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Chaque homme se retournait sur ton passage… chaque femme.
Souviens-toi… Londres… la cour arrière de la galerie où j’exposais… nos rires, notre confiance au fond des yeux.
Et puis New York, les boîtes de nuit, l’alcool et la musique… et toi, mon guide dans cette ville ou ton nom et ton visage s'affichaient sur les murs.
J’ai eu la chance de te trouver comme on se perd et se perdre avec toi a eu de la gueule.
Ton bras autour de mes épaules aux heures de l’amitié a tant marqué mon devenir…
Ce canevas pourtant rompu laisse traîner ses fils et ton visage se recompose sur mes toiles. Je fais de toi une oeuvre comme d’autres en font une vie.
Aujourd’hui, bon nombre de tes "amis" te rejoignent sur Facebook.
Je ne le ferai jamais… Te connaître vraiment, te connaître tant me permet ce luxe suprême ; cette toile-là ne m’intéresse pas.

Et là, sur mon blog, offert une fois encore, ton profil…
Une fois encore, tes yeux fermés sur un passé toujours présent, sur un passé ensemencé des heures douces où toi et moi avions la chance de rêver et croire qu’il suffisait de vivre pour demeurer en vie.


Par Michel Giliberti - Publié dans : Photos et poésie.
Vendredi 10 avril 2009
- Communauté : blog artiste
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Jaloux de l’eau…
De cette liaison qu’elle entretenait avec toi en cette fin d’après-midi.
Juste avant… mes mains avaient tout su de tes mystères, mes lèvres, tout bu de ta peau mate.
Juste après… encore meurtri de nos ébats, je regardais comme un voleur ton bal intime sous la douche, ta mise à mort de nos parfums, de nos sueurs.
Jaloux de l’eau…

Par Michel Giliberti - Publié dans : Photos et poésie.
Mercredi 8 avril 2009
- Communauté : Poé-vie
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Certains hivers tunisiens, alors que la plage n’est plus qu’un souvenir, que Moez et moi bavardons à l’ombre des murs blancs, au son des musiques sirupeuses, la lumière des bougies fait naître de cette composition orientale faite de divans profonds, de soie et de velours, des ambiances de peintures hollandaises.

Dans ces soirées d’ambre et d’obscur, dans ces versions des mille et une nuits revisitées, Moez prend alors les allures d’un authentique Rembrandt.


Par Michel Giliberti - Publié dans : Photos et poésie.
Lundi 6 avril 2009
- Communauté : blog artiste
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Comme je l’ai souvent écrit, les maîtres de la Renaissance italienne me donnèrent l’envie de peindre, mais dès l’âge de seize ans, je commençai à découvrir d’autres univers, d’autres peintres, et parmi ceux qui m’éblouirent, Géricault fut certainement celui qui me passionna le plus.
Lorsqu’à dix-huit ans je partis en stop à Paris pour tenter ma chance, je me précipitai au Louvre pour contempler certains des tableaux que j’avais admirés dans mes livres… Je garde en moi, toujours présente, l’émotion invraisemblable quand, au détour des couloirs, je me retrouvai enfin dans la salle où, gigantesque, sombre et si puissant, se trouvait « Le Radeau de la Méduse ».

Je me souviens m’être assis sur la vieille banquette de velours cramoisi, face à l’immense toile, et ne pas en croire mes yeux… 35 m2 de génie m’écrasaient ; bien plus que la chambre de bonne que je squattais !
Je restai ainsi, plus d’une heure, immobile, les yeux brillants de larmes. Je ne rencontrai pas un simple tableau, mais l’un des amis qui avaient accompagné mon adolescence quand, à feuilleter les dictionnaires et les livres d’art, je m’étais immergé dans sa noirceur marine.


