Ommi ! En arabe, ça veut dire « maman ».
Comme ce n’est pas ma langue, il m’est plus facile de le prononcer en gardant une certaine distance.
Son sens reste comme un secret, comme un souffle de légende, un conte de mille et une nuit.
Ommi !
Quelques larmes ce matin au téléphone.
C’était elle bien sûr, elle qui sait le cordon coupé depuis bien longtemps, mais qui sait aussi qu’il nous relie toujours, au point de l'avoir peint de façon allégorique.
Ommi !
Un mot lancé dans la nuit, une complicité entre un enfant et sa mère.
Une mère qui met un pied dans la tombe, qui hésite, revient en arrière, avance à nouveau, m’appelle pour que je l’aide…
Son voyage n’est pas aisé.
Et puis l’enfant qui est plus adulte que sa mère dans ces moments-là, lui prépare ses bagages... Lui aussi, trouve le voyage peu enviable, la destination trop définitive, mais en tâchant d’organiser celui-ci, il s’approprie le sien futur.
Alors le téléphone...
Alors les va et viens…
Les trains, les avions…
Les mains qui se tiennent, les yeux qui se parlent… Les larmes qui se mêlent...
Alors, Ommi…
Une mère et son fils à l’heure du grand départ.

par Miche Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie

Il est des bleus dans nos nuits blanches
Qui m'incendient
Des nacres mauves de tes yeux.
Il est des bleus sur ma peau blanche
Que tu sertis
Des marques rouges de tes dents.
© Giliberti / 2007
Qui m'incendient
Des nacres mauves de tes yeux.
Il est des bleus sur ma peau blanche
Que tu sertis
Des marques rouges de tes dents.
© Giliberti / 2007
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie

Et dans le silence du monde clos, quand nous n’aurons plus rien à nous mettre sous la dent, plus rien pour nous couvrir les os, viendra le temps de nous demander qui nous bouffait du temps de notre vivant… Hommes libres et prisonniers, cavaliers aux grands bruits et va-nu-pieds silencieux, philosophes transportés et verbeux de tous bords, marins à vider et putes à remplir, salopards et grands coeurs, tous… nous aurons été la proie d’autres nous-mêmes, ces autres-là qui goûtaient au festin des vivants, dépouillaient les carcasses des faibles et des rampants, léchaient les pieds cornus des puissants, avalaient leur semence stérile digérée au firmament de nos faiblesses.
Retour à la terre ! enfiévrés et athées, innommables forains.

Cette blessure bleue,
Comme tes yeux qui savent tant me rassurer
Cette blessure noire,
Comme les miens qui savent mal te regarder.
© Giliberti / 2007
Retour à la terre ! enfiévrés et athées, innommables forains.

Cette blessure bleue,
Comme tes yeux qui savent tant me rassurer
Cette blessure noire,
Comme les miens qui savent mal te regarder.
© Giliberti / 2007
par Miche Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie

Entre deux voyages et deux verres de vin
L’homme des fins se déplait qui s'enferme et se saoule.
Son suaire suinte sur sa couche souillée
Et ses vols prudents de minable ramier
Coupent court à ses rêves et desservent ses mots
Comme l’amère le lie aux méfaits qui le tuent
Comme la mer le cerne et lui montre l’abîme,
Il est l'homme défunt .
© Giliberti / 2007
Son suaire suinte sur sa couche souillée
Et ses vols prudents de minable ramier
Coupent court à ses rêves et desservent ses mots
Comme l’amère le lie aux méfaits qui le tuent
Comme la mer le cerne et lui montre l’abîme,
Il est l'homme défunt .
© Giliberti / 2007
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie

L’heure bleue…
L’heure du sfumato pour les artistes de la Renaissance italienne, l’heure qui modèle les visages en fin de journée, quand tout devient bleu, quand les traits de chacun semblent apaisés, presque recueillis, quand le temps n’est plus qu’à la réflexion, à la détente.
L’heure bleue…
L’heure de tous les ailleurs, de tous les possibles. L’heure qui déclenche chez moi une grande nostalgie, une immense introversion, jusqu’à l’introspection, qui date des heures bleues d’autrefois où j’attendais en soirée, isolé dans le jardin de mes grands-parents, que mon père leur dise au revoir et qu’enfin, nous rentrions à la maison. De cette attente, à contempler chaque chose d’un jardin immobile dans la tiédeur des soirées tunisiennes, à les voir s’évanouir doucement dans le bleu de la nuit qui approchait, naissaient des inquiétudes fantasques dans mon esprit exalté.
Ici, dans mon jardin, l’heure bleue est aussi celle des oiseaux, de leurs dernières discussions au sommet des arbres, au creux des bambous, ou à même le sol comme les tourterelles et les merles qui, à l’ombre des buissons en fleurs, défient les chats.
L’heure bleue…
L’heure d’avoir sur la langue et dans le sang la chaleur d’un alcool en regardant dehors… où rien ne vous regarde. L’heure de franchir les portes des interdits.
Et penser à ses mains, à ses bras…
Et sentir la morsure de ses dents à vos lèvres…
Et croire qu’ici, chez vous, c’est aussi les parfums de là-bas qui s’exhalent.
L’heure bleue…
L’heure où le guerrier obscur qui vit en vous dans la journée sait se retirer et vous laisse recevoir en soirée l’homme en paix qui brasse vos idées et moissonne vos désirs.

