis un jour, on sonna à la porte.
J’ai ouvert.
Un gamin tout blond et magnifique se trouvait là, les mains derrière le dos et se balançant d'un pied
sur l'autre comme un blue-footed booby. Il murmura : « Maman m’a dit que
t’étais peintre, j’peux voir ce que tu fais ? »
Et comme un rayon de soleil, il s'est glissé dans la maison.

Une heure après il me prévint : « Demain c’est mon anniversaire, j'aurai douze ans, tu pourrais me dessiner Obélix ? »
Et le lendemain, il obtenait son dessin.
Quelques mois plus tard, alors qu’il dessinait dans mon atelier comme il en avait pris
l’habitude, il me demanda sans lever la tête de son cahier : « Tu voudrais pas être mon père ? »
Et je répondis sans cesser de peindre : « Oui ! »
Que pourrais-je ajouter ?
Xavier devint très vite le centre de ma vie. Je l'emmenais partout, je lui faisais découvrir Paris et lui même m'apprenait tant de choses. C'était un enfant complexe et très intelligent... Plus
tard il posa pour moi.
Aujourd'hui, Xavier est photographe ; un formidable photographe ! Il a l’âge que j’avais
quand je l’ai rencontré… Il est toujours « le fils ». Je suis toujours le « père ».
Mercredi 12 septembre 2007

Je glisse et m’enlise
Dans ton secret le moins lisse,
Je vais et balise
Tes ardeurs que je palisse.
Ta peau sous mes mains
Que la nuit masque et désarme
Jusqu’au lendemain
Se rebelle et puis m’alarme.
Si sombres mes cernes
Azurés comme la mer
Sont là qui te cernent
De mes jouissances amères.
J’irise et j’inonde
L'antre de ta parole
Qui souffre et qui gronde
De ce transit qui l’affole.
Je tombe et m’enterre
Contre toi et te respire,
Quand se désaltère
Ta bouche dans un soupir.
Puis je me retire
Pour enfin te regarder
Sourire et me dire
Que tu voudrais bien fumer.
© Giliberti / 2007

Il ne cessait, orgueilleux et secret, de donner à voir et à rassasier.
Chacun de ses gestes était une aventure, une prophétie complice des fantasmes que je sais cultiver.
Devant un miroir sommaire au dessus du vieux coffre, il fixait l’image qu’il savait me donner, l’image d’un berbère de
théâtre où l’éclat de l’argent, à l’ombre de la tente, luisait comme un pavé mouillé.
Moi, repu de ces heures à venir, je fixais tel un chat, la noirceur de ses yeux. Je tentais de rassembler les souvenirs ruisselants de mes nuits solitaires à respirer les parfums de sa couche
offerte pour un séjour compté.
À mon flanc, la blessure d’un geste, à ma bouche,
celle d’un aveu.
Mes paroles intérieures traduisaient le givre rose du sel aux
abords du désert, la caresse du vent parfumé et l’écume de nulle part.
J’attendais.
J’attendais le moment où l’argent à ses bras ne serait qu’un amas
à nos pieds, où la soie sur sa peau, qu’une tache silencieuse et en boule.
Là, la
mise en scène s’arrêterait.
Là, tout commencerait.
Dimanche 9 septembre 2007
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