Hier soir, pour tenter d'oublier toutes les conneries du gouvernement et enfin me réfugier dans une atmosphère moins stressante, j'ai écouté
de vieilles maquettes de chansons que j'ai écrites et composées dans les années 80 ; ça m'a donné envie d'en glisser deux d'entre elles, en attendant d'oser mettre en ligne une de celles qui
sommeillent dans mes vieux albums des années 70, quand... Quand j'étais chanteur !

J’veux un chat qui ronronne
Qui m’aime et qui s’abandonne
Les soirs d’printemps, quand j’me bastonne
Avec mes rêves qui bourgeonnent.
◊
J’veux un chat qui ronronne
Près des rideaux en cretonne
Les soirs d’été, quand mes neurones
Parlent à mes sens qui cartonnent.
◊
J’veux un chat qui ronronne
Que je caresse et bichonne
Les soirs d’automne, quand le ciel tonne
Et qu'dans ma tête, ça déconne.
◊
Je veux un chat qui ronronne
Pour mon corps qui pèse des tonnes
Les soirs d’hiver, quand je m'abonne
Aux idées noires qui plafonnent.
◊
Je veux un chat qui ronronne
Pour oublier une personne
Dont le cœur qui papillonne
A fait que le mien se bétonne.
J’veux un chat qui ronronne…
J’veux un chat qui ronronne…
© Giliberti / 2007

Dans tes nuits magiques
J'm perds dans mes tics
Qui masquent les hics
De mes vieilles suppliques
De mec qui abdique.
◊
Quand le jour rapplique
Je replie, pudique
Les claques et les cliques
D’mes noirs atypiques
Aux rouges atopiques.
◊
Puis, sous antalgique
Je joue l’amnésique
Jusqu’à la réplique
De tes nuits sismiques.
Au goût d’arsenic.
© Giliberti / 2007
par Michel Giliberti
publié dans :
Photos et poésie.
L’image officielle de Léonard de Vinci est celle d’un vieillard.Pourtant, d’autres portraits de lui, moins connus, le représentent plus jeune ; notamment un autoportrait dans sa grande étude "L’adoration des Mages" (le dernier personnage à droite).
Dans tous les écrits de l’époque et notamment celui de Giorgio Vasari, l’historien des grands artistes de la renaissance italienne, il est mentionné que Léonard avait une force spectaculaire, que sa silhouette était celle d’un athlète et que son visage, encadré d'une longue chevelure, était d’une grande finesse… Il ne m’en fallait pas plus pour imaginer ainsi celui qui berça toutes mes années de 11 à 16 ans, ce père spirituel qui me donna la grande envie de peindre, une envie qui ne m'a jamais quitté.
par Michel Giliberti
publié dans :
Peintures

Encore un plongeon dans les vieilleries avec ce tableau que je n’aime plus du tout, mais qui est chargé des beaux souvenirs d'Emmanuel. "L'ange gardien", image facile, je le reconnais, suggestion trop évidente, mais… Emmanuel, quand on le connait, c'est un peu ça.
À cette époque, il découvrait Paris en ma compagnie et surtout, il découvrait son impact sur les autres.
Soirée mémorable en tête à tête avec lui dans une boîte branchée, petits repas dans un studio prêté, confessions étranges et aurores difficiles m’inspirèrent d'ailleurs une des scènes de mon roman « Derrière les portes bleues ».
Inquiétudes d’un garçon dont la beauté n’interférait jamais dans ses rapports avec les autres. Inquiétudes réelles
quant à son avenir qu'il pressentait à travers tout ce que je pouvais lui en dire.
Nourri de tous mes vœux, il sentait s’entrouvrir ses ailes.
Moi, je sentais son éloignement à venir, le vide qu'il laisserait, mais j'étais heureux des espoirs que j’avais
su lui insuffler et qui commençaient à porter leurs fruits.Nourri de tous mes vœux, il sentait s’entrouvrir ses ailes.
Il y avait tant à faire ailleurs… Tant à voir, tant à être.
Et ce fut New York qui l'accueillit. New York qui donna corps à ses espérances.

