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Dimanche 1 avril 2007


Arriver à Douz, c'est arriver aux portes du désert… Pas n’importe lequel, non… Le Sahara ! Avec toute la magie de ce nom que vous entendez depuis l’enfance. Le Sahara se trouve là, si près, à quelques enjambées. Oui, la route se termine ici... le sable, d'ailleurs, se faufile jusque dans les ruelles de la ville, menaçant... les habitants doivent se battre contre lui. C’est une résistance de tous les jours pour ne pas disparaître.

C’est à Douz, juste avant de partir sur cette mer de dunes qu’on sent l’odeur des dromadaires, qu'on entend le bruit incessant de leurs grincements de dents. Ils sont là, souvent susceptibles, regroupés en troupeaux comme le sont nos vaches dans les prairies normandes. Parmi tous ces dromadaires, il y en avait un qui ne pouvait pas me sentir. Sûrement lui rappelais-je quelqu’un de sa famille ; j’ai un caractère difficile, me dit-on…

Je suis arrivé en fin d’après-midi dans ces lieux étranges que les nomades animent, occupés à ravitailler leur caravane, quand le soleil commence sa lente descente à l'horizon, quand le soleil dore les visages de cet ambre si particulier qui illumine la peau de l’intérieur comme dans un tableau de Georges de La Tour.

Cette frontière, avant de quitter les repères du quotidien, est aussi le lieu des visages brûlés de soleil, des visages masqués d'indigo, le lieu des yeux noirs soulignés du kohol qui donne aux hommes un regard ambigu et profond, le lieu des sourires magnifiques, le lieu de tous les signes de l’Orient, de tous ses mystères.
Nous sommes sur les rives de la retenue, à la lisière des contes et des légendes, pour peu qu'on s'attache aux gestes et aux rites, loin des choses périssables de ce monde.


Il faut se taire, se confondre avec les autres, partager leurs actes cultuels et, une fois replongés dans nos vies ordinaires de « tant d’importance » qui nous avalent comme le sable avale Douz, s’en souvenir.
Se souvenir de là-bas, où l'air est jaune, où le vent souffle le soir, où le thé est brûlant, le geste retenu et le rire comme une offrande rare, là-bas où l’on apprend à se reconstruire, à se restituer... à être des hommes.

La source de mes désirs ne tarit pas
Autant que l’oued, dans ton dos
Ni l’usure
Ni la poussière
Pas même tes mensonges
Ne me feraient marcher sur d’autres terres
Ou respirer d’autres aurores.

© Giliberti / 2007

A l’ombre des murs sable
A l’abri du degré,
Quand le jet du thé
Chute sans fin
Je me dis
Je suis d’ici
Je suis d’ici.

© Giliberti / In voyage secret / 2007

Ce voyage
M’a emporté si loin…
Ta barque de papier
Ne m'a pas fait peur.

© Giliberti / 2007


par Michel Giliberti publié dans : Tunisie
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Mercredi 28 mars 2007

Ma vieille de Matmata...


Elle,
Au fond des murs pierre
Parlait de son passé
Contait ses souvenirs
Moi,
Au bord des lumières
Je n'avais rien à dire
D'un présent emmuré.


In Voyage secret Tunisie © Bonobo / 2004

Cette vieille dame, une salamandre tatouée sur le menton, doit être connue à Matmata, car lorsqu’elle m’a fait entrer chez elle, j’ai vu sur un meuble sa photo au milieu de coupures de journaux encadrées. Je pense qu’elle a dû recevoir une médaille ou un prix pour famille nombreuse, car beaucoup de photos d’enfants étaient autour de son portrait, mais je m’avance peut-être.

Quoi qu'il en soit, elle a été d’une patience inimaginable avec moi, a accepté que je la croque rapidement sur mon bloc à dessins, puis que je la prenne quelques photos. Elle était très coquette, s’est arrangée sa frange orange à plusieurs reprises, a lissé sa robe et mis en avant ses fibules en argent.

J’étais sur un nuage ; c’était vraiment extraordinaire. Je me trouvais là, dans sa maison au centre d’un vaste trou aménagé dans le sol. Au départ on ne voit pas vraiment ces fameuses habitations troglodytes. Il faut grimper un peu sur les hauteurs et là, on aperçoit des espèces de cratères, des trous qui s'ouvrent sur une cour intérieure avec un puits et cinq ou six entrées disposées tout autour, sans compter celles des étages qui mènent aux greniers où l'on conserve différentes denrées comme l’huile, les olives. On y accède par des escaliers. Tout est très bien agencé. Ces habitations sont coquettes, leurs cours intérieures, délicieuses ; des plantes et des herbes aromatiques y poussent dans des pots de terre, du linge sèche au soleil, tout y est terriblement chaleureux. Si l’ensemble est construit à même la roche, certains volumes comme les marches, les étagères, les banquettes, les cheminées sont parfois en argile. Il y fait frais l’été, chaud l’hiver. Je crois qu’on n'a rien inventé de mieux…
C'est mieux que la maison Borlo à cent mille euros !


