Mercredi 14 novembre 2007

« Pris en otage !!! »
Ça y est… La harangue est lancée.
À chaque grève, ce slogan d’une bêtise sans nom se répand aussi vite qu’une marée noire sur nos écrans et dans nos radios.

Pourquoi certains travailleurs se sentent-ils « pris en otage » deux ou trois fois par an par d'autres travailleurs, alors qu'ils le sont à longueur d'année par les crédits (qui ruinent les familles), les téléphones portables, les ordinateurs, les pubs, les émissions nulles à chier (excusez l’expression), les lobbies de tout poil, la malbouffe, l’intoxication télévisuelle sur des sujets aussi fondamentaux que « maigrir avant l’été »,
« comment rester jeune ? » « comment nourrir son chien ? » et tant et tant d’autres manipulations qui font de nous des otages permanents !
Et qu’on ne me parle pas des privilèges de ceux qui travaillent à la SNCF, des fonctionnaires, des enseignants, des infirmières, des étudiants, des retraités, etc. (tous ceux qui font que notre pays existe), alors que les vrais privilèges sont ailleurs...
Il est un peu trop facile de diviser pour règner, comme le faisait Louis XIV, et ensuite de faire intervenir la police et l’armée pour faire taire les revendications des peuples au nom d’une pensée politique prétenduement juste.
L'instauration de la sécurité tous azimuts ( le recours massif aux caméras de surveillance, aux milices armées, aux vigiles, etc.) a déjà signé la fin de tous les possibles...
Ce n'est plus la justice qu'on nous propose comme modèle de société, mais la soumission...
Et la soumission, c'est bien elle qui fait de nous des otages !

par Michel giliberti publié dans : Société
Mardi 13 novembre 2007

Emmanuel-de-profil-.jpg
Un air de guitare en soirée, quand dehors le vent s’amuse à vous faire peur.
Vous êtes là, derrière lui, près de la cheminée, un alcool fort entre les mains, à l'écouter.
Le feu incendie sa peau, trop de chaleur.
Les quelques notes de gris métal s'arrêtent sur un accord, et la guitare se tait, posée contre le mur.
Son pull glisse à terre et puis le reste...
Et puis... sa peau !

Emmanuel-profil4.jpg
Et il se tourne enfin dans la lumière des flammes.
Vous le contemplez au coeur des ombres vives et rousses comme cette nuit d'automne qui vient et puis s’installe.
Demain les labours reprendront et avec eux la valse des étourneaux comme des taches d'encre dans un ciel de buvard.
Vous serrez davantage votre verre entre les doigts ;  la gorge sèche, vous vous dites : « Et maintenant ? »


par Michel Giliberti publié dans : Photos et poésie.
Lundi 12 novembre 2007

lumiere.jpg
Jusqu’à tard dans la nuit
j’abreuvais tes attentes et parais mes révoltes de la nacre de tes yeux.

Jusqu’à tard dans la nuit

j’espérais un seul mot sur tes lèvres d’arsenic qui me faisaient périr.

Jusqu’à tard dans la nuit

je parfumais ma peau des odeurs de la tienne qui parlaient à mes sens.

Jusqu’à tard dans la nuit

je restais en éveil, gardien de ton sommeil, à attendre ta rosée.

© Giliberti / 2007

par Michel Giliberti publié dans : Photos et poésie.
Dimanche 11 novembre 2007

bleus-d-attente.jpg
E
t s’il fallait courir, plutôt que marcher.
Et s’il fallait se perdre plutôt que de se trouver.
Il y aurait peut-être le rêve franchi, le rêve à soi, enfin comme une capture, une soif de se dépasser.
Les chemins pénètrent les forêts et nous les suivons avec entrain. J’aimerais entrer dans l’obscure de mes vœux avec le même zèle puis, au bout des dents le brun d’herbe ou la fleur nécessaire à l’image.
Et courir, me ravir, m’épanouir et…
Souffler, m’épuiser, m’allonger sous un arbre et…
L’ouvrage de toute une vie tient à ces petits points, ces accrocs et ces mailles que l'on tend.
Un écart dans l’ordre des choses pour sourire au désordre.
Dire non au sevrage imposé qui nous lie pieds et poings et nous rend sans saveur.
S’égarer, mes frères… s’égarer ! Nul besoin de GPS dans le bleu de nos si courtes existences.