L’heure du sfumato pour les artistes de la Renaissance italienne, l’heure qui modèle les visages en fin de journée, quand tout devient bleu, quand les traits de chacun semblent apaisés, presque recueillis, quand le temps n’est plus qu’à la réflexion, à la détente.
L’heure bleue…
L’heure de tous les ailleurs, de tous les possibles. L’heure qui déclenche chez moi une grande nostalgie, une immense introversion, jusqu’à l’introspection, qui date des heures bleues d’autrefois où j’attendais en soirée, isolé dans le jardin de mes grands-parents, que mon père leur dise au revoir et qu’enfin, nous rentrions à la maison. De cette attente, à contempler chaque chose d’un jardin immobile dans la tiédeur des soirées tunisiennes, à les voir s’évanouir doucement dans le bleu de la nuit qui approchait, naissaient des inquiétudes fantasques dans mon esprit exalté.
Ici, dans mon jardin, l’heure bleue est aussi celle des oiseaux, de leurs dernières discussions au sommet des arbres, au creux des bambous, ou à même le sol comme les tourterelles et les merles qui, à l’ombre des buissons en fleurs, défient les chats.
L’heure bleue…
L’heure d’avoir sur la langue et dans le sang la chaleur d’un alcool en regardant dehors… où rien ne vous regarde. L’heure de franchir les portes des interdits.
Et penser à ses mains, à ses bras…
Et sentir la morsure de ses dents à vos lèvres…
Et croire qu’ici, chez vous, c’est aussi les parfums de là-bas qui s’exhalent.
L’heure bleue…
L’heure où le guerrier obscur qui vit en vous dans la journée sait se retirer et vous laisse recevoir en soirée l’homme en paix qui brasse vos idées et moissonne vos désirs.

Chaque souffle
Dans mes nuits écorchées
Chaque mot
Dans mes phrases avortées
Savent te dire
Les promesses et les voeux
À l’image.
De tes lèvres
© Giliberti / 2007
Dans mes nuits écorchées
Chaque mot
Dans mes phrases avortées
Savent te dire
Les promesses et les voeux
À l’image.
De tes lèvres
© Giliberti / 2007
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie
Je suis seul, ce soir. La nuit se pose doucement. Chaque chose perd de ses couleurs pour se fondre dans un gris bienfaisant. Bientôt, j'enflammerai quelques abats-jours.
Je sens une langueur dans chacun de mes gestes, une langueur de l'esprit aussi. Comme souvent, quand rien ne sort de moi, sinon la peur d'un avenir chancelant très vite étouffé, je me réfugie dans mes peintures qui me portent depuis l'enfance.
Je regarde ce que j'ai fait.
J'imagine ce que je ferai... quatre toiles violentes et sanguinaires, cruelles et bouleversantes, quatre toiles guerrières !
Je cherche le modèle, celui qui devra convenir à cette inspiration dont toute la dramaturgie est inscrite dans ma tête depuis quelques semaines déjà.
Je sens une langueur dans chacun de mes gestes, une langueur de l'esprit aussi. Comme souvent, quand rien ne sort de moi, sinon la peur d'un avenir chancelant très vite étouffé, je me réfugie dans mes peintures qui me portent depuis l'enfance.
Je regarde ce que j'ai fait.
J'imagine ce que je ferai... quatre toiles violentes et sanguinaires, cruelles et bouleversantes, quatre toiles guerrières !
Je cherche le modèle, celui qui devra convenir à cette inspiration dont toute la dramaturgie est inscrite dans ma tête depuis quelques semaines déjà.

