Ces jours-ci, une amie m'a rappelé l'extrait d'un de mes romans "Bou Kornine". Je profite lâchement de cet éclairage sur un texte de 2004 pour rebondir sur ce sujet qui m'est cher et, comme je suis toujours dans le même état d'esprit que celui de ces derniers jours, (proche de d'encéphalogramme plat), publier ce texte me convient tout à fait. Je me revois en train de l'écrire...Il faisait chaud, j'étais enfermé dans la lumière tamisée de la maison de Sidi Bou Saïd et, alors que les premiers mots s'inscrivaient sur l'écran de mon portable, la voix du Muezin de la petite mosquée d'à côté s'est mise à emplir en arrière fond l'espace de la pièce.
Je ne pouvais trouver mieux comme "musique" inspirante...
Voici ce passage de Bou Kornine...
(...) J’en arrive à me demander, si cet amour de l’Orient qui oscille entre passion et retenue n’est pas pour l’athée que je suis, la dimension du sacré recréé ou celle, plus poétique, de mon voyage sur terre. Une continuité mythique des épopées de l’enfance, où grandir n’offre pas une vision unique. Une éthique et une altération qui accompagneraient mon goût des mots et des maux… Un spectre ouvert sur l’imposture de vivre debout, quand tout me pousse à me courber.
Et puis, sur cette terre où la possession prive le monde de tout, aimer ce qui ne vous appartient pas prodigue quelque chose d’ineffable.(...)
Première esquisse avec Moez.
Je pourrais vous parler encore de ma tête de Turc, Sarkozy, dont j'ai appris ces jours-ci que les grands et nouveaux élans « gauchistes » qui lui font citer Jaures, Blum et autres Mendes avec une vibration pathétique dans la voix dès qu'il exhorte le peuple des ouvriers, n'étaient autre que le fruit du travail consciencieux d'Henri Ghéno (son nègre) qui lui prépare ses discours. Ah!... immigration choisie, quand tu nous tiens!
Je préfère donc revenir à des choses plus agréables et vous parler de Franck, qui a été mon modèle pendant des années. Je ne peux même plus compter les tableaux que j'ai faits avec lui.
Avec Emmanuel, Xavier, Laurent et Moez, il aura contribué à bon nombre de mes inspirations. Toujours disponible, il accourait à la maison à la moindre de mes intentions de travailler avec lui.
© Giliberti / 2007
Il naissait à te voir
Tant de gestes et de mots
Que de croître, tes rêves
Se mettaient à danser.
J'enfantais de ta grâce
Autant que je la goûtais
Au profond des nuits sourdes
Et d'agiles candeurs.
© Giliberti / 2007
© Giliberti / 2007
Dans l'inventaire de nos nuits blanches
Tous les négoces étaient possibles
Tes cheveux roux, ta peau si blême
Valaient l'ivoire et les parures.
© Giliberti / 2007
Je témoigne souvent de la Tunisie, mais il est vrai qu’on ne parle jamais si bien que de
ce qu’on connaît et qu’on aime.
Sur ces photos de vacances, on voit un peu de l’intérieur de la médina de Hammamet, un peu de sa plage, puis Fehti et Mohamed, des amis de
Tunis.
À mon avis, la médina d’Hammamet est une des plus belles de Tunisie ; elle est extrêmement lumineuse, pas trop grande et entièrement bordée par la mer. Des bougainvilliers
éclaboussent de pourpre les murs blancs, les fers forgés bleus protègent les persiennes des fenêtres fermées sur leurs secrets. Les chats y sont rois et les enfants vous regardent avec de grands
yeux amusés.
On dirait un décor de théâtre, un peu comme à St Tropez, quant au détour d’un chemin étroit, on tombe sur certaines petites ruelles qui semblent
fabriquées de toute pièce pour faire naître des émotions.
J’adorerais habiter la médina d'Hammamet. Ce doit être un rêve de tous les jours que de se réveiller sur une de ses terrasses ouvertes sur l’horizon
turquoise, prendre son petit-déjeuner sous un soleil déjà éblouissant, avant d'aller sans se presser jusqu'au au marché acheter du raisin, des figues et du poisson à griller… Bon j’arrête, car ça
me donne envie de partir.
La vie idéale tient à peu de chose... mais le peu est souvent difficile à piéger.

Fethi et Mohamed © Giliberti / 2007
Mohamed ©
Giliberti / 2007
Ruelle de la médina
d'Hammamet © Giliberti / 2007
Fin de journée sur la plage de
Hammamet © Giliberti / 2007
Fethi © Giliberti /
2007
par Michel Giliberti
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Tunisie
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Depuis le temps que je mets en avant les visages ou les corps de mes modèles, aujourd’hui, seuls leurs pieds et leurs mains sont à l’honneur… Pieds de Franck, mains de Laurent et d’Emmanuel... et quelques mots de moi.
Ma patience est d’argile
Et mes plaies la ravinent
Elle me rend presque libre
D’inventer ma prison.
© Giliberti / 2007

Mes mains ne tiennent plus
L’ardeur de tous les sables.
Silices et bris de verre
Ont trop blessé l’enfant
Damné de tant d’années.
© Giliberti / 2007
Balayer les marées,
Les maris, les marins et les mortsLarguer les amarres,
Les amants, les amours et les mers,Me bercer de mes propres remous
Pourrait être l’attrait.
© Giliberti / 2007
Demain s’éteint à l’aube du grand hier.
Deux mains d’argile retrouvent enfin la terre.
© Giliberti / 2007
Sarkozy qui se baladait quasi incognito dans une cité a fait un discours digne de ses idées rétrogrades, et il m’a fait bondir quand il a déclaré qu’il fallait plus de fermeté en matière d’autorité et d’éducation pour « effacer l’effet néfaste de 68 ».
Je trouve cette affirmation gratuite d’une médiocrité désespérante, d’un populisme incroyable, bref d’une petitesse absolue pour un présidentiable.
Que vient faire mai 68, dans une société aujourd’hui ravagée par le chômage et le manque d’idéologie ?
Que vient faire mai 68 dans une société bouffée et sacrifiée au nom des marchés et de la croissance ?
Que vient faire mai 68 dans une société qui ne parvient pas à faire de la mondialisation une aventure humaine ?
Que vient faire mai 68 dans une société ravagée par le sida, la pollution, la précarité, et les injustices de plus en plus flagrantes entre les nantis et les pauvres ?
Que vient faire mai 68 dans une société où, même quand on travaille, on ne peut pas se loger tant les prix des loyers sont élevés ?
Sarkosy se référera-t-il bientôt à la prise de la Bastille ? à la bataille d’Alésia ? La guerre de cent ans aurait-elle pourri les mentalités ?
Quand je pense que les Français et les Allemands ont réussi à s’entendre après la Seconde Guerre mondiale, que le mur de Berlin est tombé et que là… dans ce chaos de début de siècle, Sarkozy pleure sur les conséquences de mai 68, j’ai envie de hurler.
Petit homme décidément, petite mémoire et petite imagination de celui qui oublie que la plupart des grands hommes d’aujourd’hui (artistes, patrons, politiques, aventuriers, scientifiques, penseurs, chercheurs, philosophes) sont des enfants de 68.
Le laxisme qui abîme notre jeunesse prend ses racines dans l’image insolente de la réussite et de l’argent facile, de l’attraction inimaginable que la télé exerce sur des esprits encore malléables en leur faisant croire que pour réussir dans la vie, il n’y a qu’une alternative : le foot ou la Star Ac.
Mais que vient faire Sarkozy en 2007 ?
par Michel Giliberti
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Réflexion
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