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Jeudi 12 avril 2007

Le soleil a commencé sa lente descente à l'horizon…
J’étais en train d’élaguer quelques branches quand j'ai vu l’entrée du jardin à l'arrière de la maison et la lumière rasante qui joue avec le vert encore jeune de l’herbe nouvelle ; la lumière qui se faufile entre les bambous et les fleurs du pommier. Je n’ai pas résisté. J’ai posé sécateur et gants pour capturer cet instant.
Je me demande pourquoi je pars si souvent d'ici.


par Michel giliberti publié dans : Réflexion
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Mercredi 4 avril 2007
Il est un peu plus de minuit, c'est la pleine lune .
Je ne sais pas pourquoi, mais dans ce ciel si noir, elle me fait une peine incommensurable... Comment supporter d'être si seule dans l'univers, avec pour toute compagnie quelques bouts de ferraille et le drapeau américain bien raide ?... Brrr! J'en ai froid dans le dos.

par Michel giliberti publié dans : Réflexion
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Jeudi 29 mars 2007
Quand ce tableau fut terminé, je l'ai appelé Horses, pour ne pas identifier d’emblée dans ma langue le malaise crée par le nom de cet animal à l’origine d'une blessure de l' enfance.
Même s’il ne s’agissait pas d'un cheval dans sa réalité, mais d’un simple jouet le représentant, il participa d’une angoisse qui survécut jusque dans le milieu des années 90.
Ce cheval  était métallique et brillant comme de l’argent. Sa selle se soulevait laissant entrevoir l’intérieur de ses flancs. De ce trou béant quatre autres trous, comme des cheminées plongeaient et formaient l'intérieur de ses pattes.
Ce cheval était une tirelire. Il n'avait rien d'un jouet. Il était simplement beau, froid et lourd. Il restait sur le balcon où je l’abandonnais chaque soir après les jeux pour retrouver mon lit.
Un matin, il disparut…
Je le cherchai pendant des jours... et puis, bien des mois après, il réapparut  sur le balcon, toujours aussi brillant, toujours aussi froid, toujours aussi lourd, mais avec les quatre pattes soudées grossiérement…
De là, naquit un des plus invraisemblables mystères pour l'enfant de cinq ans  que j'étais, un enfant en quête de vérité, d’explications de toutes choses, et d’une curiosité insatiable…
Qu’avait donc pu vivre mon si beau cheval pour avoir disparu du jour au lendemain et être revenu,
blessé à jamais, infirme sur le balcon.
« Le vent a dû l’emporter et le vent te l’a ramené ».
Ce fut la seule explication qu’on me donnât…
Je ne m’étalerai pas sur les autres détails de cette énigme qui
me confondit et engagea chez moi, dans ces années-là, un processus de démystification qui s'amplifia et que je transposai bien plus tard, et tant de fois, dans mes peintures où le cheval toujours représenté en victime, en mécanisme ou en combattant, demeure un cheval très singulier.
Plus étonnant fut le jour où ayant à peindre l’ombre projetée d’un homme, elle prit sans que je le veuille la forme d’un cheval. Sur le coup je ne m’en aperçus pas, mais un matin alors que je m’apprêtais à continuer ce tableau, j’ai réalisé cette incroyable transposition de mon chagrin d’antan. J’ai voulu tout d’abord corriger cette ombre et la rendre plus humaine et puis j’ai réfléchi, allant même jusqu'à ajouter une bride pour mieux définir cet animal.
J’appelai ce tableau  « Blessure d’animal » et plus tard un de mes romans où le cheval a une place toute particulière, s’appela « Blessure animale ».

par Michel Giliberti publié dans : Réflexion
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Mardi 27 mars 2007

En 814 av JC, quand les légendes avaient encore du souffle, la reine Didon demanda au roi Syfax, un roi berbère, de lui accorder l'autorisation de fonder un royaume sur ses terres. Celui-ci, quelque peu ironique, accepta, mais à la seule condition que ce royaume ne soit pas plus grand qu’une peau de vache. Didon, en femme intelligente accepta l’offre mais ce que le roi perse ignorait c’est qu’elle allait découper cette peau en fines lanières et s’en servir pour délimiter un périmètre conséquent...
Et ainsi naquit Carthage.