Il y a souvent un poisson ou une main de couleur bleue à l'entrée des maisons pour conjurer le mauvais sort.

Je pourrais rester sur le seuil de cette porte aussi longtemps que ce chat qui n'a jamais bougé tout le temps que je suis resté dans cette cour ensoleillée.

Sur la route au dessus de ces maisons troglodytes, ce jeune cycliste transportait du bois et n'a pas manqué de me sourire tout en peinant sous la chaleur qui était vraiment terrible ce jour-là.

Avant qu'il ne disparaisse, j'ai pris une dernière photo de lui... Où était sa jolie maison ?


Un paysage caractéristique de Matmata avec ce beau marabout blanc qui semble surgir de terre au milieu des maisons qu'on ne voit pas... C'est un vrai jeu de cache- cache.


par Michel Giliberti publié dans : Tunisie
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Lundi 19 mars 2007
 
Quand on arrive à Tozeur en plein mois d'août comme je l'ai fait, on est tout de suite happé par la chaleur étonnamment puissante, mais cela n'a jamais eu d'importance pour moi. Je la supporte assez bien. Dès que j'ai posé mes affaires à l'hôtel, le si bel hôtel Dar Cherait ( la maison de Cherait ), du nom du propriétaire, j'ai repris ma voiture et je suis parti à l'oasis. C'est un lieu à part qui force à la méditation, pas forcément transcendantale, zen ou métaphysique, non... juste profonde ; plus proche d'une méditation philosophique qui fait redécouvrir les simples joies d'un paradis terrestre ( aucune connotation religieuse, juste le pouvoir évocateur de ces mots ). D'ailleurs, un jardin sublime nommé « Le Paradis » se trouve tout en bas de la route principale, une route sableuse où passent des calèches comme autrefois. Quand on rentre dans ce jardin botanique écrasé de tant de palmiers et de tant de végétations éblouissantes, on rentre dans du vert. Tout y est vert. La lumière absorbe ce vert et nous le renvoie. Notre peau elle-même prend cette couleur d'absinthe dorée tant la luxuriance y est exceptionnelle.

L'oasis
Dans l'air si embaumé de l'odeur citronnée d'une espèce de géraniums dont on extrait une eau très parfumée qu'on ajoute à certains desserts, dont la salade de fraises, j'ai rencontré le jardinier et à la fois le métayer de l'oasis, le khammès qui veut dire « le cinquième » parce qu'il est rémunéré en recevant le cinquième de la récolte. Dès que nos yeux se sont croisés, il est venu à ma rencontre et m'a invité à regarder ses cultures. Je suis moi-même jardinier et j'ai accepté l'offre avec bonheur. Comme il voyait que je prenais grand intérêt à tout ce qu'il me montrait, il est devenu très enthousiaste, a déterré des légumes, trier des graines, butter de jeunes pousses, escaladé les troncs de palmiers pour que j'apprécie sa dextérité. Il était très gentil, très drôle et plus tard, assis sur un banc en bois comme de vieux amis, nous avons bavardé assez longtemps dans cette étrange lumière amande, dans cette ombre lumineuse. Il a disparu quelques minutes et a ressurgi avec une pâtisserie venue de je ne sais où. Puis, comme si ce n'était pas suffisant, il a cueilli des fleurs et avec un air malicieux a commencé à confectionner un bouquet qu'il m'a offert avec la candeur d'un enfant qui offre un cadeau à sa mère.

Le bouquet de fleurs du jardinier

C'était trop charmant, je sais que ce terme est quelque peu désuet, mais je n'en trouve aucun autre. Oui je pourrais dire que je kiffais grave le jardinier, mais bon... Je pense que beaucoup de touristes doivent avoir un contact aussi chaleureux avec lui, mais j'aime à imaginer qu'en ma compagnie, ce fut différent ; d'ailleurs, il fuyait les rares promeneurs qui s'aventuraient dans la palmeraie et m'entraînait toujours un peu plus loin avec l'air malicieux d'une complicité partagée. Quand je me suis séparé de lui, son visage aimable et souriant s'est longtemps promené dans ma tête pendant que je continuais ma marche dans l'oasis et approchais des bassins d'eau qui donnent à ce décor somptueux de rochers percés de verdure et croulant sous la chaleur torride, l'indispensable fraîcheur.




























