Mercredi 5 septembre 2007

Ton regard si clair
Dans la sombre lumière
Parlait plus que mes lèvres
Et tes gestes si rares
Dans la ferveur des miens
Entravaient mon attente.

© Giliberti / 2007

Regards.jpg
La poésie est peut-être l’acte le plus héroïque d’un auteur ; la confondre avec une exaltation juvénile ou romantique est impossible, même si, en première lecture, ses mots en exil semblent fuir la réalité.
Je n’ai jamais aimé le mot « poète » qui donne un air « échevelé » à celui qui « poétise ».
Je ne me suis jamais senti poète ; je revendique même ne pas l’être (vaste bataille avec moi-même). Tout ce qui nomme, enferme ou classe, m’ennuie profondément.
Je veux être « celui » qui peint, « celui » qui écrit, « celui » qui compose ; toutes ces activités permettent de contrôler mon espace de liberté que parasitent les systèmes sociaux.
Quand l’homme prit conscience de « lui », nul doute que son regard ouvert et ses oreilles attentives l’incitèrent à faire tout ce que je fais moi-même en tant qu’homme « moderne ».
Comme lui, je suis donc un homme qui « fait » et ma musique intérieure, égale à la musique de tous les hommes, me donne à croire que le chant des mots est comme le chant matinal des oiseaux, serein, présent et non-figurant.
La voix des « hommes qui font », c’est la voix intérieure que j’écoute, c’est la chance qui est au creux de mes mains et de mes mots.

par Michel Giliberti publié dans : Réflexion
Mardi 4 septembre 2007
Masque-radieux.jpg
Un tableau bercé d'un peu d’humour qui met en scène une improbable famille animale abordée par un homme, lui-même, improbable.
Si cette toile déjà ancienne s’appelle « Le masque radieux de la maternité », c’est que la mère, qui protège ses petits, est sur la défensive.
Ici pourtant, point de danger ; le charmant jeune homme aux ailes cornues ne paraît pas vraiment menaçant et tente plutôt une approche protectrice de la nichée… Mais voilà, les mères ne sont pas réceptives aux manifestations affectueuses de charmants jeunes hommes qui tournent autour de leurs rejetons...

masque-radieu-detail.jpg
... Et dans la vraie vie, c'est un peu la même chose. Si le dialogue n'a pas lieu et qu'on se contente des simples apparences, il devient impossible de nous comprendre.
Toutes les peurs,
tous les racismes viennent de là... .

par Michel Giliberti publié dans : Réflexion
Lundi 6 août 2007

Plus grand chose à dire ces temps-ci… Trop de travail, trop de soucis. Entrer dans mon blog me donne l’impression de visiter un grand appartement vide où j’aurais vécu autrefois. Je ne parviens plus à m’y installer et comme du 11 au 19 août, je serai aux Canaries en compagnie de mon éditeur pour des rencontres littéraires, je n'ai pas le courage de commencer quelque chose et de devoir m'arrêter aussitôt.
J’espère qu’à mon retour, le goût des mots et des images me reviendra.
J'espère que le coeur enfoui sous tant d'émotions et d'inquiétudes saura refaire surface.
J'attends que les choses de la vie ne se disputent plus avec moi...
Pour l'heure, je laisse ces deux jeunes tunisiens de Salammbô palpiter et se battrent pour "de rire" à la sortie de leur école. La vie saura bien vite leur apprendre à se battre pour "de vrai", comme tous les grands...
malheureusement !

À très bientôt…







par Miche Giliberti publié dans : Réflexion
Vendredi 29 juin 2007

De peur de vous lasser avec mes histoires sur la Tunisie, je vous avais promis un bel article sur la Suède… Hélas, je n’ai pas trouvé grand chose à me mettre sous la dent. Sans doute étais-je moins inspiré. Néanmoins je vous prouve mes bonnes intentions avec cette photo gourmande de krisprolls…

par Miche Giliberti publié dans : Réflexion
Samedi 16 juin 2007

Comme les chevaux traversent les étangs de Camargue et nous émerveillent de leur grâce, comme les vagues roulent sur les rivages et nous rappellent l’éternité, il est des peuples dont la seule couleur de peau réveille en nous une attirance immédiate ; des peuples d’un pays qui nous oblige et nous séduit : l’Afrique.