Ségolène arrivera t-elle à découper la peau de Nicolas pour en faire une république et rendre la France présidente ? (c'est bien une peau de vache, Nicolas, non?)
En attendant,
à Carthage, devant quelques vestiges du royaume de la fameuse Didon, voici deux amis tunisiens. L'un est manequin (photo ci-dessus) et l'autre, styliste (photo ci-dessous).
Voilà, c'était juste un goût d'ailleurs et de légendes. Une histoire aux confins de nos vies bien réelles où le marbre n'est pas le matériau des vestiges puniques, mais un simple élement de comparaison avec notre police aussi froide que lui, une police qui n'entend rien à l'humanité, une police qui s'en va rafler un grand-père devant une école devant les yeux des gamins, une police qui frappe et met en garde à vue une directrice d'école !
La France, Madame Monsieur, la France !!! Un royaume!


Mes mains ne tiennent rien
Laissent échapper le sable.
Silices et bris de verre
S’ils ne me blessent plus,
Blessent toujours autant
Blessent toujours dedans
L’enfant damné
De tant d’années.

© Giliberti / 2007


 Extrait de "Verre où" © Giliberti / 2007

par Michel Giliberti publié dans : Réflexion
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Dimanche 25 mars 2007
« La nostalgie n'est plus ce qu'elle était », ce très beau titre qui résume les mémoires de Simone Signoret a toujours eu un effet particulier sur moi. Je le trouve ambigu et comme je n'ai pas lu le livre, je ne sais pas ce qu'il sous-entend, même si j'en conviens dans le fond.
Pour moi, la nostalgie n'est pas négative, elle a bien sûr le goût de mes vingt ans, mais ce goût survit comme un mécanisme rassurant, une énergie renouvelable.
.. Mes années adolescentes ont été partagées avec Chantal.  J'avais fait sa connaissance aux beaux-arts de Toulon, alors que j'avais quinze ans et demi ; cette parenthèse dans cette école qui ne m'a rien appris et que j'ai fuis au plus vite, m'a fait pourtant rencontrer l'amie d'une vie.

Alors, pour elle, pour moi, pour nos amours, juste ces photos qui parleront à nos coeurs qui sont restés si jeunes, si innocents, si... consumables.
Qui pouvait penser que nous ne nous assagirions pas, que nous serions toujours curieux de tout ? de la moindre note de musique au silence des forêts, en passant par le bruit de l'orage et l'enfer des villes.
Dès qu'on se retrouve, nous rétrogradons allégrement ; il nous est impensable de concrétiser notre demi-siècle passé depuis déjà quelques années.
Pour me remettre dans l'ambiance de ces années là, où le sida n'existait pas, (ne pas oublier le sidaction) je voulais la vidéo d'un groupe phare de l'époque : Iron Butterfly et son extraordinaire INAGADADAVIDA (que j'installais en fin de soirée quand j'étais DJ dans une boîte branchée de  Toulon), mais le clip dure 17 minutes... Ensuite j'ai pensé à LET MY FIRE, des Doors, puis  NIGHTS IN WHITE SATIN des Moddy blues ou SYMPATHIE FOR THE DEVIL des Rollings Stones.
Finallement j'ai choisi ELOISE de Barry Ryan (dont il faut faire abstraction du blouson, de la ceinture et de la coiffure) Reste la voix, la gueule, et la chanson... reste cette musicale nostalgie.

par Michel Giliberti publié dans : Réflexion
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Dimanche 11 mars 2007


Au-delà du chaos ambiant et des remous actuels de la société, j'ai envie d'imaginer une oralité des choses et des gens où chaque mot élargirait mon horizon, ou chaque phrase scellerait mon rêve à la réalité.
J'ai encore beaucoup d'espoirs, beaucoup d'attentes.
J'ai encore beaucoup à voler, beaucoup à rendre.
J'ai encore, à l'encontre de mes idées rationnelles, des prophéties qui illuminent mes matins.
Et dans ces moments là, mes ruptures d'avec l'ordinaire me fascinent.
Me battre avec l'inconnu, mesurer ma structure mentale pour mieux l'utiliser et vandaliser le sort qu'il m'appartient de déjouer, me donne des ailes.
Oui, dans ces moments difficiles, j'ai toujours su puiser assez d'imaginaire pour retrouver l'énergie qui tente de m'échapper ; j'ai toujours su renouer avec les forces vives que la vie voudrait détruire.
Mais rien ne captera mon courage, rien ne l'empêchera de vaincre.
Je t'ai écris un jour...