Juste avant, dans l'intimité de mon atelier, je recevais ce regard d’ange gardien (titre désuet et ridicule) lorsque je le peignais dans la lumière
normande.
par Michel Giliberti
publié dans :
Mes modèles...
Clavis… clef… oui !Une clef pour ouvrir les portes.
Une clef pour se barrer.
Une clef jetée très vite, pour fuir la tentation de s’enfermer à nouveau.
Une clef comme le symbole de nos nuits barbares à venir, de nos cuites et de nos promesses à ciel ouvert.
Une clef enfin, comme une nacre brillante et froide, comme une touche de profond océan qui donnerait enfin toute la mesure de la liberté.
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie
Je n'habitais pas encore à la
campagne, mais dans un appartement. De la fenêtre de mon atelier on me voyait peindre.
Xavier à 18 ansEt puis un jour, on sonna à la porte.
J’ai ouvert.
Un gamin tout blond et magnifique se trouvait là, les mains derrière le dos et se balançant d'un pied sur l'autre comme un blue-footed booby. Il murmura : « Maman m’a dit que t’étais peintre, j’peux voir ce que tu fais ? »
Et comme un rayon de soleil, il s'est glissé dans la maison.
Un gamin tout blond et magnifique se trouvait là, les mains derrière le dos et se balançant d'un pied sur l'autre comme un blue-footed booby. Il murmura : « Maman m’a dit que t’étais peintre, j’peux voir ce que tu fais ? »
Et comme un rayon de soleil, il s'est glissé dans la maison.

Une heure après il me prévint : « Demain c’est mon anniversaire, j'aurai douze ans, tu pourrais me dessiner Obélix ? »
Et le lendemain, il obtenait son dessin.

Quelques mois plus tard, alors qu’il dessinait dans mon atelier comme il en avait pris
l’habitude, il me demanda sans lever la tête de son cahier : « Tu voudrais pas être mon père ? »
Et je répondis sans cesser de peindre : « Oui ! »
Que pourrais-je ajouter ?Xavier devint très vite le centre de ma vie. Je l'emmenais partout, je lui faisais découvrir Paris et lui même m'apprenait tant de choses. C'était un enfant complexe et très intelligent... Plus tard il posa pour moi.

Aujourd'hui, Xavier est photographe ; un formidable photographe ! Il a l’âge que j’avais quand je l’ai rencontré… Il est toujours « le fils ». Je suis toujours le « père ».
par Michel Giliberti
publié dans :
Mes modèles...
Fight, love, horn…Tout est dit et
gravé dans le socle.Ce combat bien onirique qui ne correspond en rien à ma nature, m’a permis comme tant d’autres fois, de poser un pied dans l’irréel et les légendes.
Xavier et Franck ont posé pour ce tableau.
Deux enfants d’abord, deux adolescents ensuite et deux hommes aujourd’hui.
Je parcours leur vie en pointillés. De temps en temps, nos cœurs s’emballent et les mails comme les coups de fil s’emballent aussi. Parfois le silence s’installe et, de cette progéniture de hasard, naissent les questions sur nos rapports épidermiques parfois exacerbés, mais toujours enchanteurs.
Il m'est donné de vivre avec eux d’aimables tentions, d’étroites largesses, mais aussi de conflictuels « anamours », comme dirait Gainsbourg et des ces considérations d’amitié et de filiation énamourées ou dissidentes de leur attelage, c’est encore la peinture qui en sort vainqueur.
par Michel Giliberti
publié dans :
Mes modèles...
Dans ce grand tableau, ma main ; son empreinte, en
haut, à droite, dans la matière fraîche. Par trois fois en tant d'années de peinture, j’ai
eu ce besoin de signer avec ma main, même si ma signature habituelle demeure au bas de la toile.
Je ne sais pas réellement d’où m’est venue cette envie de renouer avec nos origines ancestrales. Mon rapport au temps est un de ceux qui me posent le plus de problème et je navigue toujours entre le besoin obsessionnel de l’évaluer et le désintérêt névrotique de lui accorder un quelconque crédit.
Un peu avant que le jour ne se lève, quand les parfums de la vie chatouillent mes sens, j’ai quelques ardeurs optimistes qui me privent de tout mépris pour notre petite planète ; puis les heures défilent et doucement s’opère en moi ce désenchantement qu’il m’est donné de vivre de façon très intense depuis toujours, même si mes journées m’apportent aussi des grands bonheurs.
L’observation et l’écoute me remettent souvent en communion avec ce que nous fûmes et les rapports privilégiés que nous entretenions avec la nature et je suis toujours frustré de ne pas avoir suffisamment de recul sur l’empreinte du temps.







par Michel Giliberti
publié dans :
Réflexion

Je glisse et m’enlise
Dans ton secret le moins lisse,
Je vais et balise
Tes ardeurs que je palisse.
Ta peau sous mes mains
Que la nuit masque et désarme
Jusqu’au lendemain
Se rebelle et puis m’alarme.
Si sombres mes cernes
Azurés comme la mer
Sont là qui te cernent
De mes jouissances amères.
J’irise et j’inonde
L'antre de ta parole
Qui souffre et qui gronde
De ce transit qui l’affole.
Je tombe et m’enterre
Contre toi et te respire,
Quand se désaltère
Ta bouche dans un soupir.
Puis je me retire
Pour enfin te regarder
Sourire et me dire
Que tu voudrais bien fumer.
© Giliberti / 2007

par Michel Giliberti
publié dans :
Photos et poésie.