L’Afrique, notre mère ancestrale qui nous tend les bras depuis toujours et à qui depuis toujours nous fermons les nôtres en faisant croire qu’on les lui ouvre. Peut-être est-ce là, la preuve qu’elle est bien notre mère à tous, car tous, nous échappons à l’influence maternelle, même si nous continuons de subir son magnétisme.


Le noir satin des êtres qui vivent sur ces terres rouges, ce noir satin qui enveloppe nos contacts fantômes devrait polir nos intentions, les rendre douces comme lui. Je sais, qu’il est difficile de parler du peuple noir, car aussitôt une marée de clichés vient engloutir les idées premières, les idées innocentes et spontanées qui voudraient simplement crier qu’on l’aime. C’est pour cela que j’évite toujours de m’étendre sur le sujet. Je me prive souvent de dire comme j’ai en estime ces hommes et ces femmes, comme j’aime passer mon temps à les écouter, eux qui réinventent le sens des choses dès qu’ils se sentent écoutés, eux, qui savent avec sagesse perdre du temps à nous faire comprendre que nous perdons bêtement le nôtre.
Hélas, on les regarde davantage. Leurs discours restent secondaires, distraits que nous sommes à recevoir la flamme de leurs yeux qui nous incendie.


Moi-même en installant ces photos, je joue ce jeu un peu facile qui tente d’expliquer la force qui se dégage d’eux, en exhibant la simple beauté de leur visage sculptural et celle de leur corps, ce qui est réducteur et certainement pas la plus noble façon de balayer l’opacité des discours et réveiller les consciences.
Fragile et facile travail…


































Mais je ne suis qu’un œil… et un œil d’artiste ; autant dire le moins important pour changer les choses de ce monde, car les artistes, s’ils témoignent parfois de leur temps, fluctuent dans l’opinion au grès des modes et des pouvoirs.
Voilà… je voulais montrer ce bleu de nuit, cet obscur sentiment des peaux, ces rythmes latents au creux des reins, ces danses dans la nuit, ces cicatrices aussi…
Cette beauté-là, comme un sublime hiatus dans notre société liftée, lisse et botoxée…

par Michel giliberti publié dans : Réflexion
Jeudi 24 mai 2007

Puisque le bleu a eu le bonheur de plaire et que demain je pars à Toulon pour les raisons déjà évoquées, j'ai mis quelques nouveaux bleus à couver pour qu’à mon retour, éclosent d’autres belles choses à partager...

 @ bientôt,

Michel

par Michel Giliberti--- publié dans : Réflexion
Mercredi 23 mai 2007

Vendredi, je cours chez ma mère… elle m’attend à Toulon dans un hôpital… C’est peut-être la dernière fois que je la vois... elle est au plus mal. Elle a quatre-vingt-onze ans.
J’abandonne mes habits d’adulte et m’enfuis vers le sud où l’usage pour moi est d'y revenir petit.
L’orgueil est à ceux-là qui croient que l’on grandit comme une belle plante quand le sol se dérobe si souvent…
J’ai tant vibré près des sources chaudes du soleil que j’ai du mal à croire que ma mère puisse rencontrer celles d'un froid définitif.
C’est ainsi... Ma mémoire scintille de tous les jeux, de tous les rires, de tous les baisers qu'elle m'a donnés.

Les bras de ma mère n’ont jamais été assez grands…

@ bientôt…
par Michel giliberti publié dans : Réflexion
Vendredi 18 mai 2007
    Les jardins sont des extensions de nos névroses… né-vroses... Né…rose.
Né dans les roses. Né… dans les choux.

Si tant de jeunes gens ne s’intéressent plus trop à la nature, c’est peut-être parce qu’ils savent où ils sont nés. Plus de roses, plus de choux.  Leur imaginaire s’est fait la malle depuis longtemps, mais c’est une autre histoire abracadabrantesque (j’emploie ce mot en souvenir de notre cher Chirac désormais près des ifs, pour continuer les métaphores buccoliques) .
Pour être plus sérieux, les jardins sont un peu nos récréations et nos créations divines… notre Éden à chaque buisson planté… nous punissons la mauvaise herbe, comme Dieu a puni cette mauvaise graine d’Adam et Ève…


En dehors de ces clichés, reliquats d’une enfance chrétienne, le jardin, c’est avant tout la terre ; la terre qui nous nourrit, la terre qui nous recevra.
Le jardin, c’est la maturité de l’âme et le déclin du corps. Le jardin, c’est un destin mêlé d’enfantements et de fausses couches… Je parle d’accouchement, parce que le jardin est très masculin dans ma tête, alors que la terre est féminine ; il y a là une belle symbolique.
La terre accouche de ce que le jardinier plante en elle.