Tozeur est une toute petite ville et en dehors du centre, des cafés bruyants et pleins de vie, c'est bien sûr cette oasis qui capture l'attention avec ses oueds, ses sources, ses bassins où les enfants s'amusent et prennent le frais en se plaçant sous la cascade. Un plaisir inégalé des yeux, un plaisir inestimable du coeur. Le soir, j'assistai au spectacle son et lumière dans les jardins de l'hôtel (plus proche d’un palais), à la représentation des « mille et une nuit ».
Le sud de la Tunisie, à deux pas du désert est encore un lieu authentique, malgré une organisation forcenée du tourisme qui commence sérieusement à devenir tentaculaire, mais pour l'heure, c'est encore un paradis vert et doré, sucré et chaud comme une datte dont Tozeur est le grand producteur.

L'oued


Les casacdes et les bassins


les enfants au bassin


L'oued


La palmeraie



Maison à Tozeur

Enfants de Tozeur


Dame près du jardin

Je n’aime que les murs
Qui donnent l’ombre à ma peau,
Je n’aime que les peaux
Qui incendient mes murs.

© Giliberti in Bleus d'attente / 2001

par Michel Giliberti publié dans : Tunisie
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Jeudi 15 mars 2007

Quand, à l'ouest de la Tunisie on dépasse Béja et qu’on s’aventure à l’intérieur des terres, on peut se contenter d’observer la vaste campagne, mais on peut aussi prendre une des routes qui serpente sur les collines et vous conduit jusqu’au sommet où toute trace de vie semble s’effacer. C’est pourtant là, au centre d’une gigantesque étendue de plaines et de rochers creusés comme ceux d’un canyon, que vit la tante à Moez ainsi que le vieux berger qui l’aide à s’occuper de ses moutons et de ses cultures. L’eau se tire au puits. Il n'y a pas encore d'électricité.


C’est une vie très spartiate au milieu d'une végétation grandiose mélangée à celle plus courte et rabougrie de tous les pays méditerranéens autour d’un trou d’eau; une marre d’un vert étonnant, une marre de jade qui étincelle au soleil et force le regard.


Nous avons passé l’après-midi à manger des crêpes au miel, à boire du thé, puis à nous balader dans ces lieux sauvages qui enchantent Moez « parce qu’on entend les oiseaux » comme il dit.
Je me souviens qu'à l'intérieur de la modeste maison, une petite télé qui marchait grâce à un groupe électrogène diffusait une chaîne italienne, la seule qui se captait bien et que personne ne comprenait vraiment.


Moez...

...en train de remonter...


... de la marre d'un vert incroyablement lumineux.


Moez au soleil, abrité de son tee-shirt enroulé autour de sa tête. Les Tunisiens ont le style pour faire ça. En deux secondes, ils se transforment en fiers Berbères ; ainsi coiffé, Moez me donne toujours envie de le dessiner ou de le peindre.



La tante de Moez, adorable et pleine d'attention, pendant qu'elle s'affairait à confectionner ses crèpes au miel.

Bonheur d’être mortel
Connaître l’eau quand il fait soif
Aimer quand tout se meurt.
Difficulté des dieux,
À qui jamais rien n’arrive.

© Giliberti in Bleus d'attente /2001



par Michel Giliberti publié dans : Tunisie
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Mardi 13 mars 2007

Ghar el Melh (la grotte de sel), autrefois appelé Porto Farina, est un tranquille village de pêcheurs pris entre deux forts turcs qui se dressent dans le ciel limpide de Tunisie, un village où le temps semble s'être arrêté. Tout y est sérénité et traditions. Les enfants jouent au bord de l'eau, les pères remmaillent les filets et les mères discutent entre elles quand elles ne sont pas occupées à leurs tâches ménagères.
On y accède par une route bordée de palmiers, d'oliviers, de figuiers, de cactées, d'eucalyptus et de résineux. C'est une route qui vous enferme et vous ouvre à tous les rêves d'Orient... À toutes les légendes.
À moi, elle offre une vision très proche de la Tunisie de mon enfance.
Au bout de cette longue route étroite, parfois sableuse et étouffée par la végétation luxuriante, il y a une plage de sable blanc, immense, déserte en début de saison ; la plage de Sidi Ali el Mekki.
Un petit paradis où les rares promeneurs se font discrets, où le silence est intact, mais pour combien de temps encore? Déjà l'année dernière alors que je m'y rendais, j'ai vu beaucoup de nouvelles maisons et d'autres en construction... Mais le rêve reste encore intact.



