Vendredi 28 septembre 2007
Ses yeux pleins du soleil
Que dégage sa peau
Se ferment à l’Orient
Où les lumières se lèvent
Qui argentent ses mots
Comme elles boisent son souffle
Et inonde sa bouche
De la voix du désert.
De nous tous, c’est celui
Qui saura taire les maux
Puis d’un geste d’ébène
Faire renaître demain.
© Giliberti / 2007
En juillet, alors que j’étais auprès de ma mère dans la maison de repos où elle se trouvait pour un mois, j’ai pu observer les petits vieux qui étaient là.
Certains avaient de la nostalgie plein les yeux, d’autres du ressentiment, mais tous avaient cette inquiétude du lendemain,
cette indicible angoisse de se retrouver, en dehors de chez eux, dépourvus d’autonomie et comme privés de leurs libertés... C’est alors que je me suis aperçu d’une cocasserie, au départ,
anodine…
Ces petits vieux, à qui l’on donnerait le Bon Dieu sans confession, ont des petites manies et pas des
moindres… Ils prennent tous « L’eau de mélisse des carmes Boyer »…
Vous me direz, quoi de plus naturel que de
se soigner avec des plantes à leur âge (surtout que c’est vendu en pharmacie !)
Personnellement, ma mère
(comme ma grand-mère autrefois), sous prétexte de « se sentir pas bien »se rue sur sa bouteille, trois fois par jour…
Elle fait tomber quelques gouttes du précieux liquide sur un sucre et aussitôt après, elle va mieux.
Et pourtant, cette chère eau de mélisse que l’on recommande pour se « remonter » est en réalité un concentré d’alcool à 80 ° ! Avec du sucre, ça doit bien faire monter le taux
d’alcoolémie à environ 90 °.
Comment dire à ma mère, et aux autres que, s’ils se sifflaient un petit calva, ça
leur ferait le même effet ?
Bien sûr, le calva n’est pas vendu en pharmacie... ça ferait désordre
!
Et c’est ainsi que dans tous les hôpitaux, les maisons de retraites et autres hospices, nos petits vieux se
shootent plusieurs fois par jour et vous regardent de leurs yeux attendris, qu’ils soient dans leur lit ou dans des fauteuils roulants, mais tous avec une fiole d’eau des carmes Boyer à portée de
main…
En ce moment, on parle beaucoup de la maladie d’Alzheimer, une tragédie !
Notre cher président, un peu parkinsonien des épaules, en a même fait son cheval de bataille. ..
Mais ne soyons pas mauvaises langues, et demandons-nous simplement ce qu’il va faire pour humaniser tous ces lieux de désolation
qui donnent des vices à nos chers vieux…
Quelle misère !
Mercredi 26 septembre 2007

T’avais les yeux comme un grand chêne,
tout vert
Et de ta bouche, comme à
tombeau,
ouvert
Sortaient des mots durs comme le froid,
d’hiver
Qui me brûlaient comme un pareil,
enfer.
Ma source mourrait au creux d'un grand,
désert
Et mes blessures pissaient à cœur,
ouvert
Comme l’alcool qui remplissait,
mon verre
Et me faisait tomber plus bas,
que terre .
© Giliberti / 2007
Hier soir, pour tenter d'oublier toutes les conneries du gouvernement et enfin me réfugier dans une atmosphère moins stressante, j'ai écouté
de vieilles maquettes de chansons que j'ai écrites et composées dans les années 80 ; ça m'a donné envie d'en glisser deux d'entre elles, en attendant d'oser mettre en ligne une de celles qui
sommeillent dans mes vieux albums des années 70, quand... Quand j'étais chanteur !

J’veux un chat qui ronronne
Qui m’aime et qui s’abandonne
Les soirs d’printemps, quand j’me bastonne
Avec mes rêves qui bourgeonnent.
◊
J’veux un chat qui ronronne
Près des rideaux en cretonne
Les soirs d’été, quand mes neurones
Parlent à mes sens qui cartonnent.
◊
J’veux un chat qui ronronne
Que je caresse et bichonne
Les soirs d’automne, quand le ciel tonne
Et qu'dans ma tête, ça déconne.
◊
Je veux un chat qui ronronne
Pour mon corps qui pèse des tonnes
Les soirs d’hiver, quand je m'abonne
Aux idées noires qui plafonnent.
◊
Je veux un chat qui ronronne
Pour oublier une personne
Dont le cœur qui papillonne
A fait que le mien se bétonne.
J’veux un chat qui ronronne…
J’veux un chat qui ronronne…
©
Giliberti / 2007
Dans tes nuits magiques
J'm perds dans mes tics
Qui masquent les hics
De mes vieilles suppliques
De mec qui abdique.
◊
Quand le jour rapplique
Je replie, pudique
Les claques et les cliques
D’mes noirs
atypiques
Aux rouges atopiques.
◊
Puis, sous antalgique
Je joue l’amnésique
Jusqu’à la réplique
De tes nuits
sismiques.
Au goût d’arsenic.
© Giliberti / 2007
Mercredi 19 septembre 2007
L’image officielle de Léonard de Vinci est celle d’un vieillard.
Pourtant, d’autres portraits de lui, moins connus, le représentent plus jeune ; notamment un autoportrait dans sa grande étude "L’adoration des Mages" (le dernier personnage à droite).
Dans tous les écrits de l’époque et notamment celui de Giorgio Vasari, l’historien des
grands artistes de la renaissance italienne, il est mentionné que Léonard avait une force spectaculaire, que sa silhouette était celle d’un athlète et que son visage, encadré d'une longue
chevelure, était d’une grande finesse… Il ne m’en fallait pas plus pour imaginer ainsi celui qui berça toutes mes années de 11 à 16 ans, ce père spirituel qui me donna la grande envie de peindre,
une envie qui ne m'a jamais quitté.
par Michel Giliberti
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Peintures
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Encore un plongeon dans les vieilleries avec ce tableau que je n’aime plus du tout, mais qui est
chargé des beaux souvenirs d'Emmanuel. "L'ange gardien", image facile, je le reconnais, suggestion trop évidente, mais… Emmanuel, quand on le connait, c'est un peu ça.
À cette époque, il découvrait Paris en ma compagnie et surtout, il découvrait son impact sur les autres.
Soirée mémorable en tête à tête avec lui dans une boîte branchée, petits repas dans un studio prêté, confessions étranges et aurores difficiles m’inspirèrent d'ailleurs une des scènes de mon
roman « Derrière les portes bleues ».
Inquiétudes d’un garçon dont la beauté n’interférait jamais dans ses rapports avec les autres. Inquiétudes réelles
quant à son avenir qu'il pressentait à travers tout ce que je pouvais lui en dire.
Nourri de tous mes vœux, il sentait s’entrouvrir ses ailes.
Moi, je sentais son éloignement à venir, le vide qu'il laisserait, mais j'étais heureux des espoirs que j’avais
su lui insuffler et qui commençaient à porter leurs fruits.
Il y avait tant à faire ailleurs… Tant à voir, tant à être.
Et ce fut New York qui l'accueillit. New York qui donna corps à ses espérances.
Juste avant, dans l'intimité de mon atelier, je recevais ce regard d’ange gardien (titre désuet et ridicule) lorsque je le peignais dans la lumière
normande.
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