Dimanche 16 septembre 2007
Je n'habitais pas encore à la
campagne, mais dans un appartement. De la fenêtre de mon atelier on me voyait peindre.
Xavier à 18 ans
Et puis un jour, on sonna à la porte.
J’ai ouvert.
Un gamin tout blond et magnifique se trouvait là, les mains derrière le dos et se balançant d'un pied
sur l'autre comme un blue-footed booby. Il murmura : « Maman m’a dit que
t’étais peintre, j’peux voir ce que tu fais ? »
Et comme un rayon de soleil, il s'est glissé dans la maison.

Une heure après il me prévint : « Demain c’est mon anniversaire, j'aurai douze ans, tu pourrais me dessiner Obélix ? »
Et le lendemain, il obtenait son dessin.
Quelques mois plus tard, alors qu’il dessinait dans mon atelier comme il en avait pris
l’habitude, il me demanda sans lever la tête de son cahier : « Tu voudrais pas être mon père ? »
Et je répondis sans cesser de peindre : « Oui ! »
Que pourrais-je ajouter ?
Xavier devint très vite le centre de ma vie. Je l'emmenais partout, je lui faisais découvrir Paris et lui même m'apprenait tant de choses. C'était un enfant complexe et très intelligent... Plus
tard il posa pour moi.
Aujourd'hui, Xavier est photographe ; un formidable photographe ! Il a l’âge que j’avais
quand je l’ai rencontré… Il est toujours « le fils ». Je suis toujours le « père ».
Mercredi 12 septembre 2007

Je glisse et m’enlise
Dans ton secret le moins lisse,
Je vais et balise
Tes ardeurs que je palisse.
Ta peau sous mes mains
Que la nuit masque et désarme
Jusqu’au lendemain
Se rebelle et puis m’alarme.
Si sombres mes cernes
Azurés comme la mer
Sont là qui te cernent
De mes jouissances amères.
J’irise et j’inonde
L'antre de ta parole
Qui souffre et qui gronde
De ce transit qui l’affole.
Je tombe et m’enterre
Contre toi et te respire,
Quand se désaltère
Ta bouche dans un soupir.
Puis je me retire
Pour enfin te regarder
Sourire et me dire
Que tu voudrais bien fumer.
© Giliberti / 2007

Il ne cessait, orgueilleux et secret, de donner à voir et à rassasier.
Chacun de ses gestes était une aventure, une prophétie complice des fantasmes que je sais cultiver.
Devant un miroir sommaire au dessus du vieux coffre, il fixait l’image qu’il savait me donner, l’image d’un berbère de
théâtre où l’éclat de l’argent, à l’ombre de la tente, luisait comme un pavé mouillé.
Moi, repu de ces heures à venir, je fixais tel un chat, la noirceur de ses yeux. Je tentais de rassembler les souvenirs ruisselants de mes nuits solitaires à respirer les parfums de sa couche
offerte pour un séjour compté.
À mon flanc, la blessure d’un geste, à ma bouche,
celle d’un aveu.
Mes paroles intérieures traduisaient le givre rose du sel aux
abords du désert, la caresse du vent parfumé et l’écume de nulle part.
J’attendais.
J’attendais le moment où l’argent à ses bras ne serait qu’un amas
à nos pieds, où la soie sur sa peau, qu’une tache silencieuse et en boule.
Là, la
mise en scène s’arrêterait.
Là, tout commencerait.
Dimanche 9 septembre 2007
Les dieux du stade sont déchus… Nos beaux chippendales n’ont pas tenu leurs promesses, mais pourquoi aurions
nous cru en eux, quand mère Teresa, elle même, doutait bien d'un Dieu unique ?... ce qui, en soit, mérite qu’elle soit canonisée au plus vite.
par Michel Giliberti
publié dans :
Société
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