Aujourd'hui, j'ai besoin de dormir
À deux pas du silence,
Dans l'errance.
Aujourd'hui, j'ai envie de mendier
À deux souffles d'un exil,
Sous tes cils.
Aujourd'hui, j'ai l'urgence de t'avoir
À deux signes de mes gestes
De mes restes.
Aujourd'hui, je veux être confiant
À deux notes de mes craintes,
De tes feintes.
© Giliberti / 2007
À deux pas du silence,
Dans l'errance.
Aujourd'hui, j'ai envie de mendier
À deux souffles d'un exil,
Sous tes cils.
Aujourd'hui, j'ai l'urgence de t'avoir
À deux signes de mes gestes
De mes restes.
Aujourd'hui, je veux être confiant
À deux notes de mes craintes,
De tes feintes.
© Giliberti / 2007
par Michel giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie

J’irai, sans un doute
Sur ce chemin bleu
Qui saigne tes poignets
Et remonte le creux de tes bras.
J’irai, sans un doute
Sur ce chemin bleu
Parce que les «sangs doutes»
Rendent la promenade risquée.
Mais ne balise rien
Tomber… Je sais.
© Giliberti / 2007
Sur ce chemin bleu
Qui saigne tes poignets
Et remonte le creux de tes bras.
J’irai, sans un doute
Sur ce chemin bleu
Parce que les «sangs doutes»
Rendent la promenade risquée.
Mais ne balise rien
Tomber… Je sais.
© Giliberti / 2007

par Michel giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie
Le ciel si noir de ton combat
Éclaire pourtant mes vastes nuits
Son signe est fort et noie mon cœur
D’un flot d'amour jusqu’à l’aurore.
© Giliberti / 2007
Éclaire pourtant mes vastes nuits
Son signe est fort et noie mon cœur
D’un flot d'amour jusqu’à l’aurore.
© Giliberti / 2007

Et me voici paré
Du noir sourire des morts.
Il parvient à me dire
Qu’ils ont choisi l’ermite.
Ils jugulent ses plaies
De leurs rouges blessures
Jusqu'à son abandon
Puis l'obligent à s’ouvrir
À l’eau grise des siècles.
Du noir sourire des morts.
Il parvient à me dire
Qu’ils ont choisi l’ermite.
Ils jugulent ses plaies
De leurs rouges blessures
Jusqu'à son abandon
Puis l'obligent à s’ouvrir
À l’eau grise des siècles.
© Giliberti / 2007
par Michel giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie
J'ai fait ce tableau, il y a déjà pas mal de temps, pour montrer qu'il faut arrêter de croire en ce qui nous tue, sortir de cette boue qui englue les peuples et enferme les esprits... laisser derrière nous cette usine à rêves, ce meilleur des mondes, cet au-delà bien hypothétique, et enfin, trouver du temps à consacrer au nôtre, le monde des réalités.
Le poème qui suit n'a rien à voir avec ce que je viens d'écrire...

Je sais que c’est assez, mais si
Je le sais…
Alors pourquoi vouloir avoir
Tant à voir.
Est-ce si violent
Ce viol lent que je vous tends ?
Je vous croyais
En croix et vous voyez…
Vous n’avez pas su dépasser mon pas.
Je sais que c’est assez, mais si
Je le sais…
Mais je n’empêcherai jamais
Mes péchés.
Est-ce déjà l’heure
Des leurres pour rien et pour des larmes ?
Je vous croyais
En croix et vous voyez…
Vous n’avez rien perdu que je ne perds.
© Giliberti / 2007
Je le sais…
Alors pourquoi vouloir avoir
Tant à voir.
Est-ce si violent
Ce viol lent que je vous tends ?
Je vous croyais
En croix et vous voyez…
Vous n’avez pas su dépasser mon pas.
Je sais que c’est assez, mais si
Je le sais…
Mais je n’empêcherai jamais
Mes péchés.
Est-ce déjà l’heure
Des leurres pour rien et pour des larmes ?
Je vous croyais
En croix et vous voyez…
Vous n’avez rien perdu que je ne perds.
© Giliberti / 2007
par Michel giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie

C’est l’abysse d’une étrange demeure
D'un endroit bien enfoui dans les signes
Il inscrit en mémoire les tabous
Et meurtrit l’insoumis qui en souffre.
C’est le souffle d’une étrange torture
D’un endroit où s’ordonne la vie
Il détruit une à une les ivresses
Et immerge votre pourpre dans le noir.
© Giliberti / 2007
D'un endroit bien enfoui dans les signes
Il inscrit en mémoire les tabous
Et meurtrit l’insoumis qui en souffre.
C’est le souffle d’une étrange torture
D’un endroit où s’ordonne la vie
Il détruit une à une les ivresses
Et immerge votre pourpre dans le noir.
© Giliberti / 2007
par Michel giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie









