Voici trois anciens tableaux, quand presque tous mes personnages avaient une continuité, une intimité avec le
minéral. Leurs fêlures et leurs accidents supposés devaient se matérialiser par cet étrange mariage.
J’ignore pourquoi j’avais ce besoin de « sculpter » mes peintures. Je le fais encore aujourd’hui, mais de loin en loin. La pierre, avec le verre et le
sang, reste un de mes thèmes favoris.

J’ai entendu beaucoup de commentaires à ce sujet et j’ai lu tant de choses « explicatives »…
Pour ma part, je ne sais pas donner de sens précis à ce besoin.
Ces tableaux exposés à la
mairie du 6ème à la fin les années 80 se sont vendus immédiatement. Récompense extrême.

Tu me fais mal
Comme la veine
surgit
À fleur du marbre blanc
D’un trait bleu sale
Quand le
ciseau le heurte.
Tu me fais mal
Comme l’encre qui en coule
Sur la surface claire
Et qui arrête
Mes gestes de sculpteur.
© Giliberti / 2007
Dimanche 30 septembre 2007

Un peu d’encre et mes mots
Vivent encore du désert
Où le vent sur ta peau
Fait battre tes paupières.
Un peu d’ocre et tes maux
Se meurent dans le désert
Où le sable sur ma peau
Fait sourire tes yeux verts.
© Giliberti / 2007

De vert et d'ocre
Mercredi 26 septembre 2007

T’avais les yeux comme un grand chêne,
tout vert
Et de ta bouche, comme à
tombeau,
ouvert
Sortaient des mots durs comme le froid,
d’hiver
Qui me brûlaient comme un pareil,
enfer.
Ma source mourrait au creux d'un grand,
désert
Et mes blessures pissaient à cœur,
ouvert
Comme l’alcool qui remplissait,
mon verre
Et me faisait tomber plus bas,
que terre .
© Giliberti / 2007
Vendredi 7 septembre 2007
De l’obscur de tes yeux
Jusqu’au clair de tes mots
Tu passionnes mes heures
Et safranes mes soirs.
De l’ardente nuit noire
Jusqu’au frais de l’aurore
Tu souffles sur ma peau
Plus de braises qu’un enfer.
© Giliberti / 2007

Ton image multiple
Refait mon horizon
Et ta blessure bleue
Opalise mes doigts.
Tu t’approches de moi
Et ton corps donne l’ordre
Pour un jour, pour un mois
D’encore te recréer.
Ton image multiple
Baigne alors mes ardeurs
Et ton sombre regard
Saigne et signe mes toiles.
© Giliberti / 2007
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