Il ne cessait, orgueilleux et secret, de donner à voir et à rassasier.
Chacun de ses gestes était une aventure, une prophétie complice des fantasmes que je sais cultiver.
Devant un miroir sommaire au dessus du vieux coffre, il fixait l’image qu’il savait me donner, l’image d’un berbère de théâtre où l’éclat de l’argent, à l’ombre de la tente, luisait comme un pavé mouillé.
Moi, repu de ces heures à venir, je fixais tel un chat, la noirceur de ses yeux. Je tentais de rassembler les souvenirs ruisselants de mes nuits solitaires à respirer les parfums de sa couche offerte pour un séjour compté.
À mon flanc, la blessure d’un geste, à ma bouche, celle d’un aveu.
Mes paroles intérieures traduisaient le givre rose du sel aux abords du désert, la caresse du vent parfumé et l’écume de nulle part.
J’attendais.
J’attendais le moment où l’argent à ses bras ne serait qu’un amas à nos pieds, où la soie sur sa peau, qu’une tache silencieuse et en boule.
Là, la mise en scène s’arrêterait.
Là, tout commencerait.
Devant un miroir sommaire au dessus du vieux coffre, il fixait l’image qu’il savait me donner, l’image d’un berbère de théâtre où l’éclat de l’argent, à l’ombre de la tente, luisait comme un pavé mouillé.
Moi, repu de ces heures à venir, je fixais tel un chat, la noirceur de ses yeux. Je tentais de rassembler les souvenirs ruisselants de mes nuits solitaires à respirer les parfums de sa couche offerte pour un séjour compté.
À mon flanc, la blessure d’un geste, à ma bouche, celle d’un aveu.
Mes paroles intérieures traduisaient le givre rose du sel aux abords du désert, la caresse du vent parfumé et l’écume de nulle part.
J’attendais.
J’attendais le moment où l’argent à ses bras ne serait qu’un amas à nos pieds, où la soie sur sa peau, qu’une tache silencieuse et en boule.
Là, la mise en scène s’arrêterait.
Là, tout commencerait.
par Michel Giliberti
publié dans :
Photos et poésie.
Dans ce premier roman paru en 2000 et en 2002 dans sa version intégrale, je raconte la descente aux enfers d'un homme qui vient d'assassiner
son amant et se retrouve face à son cadavre toute une nuit, le temps d'un règlement de comptes posthume, le temps d'un huis clos où la folie balaie souvent la simple condition
humaine.
À ce moment de l'histoire, l'assassin, dans un état de délabrement intense entre l'alcool ingurgité et l'angoisse, devant son acte ignoble, commence à ne plus tout à fait distinguer
le rêve de la rélaité et ne contrôle plus ses pulsions..../... Quelle sensation éprouve-t-on à embrasser un mort ? Une lueur de lucidité colle un sens interdit incandescent au fond de mon cerveau ramolli, mais la folie et l’alcool me donnent tous les feux verts.
N’est-ce après tout que la perversité qui me torture ou le fait que ce corps inerte soit encore pour quelques heures celui de l’homme que j’ai aimé ? Si ma bouche effleurait son front, on trouverait ça normal. Un simple geste d’affection. Mais non, moi, je veux sa langue contre la mienne. C’est horrible !… Comme pour la pizza que je lui enfoncée dans la gueule… Ça revient… Je me dégoûte… Mais qui est en mesure de me juger, bordel de merde ? À part moi-même… Je m’approche à nouveau… Près… si près. Je dois rêver. Il n’y a plus aucune possibilité de contenir mes gestes. Inexorablement, mes lèvres se rapprochent des siennes… Voilà, je force ses mâchoires à s’entrouvrir et ma langue explore le goût de la mort.
Je reste immobile.
Je crispe les paupières dans l’attente d'une engueulade de sa part, comme chaque fois que je commettais une bêtise, mais rien ne vient.
Il n’y a plus que de moi dont je doive avoir peur.
Alors, pour me prouver que je suis maître de la situation, je replonge ma langue dans sa bouche sans vie et ce délice sans nom fait bouillonner le sang dans mes veines et gangrène ma raison au point que je l’embrasse avec fougue et ardeur. L’approche est extraordinaire… Sa salive froide a des relents de paradis obscurs et, sous l’encre de mes paupières, des flashs de lumière m’éblouissent. Je suis ignoble et je m’en moque car là, se trouvent mes seuls actes de bravoure.
Enfin, je me relève péniblement et plante mon front contre la vitre. Dehors, les piétons, les voitures… Paris ! Tout me paraît beaucoup plus mort que dans cette pièce. Je n’ai jamais vécu aussi intensément, jamais autant vibré. Thomas ! J’ai l’impression de naître, et je passe un doigt fébrile sur mes lèvres qui viennent de vivre quelque chose d’exceptionnel.../...







par ---
publié dans :
Michel Giliberti