Vingt ans plus tard, Frank, un de mes plus fidèles modèles posa pour deux grands tableaux ; l’un avec un ami, "Les enfants de Poséidon" l’autre avec sa sœur, "Les naufragés".
Une fois ces toiles terminées, je réalisai combien ce Radeau de la Méduse avait frappé mon esprit ; même si ces deux toiles étaient bien éloignées de ce dernier, son drame, sa gestuelle et sa noirceur étaient au rendez-vous…
Deux tableaux, deux tragédies, comme celle du radeau de la Méduse.



Par Michel Giliberti - Publié dans : Peintures
Vendredi 3 avril 2009
- Communauté : blog artiste
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Ta blessure est la mienne mon amour…
Ton sang, le mien.
J’ai si peur des années qui te broient et des heures qui me tuent…
« Mon amour, mon temps, ma transparence »… ces trois noms par lesquels je t 'ai nommé un jour de mille neuf cent soixante-treize restent d’actualité.
Tu es mon amour, mon temps, ma transparence et aujourd’hui que le temps nous bouscule et se joue de nous, j’ajoute à ces trois noms… « Mon éternité ».

Par Michel Giliberti - Publié dans : Peinture et Poésie
Jeudi 2 avril 2009
- Communauté : blog artiste
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Mulet, âne, cheval… Ces trois-là sont de tous les paysages tunisiens.
Moi qui commande aujourd’hui tel ou tel objet sur le net avec ma carte bleue, je ne peux pas oublier mon enfance quand les livraisons de pétrole, de lait et de pains de glace se faisaient elles aussi à domicile, mais grâce à ces braves mulets, ces ânes aux
yeux si beaux et ces chevaux courageux… ça me rend un peu nostalgique.
Je ne peux compter le nombre de fois où je prenais la calèche avec maman. Nous allions en dehors de la ville, au marché, à la plage ou au cimetière… Je raffolais  surtout de ces jours où nous nous rendions au cimetière, car il se trouvait en bordure d’une route sablonneuse, ombragée d’eucalyptus aux troncs badigeonnés de chaux. Au fond de la calèche, bien callé entre ma mère et ma grand-mère, à respirer l’air chaud et embaumé du matin, j'avais en mire le cocher enturbanné de rouge, parfois de vert, le cou puissant de son cheval qui trottait crinière au vent et les pompons multicolores qui s’agitaient autour de ses œillères. Le bruit de ses sabots était rassurant ; un fond sonore et rythmé sur les propos échangés sans interruption entre maman et mémé.
Alors, pour toutes ces choses et plus encore voici quelques simples portraits de ces animaux adorables.


Un mulet à l'ombre d'un eucalyptus, sur la route du Kef...


Comme il me regardait, je me suis approché... présentations...
"Vous êtes né ici, vous aussi ! tiens tiens...
weld di bled "


Qui va doucement ménage sa monture...


Un gourmand qui m'ignorait...


Un cheval coquet comme tous ceux qui tirent des calèches. Celui-ci frimait à Matmata...


L'âne docile et très attentif d'un enfant...


Un autre curieux qui ne me lâchait pas des yeux...


L'âne d'un berger à Béja...

Et comme l'âne est l'animal favori de mon ami, je pense qu'une fois en Tunisie, il nous faudra en posséder un.

Par Michel Giliberti - Publié dans : Tunisie
Mercredi 1 avril 2009
- Communauté : blog artiste
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À la fin de la pose, quand le jour bat en retraite, que la nuit prépare sa victoire, tout se dénoue…
Les visages s’apaisent et les tensions retombent. Je capte alors un dernier regard, un dernier sourire, un dernier étirement…
Je capte l’abandon.

Demain reviendra, mais pour l’heure,
dans l'atelier qui s’éteint, c’est la simple détente.
L’alcool récompensera l’énergie et soufflera les mots qui refont le monde…
Et le monde, dans ces heures bleues, se reflète toujours dans le regard de mon modèle.


Par Michel Giliberti - Publié dans : Mes modèles...
Lundi 30 mars 2009
- Communauté : blog artiste
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