Ce sont des réflexions extrêmement enfantines, si peu objectives, mais il faut dire que lorsque j’étais petit, moi qui vivais en ville, j’allais presque tous les soirs en compagnie de mon père, rendre visite à mon grand-père qui habitait à quelques kilomètres de Ferryville, en pleine campagne de Tinja, et qui possédait un immense jardin.
Un jardin qui me faisait rêver.

Un jardin, subtil, varié que je pénétrais toujours avec la même émotion…
Un jardin à l’opposé de mon grand-père,  homme bourru et taciturne...



Comment pouvait-il faire grandir les citronniers, les orangers, les abricotiers, la vigne ?
Comment
pouvait-il faire pousser, les clématites, les tournesols... et les roses ?
Comment
pouvait-il faire naître les haricots, les artichauts, les poivrons, les petits pois... et les choux ?
Quoi qu'il en soit, le jardin reste un sentiment toujours en mouvements, toujours présent.


Quand je vais quelque part et que j'en reviens, je retrouve mon jardin comme on retrouve quelqu’un qu’on aime, quelqu'un qui vous attend. Le temps de le traverser pour retrouver la maison, je l’observe mine de rien, j’arrache une mauvaise herbe, je caresse un tronc, je respire une rose… Je me retrouve.



Il ya quatre jours, juste avant que le temps ne se gâte, j’avais pris ces quelques photos…



par Michel giliberti publié dans : Réflexion
Lundi 7 mai 2007

Quand je n'ai pas le coeur à écrire, je pioche dans mes romans... Voici donc un extrait de Bou Kornine, roman authobiographique publié en 2004, aux éditions BONOBO et dans lequel les prémices de qui nous attend pour ces cinq années étaient envisagés.

 .../ Que m’apportera l’année qui vient en plus de mes peintures ? Un livre à écrire, c’est possible ; le fruit de mes divagations, le fruit de ma paresse à devenir grand, malgré ma lucidité… le fruit de ce refus à marcher droit… de mon besoin de partager ce qui n’est pas partageable. Heureusement, il y aura la vie intense et complice avec mon ami qui me permettra comme toujours de mieux supporter mes faiblesses.
    Une parenthèse dans l’exil ! Juste pour oublier mes graves interrogations sur la politique, pétrifiée de bonne morale, qui voudrait un Monde discipliné, doté d’une jeunesse saine, courageuse, travailleuse, une jeunesse qui renoue avec les valeurs sûres :
    Travail, Famille, Patrie.

    Les pauvres,
    les alcoolos,
    les drogués,

    les putes,
    les pédés,
    les travelos,
    les étrangers… n’ont qu’à bien se tenir.

    Oui ! Demain.
    Demain… J’oublierai les discours creux et les agitations artificielles.
    Demain… J’oublierai ce formidable saut en arrière que nous offre le progrès.
    Ce n’est pas toujours ailleurs l’ignominie.
    Ce n’est pas toujours ailleurs la tragédie !
    Chez nous aussi, elles pourrissent les murs de notre forteresse. /...

  


Résumé du livre


    Sidi-Bou-Saïd, un petit village tunisien perché au-dessus de la Méditerranée. De l’autre côté de la baie, Bou Kornine « la montagne aux deux cornes ».
    La chaleur et les parfums.
    Les rires et les bruits.
    Les larmes.
    L’artiste peintre nous livre avec pudeur, mais sans fard, sa rencontre imprévue avec Moez, un jeune tunisien qui deviendra un de ses modèles favoris.
    Une histoire émouvante et retenue.
    Une histoire d’amour perdue d’avance, mais pleine d’espoir.
    Une histoire vraie.
    JCF /
éditions Bonobo


 

par Michel giliberti publié dans : Réflexion
Dimanche 6 mai 2007
Comme tous ceux qui, comme moi, avaient  choisi Ségolène Royale comme présidente, je vais devoir supporter un président subi.

par Michel giliberti publié dans : Réflexion

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