Mohamed


Le port de Ghar el Melh



Mohamed et Fethi en toute amitié à la façon tunisienne sur la plage de Sidi Ali el Mekki


Les barques du port


Mohamed, Fethi et Raouf sur la plage de Ghar el Mhar, dans une barque offerte aux promeneurs...

La barque blanche et de nulle part
Revenait là chaque matin.
Le temps d'un scarabée métal,
D'un lézard cuivre sur la craie,
Et les bras minces du pécheur,
Jetaient dans l'eau le lourd filet.
Épave pâle sur mon balcon
Je demeurai à savourer,
D'une gazelle, la corne blanche
Sablée, sucrée, des faux désirs.

© Giliberti / voyage secret Tunisie / Bonobo éditions


par Michel Giliberti publié dans : Tunisie
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Lundi 12 mars 2007
Mehdi a souvent posé pour moi. Il a su m'inspirer de nombreux tableaux et quelques séries de photos auxquelles il s'est toujours adonné avec bonheur.








Mehdi et moi, à Sidi Bou saïd. J'étais épuisé après une journée plage ; pas lui.




Seize heures à Tunis,
La médina somnolait sous Juillet.
Mehdi fumait en silence,
Moi, je méditais…
Mehdi me dit « J’aimerais connaître Paris »
Je lui dis « J’aimerais connaître Mehdi »
Un marchand de pétales de roses passa.
Roses de Damas…
Paris d’ailleurs,
Tunis de ces heures.

Giliberti In Voyage secret / © Bonobo / 2005


par Michel Giliberti publié dans : Tunisie
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Lundi 26 février 2007
Je témoigne souvent de la Tunisie, mais il est vrai qu’on ne parle jamais si bien que de ce qu’on connaît et qu’on aime.
Sur ces photos de vacances, on voit un peu de l’intérieur de la médina de Hammamet, un peu de sa plage, puis Fehti et Mohamed, des amis de Tunis.
À mon avis, la médina d’Hammamet est une des plus belles de Tunisie ; elle est extrêmement lumineuse, pas trop grande et entièrement bordée par la mer. Des bougainvilliers éclaboussent de pourpre les murs blancs, les fers forgés bleus protègent les persiennes des fenêtres fermées sur leurs secrets. Les chats y sont rois et les enfants vous regardent avec de grands yeux amusés.
On dirait un décor de théâtre, un peu comme à St Tropez, quant au détour d’un chemin étroit, on tombe sur certaines petites ruelles qui semblent fabriquées de toute pièce pour faire naître des émotions.
J’adorerais habiter la médina d'Hammamet. Ce doit être un rêve de tous les jours que de se réveiller sur une de ses terrasses ouvertes sur l’horizon turquoise, prendre son petit-déjeuner sous un soleil déjà éblouissant, avant d'aller sans se presser jusqu'au au marché acheter du raisin, des figues et du poisson à griller… Bon j’arrête, car ça me donne envie de partir.
La vie idéale tient à peu de chose... mais le peu est souvent difficile à piéger.


Fethi et Mohamed © Giliberti / 2007

Mohamed © Giliberti / 2007

Ruelle de la médina d'Hammamet © Giliberti / 2007

Fin de journée sur la plage de Hammamet © Giliberti / 2007

Fethi © Giliberti / 2007
par Michel Giliberti publié dans : Tunisie
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Jeudi 15 février 2007


La semaine dernière
en Tunisie, j’ai vu deux films à La Marsa.
Le premier s’appelle "Kahloucha" de Nejib Belkadhi et le second "Making off" de Nouri Bouzid.
Le premier était très particulier, très amusant et difficilement racontable, car c'est une histoire dans une histoire, traitée comme un documentaire sur la vie d'un metteur en scène qui a toutes les difficultés du monde à monter un film, mais qui, par contre, possède autant d'astuces et de combines jubilatoires bien que souvent épuisantes pour y parvenir.

Je vous livre le clip de la musique de la bande originale.