" Je t'aime au centre des délices
  Je t'aime à l'angle de la mort ".



par Michel Giliberti publié dans : Réflexion
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Samedi 3 mars 2007
Quand on connaît Sarkozy, son machiavélisme et le gouvernement auquel il appartient, on est en droit de se demander si la consigne imposée aux maires de ne pas donner leurs signatures à Le Pen n’a pas comme simple but de récupérer, dès le premier tour, les voix des électeurs du FN (13 % environ)… moyennant quelques arrangements entre la droite fasciste et la droite libérale, ce qui ferait de Le Pen un martyr et de la droite « traditionnelle » un grand mouvement de rassemblement « populaire » ! et pourquoi pas dans le pire des cas, pour les démocrates, de Sarkosy l'élu au premier tour !
Quant à Bayrou que la simplicité bon enfant rend plutôt sympathique jusqu’à présent, il a brusquement tendance, aux vues des derniers sondages, à pérorer quelque peu et à avoir un discours de donneur de leçons. Bâtir, comme il le fait, une campagne en ne promettant rien, c’est un peu préoccupant pour le changement ! Il ne faut pas oublier qu’il se présente comme le candidat du renouveau alors que nous avons déjà eu Giscard qui, si je ne me trompe, était bien à l’UDF, non ?

De tout façon, c'est le week-end, on va quand même pas se prendre la tête avec Sarko et Bayrou... Allez, hop, en Tunisie, au bord des Ports Puniques, avec les enfants et le soleil! C'est mon émigration choisie.

© giliberti / 2007
© Giliberti / 2007
© Giliberti / 2007

par Giliberti publié dans : Réflexion
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Samedi 24 février 2007
Sarkozy qui se baladait quasi incognito dans une cité a fait un discours digne de ses idées rétrogrades, et il m’a fait bondir quand il a déclaré qu’il fallait plus de fermeté en matière d’autorité et d’éducation pour « effacer l’effet néfaste de 68 ».
Je trouve cette affirmation gratuite d’une médiocrité désespérante, d’un populisme incroyable, bref d’une petitesse absolue pour un présidentiable.
Que vient faire mai 68, dans une société aujourd’hui ravagée par le chômage et le manque d’idéologie ?
Que vient faire mai 68 dans une société bouffée et sacrifiée au nom des marchés et de la croissance ?
Que vient faire mai 68 dans une société qui ne parvient pas à faire de la mondialisation une aventure humaine ?
Que vient faire mai 68 dans une société ravagée par le sida, la pollution, la précarité, et les injustices de plus en plus flagrantes entre les nantis et les pauvres ?
Que vient faire mai 68 dans une société où, même quand on travaille, on ne peut pas se loger tant les prix des loyers sont élevés ?
Sarkosy se référera-t-il bientôt à la prise de la Bastille ? à la bataille d’Alésia ? La guerre de cent ans aurait-elle pourri les mentalités ?
Quand je pense que les Français et les Allemands ont réussi à s’entendre après la Seconde Guerre mondiale, que le mur de Berlin est tombé et que là… dans ce chaos de début de siècle, Sarkozy pleure sur les conséquences de mai 68, j’ai envie de hurler.
Petit homme décidément, petite mémoire et petite imagination de celui qui oublie que la plupart des grands hommes d’aujourd’hui (artistes, patrons, politiques, aventuriers, scientifiques, penseurs, chercheurs, philosophes) sont des enfants de 68.
Le laxisme qui abîme notre jeunesse prend ses racines dans l’image insolente de la réussite et de l’argent facile, de l’attraction inimaginable que la télé exerce sur des esprits encore malléables en leur faisant croire que pour réussir dans la vie, il n’y a qu’une alternative : le foot ou la Star Ac.
Mais que vient faire Sarkozy en 2007 ?

par Michel Giliberti publié dans : Réflexion
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Lundi 19 février 2007