par Michel giliberti publié dans : Poésie et société
Samedi 10 novembre 2007
Déjà que j’étais préoccupé par des problèmes personnels ces derniers jours, j’ai dû subir en plus les roucoulades de Sarkozy devant Bush, puisant la substance populiste qui lui permet de jouir de ses propos dans les billets imbéciles de son scribe bouffon, Henri Guenaud, « l’Attaché à ses basques ».
La « danse des épaules » qu’il effectuait alors qu’il louait la « culture américaine » rappelait un peu celle des Amérindiens massacrés lors de la conquête de l’Ouest, à la différence que ces malheureuses victimes de la supériorité du « blanc » dansaient pour faire pleuvoir, eux ! – et certainement pas des bombes atomiques sur les déjà terroristes japonais, et un peu plus tard sur tous les autres terroristes de la terre.
Mais il n’est pas surprenant qu’il se fasse le chantre du massacre au nom de « l’histoire de la civilisation » auprès de ses « amis » américains dès lors que dans son discours de Dakar il s’est encore appuyé sur Guenaud « l’idéologue fasciste » pour dire : « Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire » et que « jamais il ne s'élance vers l'avenir ».
Pas étonnant non plus qu’il ait, durant sa campagne, critiqué « mai 68 », l’évènement qui allait contre l’ordre établi ; j’en arrive à me demander si ce qui l’énervait le plus dans cette période n’était pas en réalité le côté festif et rassembleur (quelqu’un avait dit : « joyeux »).
Oui… Peut-être que la foule en liesse, la joie et les autres manifestations du bonheur partagé ne peuvent pas plaire à Sarkozy, quand elles ne lui sont pas destinées. Il veut sans doute être le seul à occuper nos esprits avec ses boutades... le seul à jouer l’enfant-roi !
Hier je me baladais dans Paris, et à part quelques gamins encore innocents des manœuvres crapuleuses du monde libéral, je peux bien dire que la plupart des gens faisaient la gueule…
Une bonne révolution joyeuse, c’est ça qu’il nous faut ! car c’est le rire qui nous manque le plus dans cette société où la vulgarité , les insanités, l’argent, le voyeurisme et le cul occupent les esprits. Même dans la littérature corrompue (voir le dernier Goncourt) seules les biographies des stars ou des princesses font vendre (et quand je dis stars, je peux ajouter putes, animateurs, voleurs, etc.)
Mais l’avenir est sauf mes amis, car bientôt on nous collera une caméra sur le front et un GPS dans le cul pour être certain d’être repéré partout où nous irons ! Encore mieux que toutes les caméras supplémentaires que veut installer l’épouvantail rigide, agaçant et insipide… comment s’appelle-t-il déjà ? ah oui... l’Aliot Marie !
« Je suis pour un véritable État policier qui vous dise de faire là où il faut que vous fassiez, un véritable État policier où tous les coups sont permis, un véritable État policier qui protège l’ordre moral, la richesse et le travail des pauvres. »
Oui ! voilà le véritable discours que devrait transmettre « le porte-parole » de Guenaud plutôt que d’évoquer « l’intérêt, la sécurité des Français et la lutte contre le terrorisme » à l’instar de ses amis américains !

Vendredi 9 novembre 2007

Les-demeures-opiacees.jpg

  O
piacées, si opaques...
Les demeures d’épices
Où tu passes tes nuits
Ne te protègent en rien
Elles consacrent tes rêves
Et enferment les miens
À l’écart du soleil
Aux écarts de midi
Dans ces mauves instants
Qui te clouent à ta couche
Ton regard est en deuil
Sous tes paupières en larmes
Il emporte avec lui
Mes si vastes secrets
Tes sourires de jadis
Et tout autant mes rires
Ces voyages Immobiles
Où tes ailes sont de bois
Ne t’apportent jamais
Que l’écume à tes lèvres
Opiacées, si opaques...


© Giliberti / 2007


par Michel giliberti publié dans : Peinture et Poésie
Jeudi 8 novembre 2007

Fantome-d-amour.jpg
U
n p’tit coin de paradis qui prend l’eau, c’est pas grave.
Le soleil reviendra et avec lui, les rires.
Les impasses ouvrent souvent sur des boulevards… Alors, j’attends. J’attends le sommeil tranquille, les réveils moins frileux.

J’attends la main sure et le geste de bronze.
J’attends tout d’un futur incertain pour qu’il m’ouvre les portes d’un présent éternel.
J’ai des souvenirs de pierre, tant ils sont su construire ; ce n’est pas l’éboulis d’aujourd’hui qui va tout emporter…
Le jardin s’éternise en automne d’un sommeil bien pesant. Alors, faisons comme lui, mon amour, couchons-nous quelques mois pour renaître au printemps et s’il le faut, couchons-nous pour toujours.

J’ai ta main sur la mienne, ton souffle près du mien, ça vaut tous les voyages…

par Michel giliberti publié dans : Michel Giliberti
Mercredi 7 novembre 2007

Renaissance.jpg
Quand dans un ciel rouge sang, la nuit vient  surprendre le jour de son bâillon funèbre, je voudrais arracher tout ce qui est en moi, tout ce qui est sur moi et gueuler, fenêtres grandes ouvertes, ma haine devant la sécheresse, la cruauté, l’enfermement de notre monde nouveau qui se meurt de ne plus savoir vivre.
Incendiés de rumeurs, de clameurs et d’horreur, abreuvés de potins, caquetages et autres médisances, nous gardons bien nos masques et perpétuons l’indécent carnaval… Mais alors que nos corps s’endurcissent de l’odieux, ne se pourrait-il pas qu’un souffle d’air frais, sous la charge de notre inconscience, balaie ces habitudes stériles et ravive les courages.
La fin des masques ?
C’est quand ?

par Michel giliberti publié dans : Société
Mardi 6 novembre 2007

Ariabala-1.jpg
Emmanuel, Jérôme, Franck…Tous les trois étaient là.
Tous les trois pour ce grand tableau assez hermétique qui m’imposa spontanement un titre... 
« Ariabala » .
Je ne sais pas ce que ça veut dire et j'ignore toujours pourquoi ce titre m'est venu à l'esprit.
J’ai fait pas mal de recherches autour de ce nom, ou de ce prénom, mais rien… Rien ne m’a jamais vraiment éclairé, rien ne m'a satisfait.
« Ariabala » cependant, apparaît dans un forum
« persan » en tant que pseudo d’un chatteur.
Faut-il faire un lien direct avec la Perse ?
Est-ce un Iranien inspiré par le titre de ce tableau ?
Mystère...


par Michel giliberti publié dans : Peintures
Lundi 5 novembre 2007

En-verre-et-contre-soi.jpg
Comme un éclat de verre
Transparent et fragile
Je suis là immobile
À traîner sur tes terres.
Comme au coeur d'une guerre
Quand s’installe le désordre
Je ne sais plus que mordre
Dans ton ciel qui m’atterre.

Comme un éclat de verre
 À l’encontre de mes veines...

© Giliberti / 2007


par Michel giliberti publié dans : Peinture et Poésie

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