Je t’ai choisi comme on désire le rouge
Avec effroi et déraison
Je t’ai choisi comme on saisit le verre
Avec la peur de le briser
Je t’ai choisi comme on s’écorche au rouge
Avec l'enfer au bout des contes
Je t’ai choisi comme on se sert un verre
Avec l’alcool à l’intérieur
Je t’ai choisi comme on se marque au rouge
Avec un fer d’appartenance
Je t’ai choisi comme on se coupe au verre
Avec la peur, juste au poignet.
© Giliberti / 2007.

Les enfants pleurent
Et pleurent les grands
Parfums d’amour
Papiers de soie
Froissés un peu
Déchirés
vite…

Les enfants pleurent
Et pleurent les
grands
Parfums d’ivresse
Papiers brûlants
Rougis des mots
Oubliés, vite...
.

Les enfants pleurent
Et pleurent les
grands
Parfums d’encens
Papiers de paille
Partis légers
Envolés, vite...
© Giliberti / 2007
Vendredi 28 septembre 2007
Ses yeux pleins du soleil
Que dégage sa peau
Se ferment à l’Orient
Où les lumières se lèvent
Qui argentent ses mots
Comme elles boisent son souffle
Et inonde sa bouche
De la voix du désert.
De nous tous, c’est celui
Qui saura taire les maux
Puis d’un geste d’ébène
Faire renaître demain.
© Giliberti / 2007
Hier soir, pour tenter d'oublier toutes les conneries du gouvernement et enfin me réfugier dans une atmosphère moins stressante, j'ai écouté
de vieilles maquettes de chansons que j'ai écrites et composées dans les années 80 ; ça m'a donné envie d'en glisser deux d'entre elles, en attendant d'oser mettre en ligne une de celles qui
sommeillent dans mes vieux albums des années 70, quand... Quand j'étais chanteur !

J’veux un chat qui ronronne
Qui m’aime et qui s’abandonne
Les soirs d’printemps, quand j’me bastonne
Avec mes rêves qui bourgeonnent.
◊
J’veux un chat qui ronronne
Près des rideaux en cretonne
Les soirs d’été, quand mes neurones
Parlent à mes sens qui cartonnent.
◊
J’veux un chat qui ronronne
Que je caresse et bichonne
Les soirs d’automne, quand le ciel tonne
Et qu'dans ma tête, ça déconne.
◊
Je veux un chat qui ronronne
Pour mon corps qui pèse des tonnes
Les soirs d’hiver, quand je m'abonne
Aux idées noires qui plafonnent.
◊
Je veux un chat qui ronronne
Pour oublier une personne
Dont le cœur qui papillonne
A fait que le mien se bétonne.
J’veux un chat qui ronronne…
J’veux un chat qui ronronne…
©
Giliberti / 2007
Dans tes nuits magiques
J'm perds dans mes tics
Qui masquent les hics
De mes vieilles suppliques
De mec qui abdique.
◊
Quand le jour rapplique
Je replie, pudique
Les claques et les cliques
D’mes noirs
atypiques
Aux rouges atopiques.
◊
Puis, sous antalgique
Je joue l’amnésique
Jusqu’à la réplique
De tes nuits
sismiques.
Au goût d’arsenic.
© Giliberti / 2007
Mercredi 12 septembre 2007

Je glisse et m’enlise
Dans ton secret le moins lisse,
Je vais et balise
Tes ardeurs que je palisse.
Ta peau sous mes mains
Que la nuit masque et désarme
Jusqu’au lendemain
Se rebelle et puis m’alarme.
Si sombres mes cernes
Azurés comme la mer
Sont là qui te cernent
De mes jouissances amères.
J’irise et j’inonde
L'antre de ta parole
Qui souffre et qui gronde
De ce transit qui l’affole.
Je tombe et m’enterre
Contre toi et te respire,
Quand se désaltère
Ta bouche dans un soupir.
Puis je me retire
Pour enfin te regarder
Sourire et me dire
Que tu voudrais bien fumer.
© Giliberti / 2007

Il ne cessait, orgueilleux et secret, de donner à voir et à rassasier.
Chacun de ses gestes était une aventure, une prophétie complice des fantasmes que je sais cultiver.
Devant un miroir sommaire au dessus du vieux coffre, il fixait l’image qu’il savait me donner, l’image d’un berbère de
théâtre où l’éclat de l’argent, à l’ombre de la tente, luisait comme un pavé mouillé.
Moi, repu de ces heures à venir, je fixais tel un chat, la noirceur de ses yeux. Je tentais de rassembler les souvenirs ruisselants de mes nuits solitaires à respirer les parfums de sa couche
offerte pour un séjour compté.
À mon flanc, la blessure d’un geste, à ma bouche,
celle d’un aveu.
Mes paroles intérieures traduisaient le givre rose du sel aux
abords du désert, la caresse du vent parfumé et l’écume de nulle part.
J’attendais.
J’attendais le moment où l’argent à ses bras ne serait qu’un amas
à nos pieds, où la soie sur sa peau, qu’une tache silencieuse et en boule.
Là, la
mise en scène s’arrêterait.
Là, tout commencerait.
Dimanche 9 septembre 2007
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