Dans la poussière de ces années difficiles et pourtant exaltantes, j’aime à imaginer que nous sommes autre chose que des individus dépourvus de temps, de ce temps que nous avons inventé dès que nous sûmes l’estimer, de ce temps qui, aujourd’hui, nous incite à nous battre contre lui et à nous transformer en petits robots.
Avec les poètes, je veux penser que là-bas ou ici, devant ou derrière, existe encore un souffle de clairvoyance, une onde magnifique sur l’infini de nos erreurs, une respiration possible, un arrachement à la surdité et à la cécité ambiantes, une curiosité originelle.
La mondialisation qui devrait encourager la fraternité ne se réfère, hélas, qu’aux marchés et à la croissance.
L’occident fait les yeux doux à la Chine, à ses buildings qui poussent comme des champignons, à sa main-d’oeuvre bon marché, à ses travailleurs qui travaillent « eux » 70h par semaine (un rêve sarkosien).
Je ne sais pas si la croissance est la panacée, je suis bien trop novice en la matière, mais cette uniformisation des lieus et des gens est-elle nécessaire à l’humanité ?
Cela nous fera-t-il plus respecter l’autre dès lors qu’on aura voulu gommer sa différence au nom du profit et de la croissance ?
J’ai vu un reportage sur la Mauritanie, qui, satisfaite d’avoir découvert de belles ressources de pétrole, compte bien vivre du tourisme en installant une multitude d’hôtels sur ses rivages encore vierges de zones touristiques...
Ainsi, la Tunisie, que je connais bien, s’est trouvé défigurée en moins de vingt ans par des hôtels démesurés, des autoroutes (vides), des infrastructures gigantesques balayant les forêts, les paysages côtiers et faisant disparaître une multitude d’espèces animales et végétales.
Si parcellaire soit-elle, j’espère que notre conscience pourra encore s’étonner et se distraire d’un rivage sans hôtel et d’un pécheur sur sa barque.
Peut-il y avoir un progrès responsable qui laisserait à chaque pays son identité ?
Que seront nos voyages si nous devons ne rencontrer que les mêmes dortoirs, manger la même merde et voir ce qu’on nous dit de voir ?
Les lieux authentiques existeront encore, mais ils ne seront plus que des réserves pour milliardaires en mal d’aventure... les derniers « Nicolas Hulot » et "Arthus Bertrand" de la Terre.


Alors que les rites et les racines devraient rester inscrits dans chaque nouveauté, comme une signature qui perpétuerait les origines et nous ferait savourer toutes les différences, on veut nous imposer une vision unique comme on nous a imposé un Dieu unique.
Et, si ce Dieu percute encore l’imaginaire de bien d’entre nous, lui qui, comme le temps, comme l’argent, comme le pouvoir, fut inventé par nous, que cette passion stérile ne nous égare pas.
Après tout, nous, nous sommes certainement Dieu et cette simple appartenance devrait nous rappeler que nous avons le devoir de préserver ce que le hasard, ou la chance, nous a légué : notre futur, plutôt que de nous abrutir de tout ce qu’il y a de plus facile, dans ce complot des affairismes et des égoïsmes qui nous assujettissent.
Notre conscience devrait nous rappeler, comme dans certaines tribus, l’oralité de nos années préparatoires pour devenir les hommes d’aujourd’hui et nous apprendre à mieux nous regarder, pour éviter que dans un monde futur sans surprise, grandisse notre solitude... et je pense au tableau d'Edward Munch "Le Cri" qui n'est jamais qu'une métaphore de la solitude de l'homme moderne.


Rêvons...


© F Giliberti / Halkidiki / Grèce

Je veux être ignorant
Et apprendre avec toi
Je veux être lavé
Et me salir de toi
Je veux être l’esclave
Et régner dans tes yeux
Je veux l’eau puis la terre
Et me taire dans ce lot.
© Giliberti / 2007
 

par Michel Giliberti publié dans : Réflexion
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Samedi 20 janvier 2007
 Quand l'ennemi avance, nous reculons ;
Quand l'ennemi recule, nous avançons ;
Quand l'ennemi s'enfuit, nous le pourchassons.
                                                                                      Mao Tsé-Toung


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par Michel Giliberti publié dans : Réflexion
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