Les jardins sont des extensions de nos névroses… né-vroses... Né…rose.
Né dans les roses. Né… dans les choux.
Si tant de jeunes gens ne s’intéressent plus trop à la nature, c’est peut-être parce qu’ils savent où ils sont nés. Plus de roses, plus de choux. Leur imaginaire s’est fait la malle depuis longtemps, mais c’est une autre histoire abracadabrantesque (j’emploie ce mot en souvenir de notre cher Chirac désormais près des ifs, pour continuer les métaphores buccoliques) .
Pour être plus sérieux, les jardins sont un peu nos récréations et nos créations divines… notre Éden à chaque buisson planté… nous punissons la mauvaise herbe, comme Dieu a puni cette mauvaise graine d’Adam et Ève…
En dehors de ces clichés, reliquats d’une enfance chrétienne, le jardin, c’est avant tout la terre ; la terre qui nous nourrit, la terre qui nous recevra.
Le jardin, c’est la maturité de l’âme et le déclin du corps. Le jardin, c’est un destin mêlé d’enfantements et de fausses couches… Je parle d’accouchement, parce que le jardin est très masculin dans ma tête, alors que la terre est féminine ; il y a là une belle symbolique.
La terre accouche de ce que le jardinier plante en elle.
Ce sont des réflexions extrêmement enfantines, si peu objectives, mais il faut dire que lorsque j’étais petit, moi qui vivais en ville, j’allais presque tous les soirs en compagnie de mon père, rendre visite à mon grand-père qui habitait à quelques kilomètres de Ferryville, en pleine campagne de Tinja, et qui possédait un immense jardin.
Un jardin qui me faisait rêver.
Un jardin, subtil, varié que je pénétrais toujours avec la même émotion…
Un jardin à l’opposé de mon grand-père, homme bourru et taciturne...
Comment pouvait-il faire grandir les citronniers, les orangers, les abricotiers, la vigne ?
Comment pouvait-il faire pousser, les clématites, les tournesols... et les roses ?
Comment pouvait-il faire naître les haricots, les artichauts, les poivrons, les petits pois... et les choux ?
Quoi qu'il en soit, le jardin reste un sentiment toujours en mouvements, toujours présent.

Quand je vais quelque part et que j'en reviens, je retrouve mon jardin comme on retrouve quelqu’un qu’on aime, quelqu'un qui vous attend. Le temps de le traverser pour retrouver la maison, je l’observe mine de rien, j’arrache une mauvaise herbe, je caresse un tronc, je respire une rose… Je me retrouve.
Il ya quatre jours, juste avant que le temps ne se gâte, j’avais pris ces quelques photos…

par Michel giliberti
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Quand je n'ai pas le coeur à écrire, je pioche dans mes romans... Voici donc un extrait de Bou Kornine, roman authobiographique publié en 2004, aux éditions BONOBO et dans lequel les prémices de qui nous attend pour ces cinq années étaient envisagés.
.../ Que m’apportera l’année qui vient en plus de mes peintures ? Un livre à écrire, c’est possible ; le fruit de mes divagations, le fruit de ma paresse à devenir grand, malgré ma lucidité… le fruit de ce refus à marcher droit… de mon besoin de partager ce qui n’est pas partageable. Heureusement, il y aura la vie intense et complice avec mon ami qui me permettra comme toujours de mieux supporter mes faiblesses.
Une parenthèse dans l’exil ! Juste pour oublier mes graves interrogations sur la politique, pétrifiée de bonne morale, qui voudrait un Monde discipliné, doté d’une jeunesse saine, courageuse, travailleuse, une jeunesse qui renoue avec les valeurs sûres :
Travail, Famille, Patrie.
Les pauvres,
les alcoolos,
les drogués, les putes,
les pédés,
les travelos,
les étrangers… n’ont qu’à bien se tenir.
Oui ! Demain.
Demain… J’oublierai les discours creux et les agitations artificielles.
Demain… J’oublierai ce formidable saut en arrière que nous offre le progrès.
Ce n’est pas toujours ailleurs l’ignominie.
Ce n’est pas toujours ailleurs la tragédie !
Chez nous aussi, elles pourrissent les murs de notre forteresse. /...
Résumé du livre
Sidi-Bou-Saïd, un petit village tunisien perché au-dessus de la Méditerranée. De l’autre côté de la baie, Bou Kornine « la montagne aux deux cornes ». La chaleur et les parfums. Les rires et les bruits. Les larmes. L’artiste peintre nous livre avec pudeur, mais sans fard, sa rencontre imprévue avec Moez, un jeune tunisien qui deviendra un de ses modèles favoris. Une histoire émouvante et retenue. Une histoire d’amour perdue d’avance, mais pleine d’espoir. Une histoire vraie.
JCF / éditions Bonobo
par Michel giliberti
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Comme tous ceux qui, comme moi, avaient choisi Ségolène Royale comme présidente, je vais devoir supporter un président subi.
par Michel giliberti
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Aujourd'hui je suis à Paris, je vous confie les clefs du jardin ; de quelques-unes de ses niches que j'aime particulièrement et qui me donnent tant de travail et de bonheur.
Il en est des jardins comme des rivages, ce sont des havres de paix où le désordre intérieur se répare doucement au fil des saisons.
Il vient de ses parfums alourdis de soleil, des souvenirs métissés et tissés d'avenir.
Il vient de ses abeilles aux pattes chargées d'un butin de polen, des berceuses qui vous happent et vous endorment.
Il vient de ses perpétuels chants d'oiseaux, des envies de les connaître pour enfin croire aux hommes.
Les pivoines et les rhododendrons, à deux pas des bambous...
La glycine arbustive est ses grappes blanches géantes si odorantes...
Les rondeurs féminines des orangers du Mexique et celles des spirées...
À l'ombre du feuillage et posée sur les galets, la poterie japonaise pleine d'eau fraîche pour les oiseaux et pour arroser les bonzaïs...
Derrière la baie... le canapé de l'observateur...

La clématite qui envahit d'année en année le vieux pommier...

La table des repas du midi et le ginkgo biloba dessus...

Le vieux banc sous l'arbousier qui invite à la lecture...
L'entrée sous l'arche des bambous qui ploient...
Je suis l'eau
Comme tu es la terre
Et nous enfantons des jardins bleu d'attente.
Giliberti © In Bleus d'attente / 2001
par Michel giliberti
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