Le deuxième, "Making off" de Nouri Bouzid, qui a remporté, lors de la dernière session des JCC (journées cinémathographiques de Carthage) le Tanit d'or et a valu à Lotfi Abdelli le prix de la meilleure interprétation masculine, est un film extraordinaire pour qui veut comprendre davantage le Maghreb, même si ce film exclusivement tourné en Tunisie ne concerne que ce pays. On y montre les risques d’islamisation de jeunes parfois paumés ; le tout est brillant, enlevé, terriblement moderne et filmé avec une justesse de ton formidable. Les acteurs sont d'un naturel epoustouflant ; je suis tombé amoureux du travail de ce metteur en scène qui a trouvé en plus de subtils moyens pour parler d'un sujet tabou et aussi grave que le terrorisme sans faire de la provocation.
Si vous voyez "Making off" dans les salles en France, courrez-y. C’est un vrai voyage initiatique dans la Tunisie modeste, loins des clichés des magasines touristiques et des hôtels luxueux qui ne donnent pas envie d’aller plus loin que leurs piscines.
On y découvre une jeunesse sulfureuse et tendre à la fois, attachante et bringuebalée entre les traditions de l’Orient et les images sulfureuses des télés de l’Occident. On comprend alors que le mélange peut-être explosif, même si la Tunisie est un des pays musulmans des plus protégés sur ce plan-là.

Je n'ai pas réussi à trouver la bande son de ce film, par contre j'ai ces quelques instants volés dans une soirée VIP à Tunis, où l'on voit le metteur en scène Nouri Bouzid (personnage central
en costume et crâne rasé) danser au milieu de jeunes gens.

par Michel Giliberti publié dans : Tunisie
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Samedi 27 janvier 2007
Demain dimanche, je pars en Tunisie. En attendant je vous laisse un de mes tableaux qui parle de ce pays ainsi que Nancy Ajram, une chanteuse qui fait un carton là-bas.
Si l’avion ne tombe pas je serai de retour le 12 février et le 14, à la saint Valentin, ce sera mon anniversaire… Pas étonnant si je vis en couple depuis 35 ans...
Alors, adieu pot au feu, coq au vin, tartes aux pommes et Normandie, je cours m’abonner pendant quinze jours aux couscous, tajines, makrouds et à Sidi Bou Saïd...



De Carthage à Salammbô,
J’avançais sans mes yeux.
Les vôtres, noirs et vigilants
Suffisaient jusqu’aux ports Puniques.

© In Bleus d'attente /2001

par Michel Giliberti publié dans : Tunisie
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Mercredi 17 janvier 2007



© Giliberti / 2007

Après des heures de route sous un soleil aveuglant, je fis une halte à Douz avant de continuer vers Tozeur. L’air était suffocant et salé. C’était le milieu de l’après-midi et il n’y avait pas grand monde sur la petite place ; presque tous les habitants devaient faire la sieste. Malgré la chaleur, je profitai pour me dégourdir les jambes et acheter de l’eau et des fruits dans une petite alimentation. À l’entrée du magasin, un garçon immobile, assis sur une caisse en bois, m’accueillit avec un grand sourire. Une fois ma bouteille d’eau et mes fruis en main, je lui demandai si je pouvais prendre des photos de lui – Moi qui aime les photos sophistiquées, en Tunisie, c’est tout le contraire, j’aime faire provisions de photos qui mettent en valeur la spontanéité des rencontres avec ses habitants – Il accepta avec joie, à condition que je lui en envoie une.



© Giliberti / 2007

Je déposai donc mes achats dans la voiture et revint avec mon appareil photo.

© Giliberti / 2007

Après quatre ou cinq clichés, je pris donc ses coordonnées, mais le temps de bien le comprendre et de tout noter, d’autres enfants approchèrent de nous, comme par magie, alors qu’il n’y avait personne cinq minutes auparavant. Tous voulurent être pris en photos. (Phénomène très classique qui m’amuse toujours)


© Giliberti / 2007

Finalement, je dus récolter les adresses de chacun, mais hélas… quelques jours après, sur le chemin du retour, je les perdis; j’avais tant de choses dans ma voiture, entre les tapis, les épices, l’huile, l’eau de rose et celle de géranium, bref, tout ce que je ramène chaque année en Normandie, que le petit papier sur lequel j’avais inscrit ces précieuses notes et glissé entre les pages de mon guide, s’est volatilisé...


© Giliberti / 2007

Je suis malheureux de n’avoir pas pu leur faire plaisir et j’espère qu’à un prochain voyage, muni de ces photos, j’en reverrai certains d’entre eux et m’acquitterai enfin de ma promesse.


© Giliberti / 2007


Dans tous les cas, une fois encore, les bonheurs les plus simples sont ceux qui me comblent.



par Michel Giliberti publié dans : Tunisie
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