Jebel Rassas (la montagne de plomb) la
montagne de mon enfance.
Depuis toujours elle me fascine. Lorsque je suis sur la route d’Hammamet, elle s’approche de moi lentement, comme un gros reptile… Enfin, elle occupe tout l’espace, le temps d’une brève
rencontre, car elle n’est pas très grande ; pourtant, une fois dépassée, sa présence reste là, comme un passager sur la banquette arrière de ma voiture.
J’ai toujours voulu atteindre son sommet et pourtant, je ne l’ai jamais fait. Un jour certainement…
Il est vrai que mes rêves d’oiseau ont toujours ralenti mes escapades de marcheur… et mon envol se contente du rêve.
Jebel Rassas, la montagne de plomb… C’est moi qui pèse des tonnes.
Mes ailes si souvent ouvertes ne m’emportent jamais aussi loin que je le voudrais et pourtant je reste
perché comme cet oiseau rencontré au sommet d’une ruine de Dougga…
Comme lui, je suis un sombre et
lointain spectateur des pourpres envies terriennes et mon bec ne s’ouvre que sur quelques sifflements matinaux et sur les baies de sureau que sont les yeux de la Tunisie.
Des yeux que j'aime tant...
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Jeudi 16 avril 2009
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08:00
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Mulet, âne, cheval… Ces trois-là sont de tous les paysages tunisiens.
Moi qui commande aujourd’hui tel ou tel objet sur le net avec ma carte bleue, je ne peux pas oublier mon enfance quand les livraisons de pétrole, de lait et de pains de glace se faisaient elles
aussi à domicile, mais grâce à ces braves mulets, ces ânes aux yeux si beaux et ces chevaux courageux… ça me rend un peu nostalgique.
Je ne peux compter le nombre de fois où je prenais la calèche avec maman. Nous allions en dehors de la ville, au marché, à la plage ou au cimetière… Je raffolais surtout de ces jours où
nous nous rendions au cimetière, car celui-ci se trouvait en bordure d’une route sablonneuse, ombragée d’eucalyptus aux troncs badigeonnés de chaux. Au fond de la calèche, bien callé entre ma
mère et ma grand-mère, à respirer l’air chaud et embaumé du matin, j'avais en mire le cocher enturbanné de rouge, parfois de vert, le cou puissant de son cheval qui trottait crinière au vent et
les pompons multicolores qui s’agitaient autour de ses œillères. Le bruit de ses sabots était rassurant ; un fond sonore et rythmé sur les propos échangés sans interruption entre maman et
mémé.
Alors, pour toutes ces choses et plus encore voici quelques simples portraits de ces animaux adorables.
Un mulet à l'ombre d'un eucalyptus, sur la route du Kef...
Comme il me regardait, je me suis approché...
présentations...
"Vous êtes né ici, vous aussi ! tiens tiens... weld di bled
"
Qui va doucement ménage sa monture...
Un gourmand qui m'ignorait...
Un cheval coquet comme tous ceux qui tirent des calèches. Celui-ci frimait à Matmata...
L'âne docile et très attentif d'un enfant...
Un autre curieux qui ne me lâchait pas des yeux...
L'âne d'un berger à Béja...
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Mercredi 1 avril 2009
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08:20
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Dans la cohue d’un samedi matin
bizertin, je tentais, il y a quelque temps, de repérer un magasin de matériel photographique. Sur mon visage devait se lire mes hésitations puisqu’un jeune homme me demanda s’il pouvait me rendre
service.
Je lui fis part de ma recherche et il s’empressa de m’accompagner jusqu’à un photographe qu’il
connaissait.
Par la suite, je pris avec lui un café sur le vieux port…
Le vieux port de Bizerte est un endroit absolument ravissant et très authentique. Le temps était lumineux. Les bruits et les odeurs du marché à deux pas ajoutaient à l’ambiance
chaleureuse.
Sofiane, puisque c’est le nom de mon
guide improvisé, me proposa d’aller me balader avec lui sur la plage, ce que je fis. Nous passâmes l’après-midi à bavarder de tout et de rien, de nos difficultés respectives autant que de nos
bonheurs.
Au terme de notre journée, il insista pour que je vienne
manger chez lui et fasse la connaissance de sa famille. Je n’avais rien prévu de particulier. J’acceptais.
C’est ainsi qu’en soirée, à dix kilomètres de Bizerte environ, je découvris un petit hameau dont je ne me souviens plus du nom. Au centre d’une grande maison toute simple et pratiquement dépourvue
de meubles, ses parents se tenaient assis par terre en train de s’amuser avec une petite fille (la dernière des sœurs de Sofiane, je l’appris plus tard). Ils m’accueillirent comme si j’étais un
vieil ami. On déroula de grands tapis et peu de temps après nous mangions à même le sol un couscous royal…
Après le repas, Sofiane m’entraîna faire le tour du petit village et me présenta à tous ceux qui, comme
nous, prenaient le frais après la forte chaleur de la journée.
Je rencontrai un monde fou, de l’épicier jusqu’au loueur de vidéos en passant par le
boulanger et le marchand de beignets, sans compter une horde de gamins qui nous suivaient. Tous les commerçants restaient ouverts dans la seule lumière de leur échoppe tandis que la rue
principale était absolument plongée dans l’obscurité.
Au milieu d’une cinquantaine d’inconnus d’une gentillesse difficilement imaginable, je
restai ainsi, jusqu’à plus de minuit, à parler, à rire, à grignoter tout ce que chacun m’offrait.
Enfin, je repartis en promettant d’envoyer à Sofiane, toutes les photos que j’avais prises
au cours de cette soirée, ce que je fis deux mois plus tard.
De telles veillées, il m’est difficile de les compter tant il m’a été donné d’en vivre ;
souvent, lorsque j’ai un petit coup de blues, elles réveillent mes heures…
Sofiane sur la plage de bizerte... Un souvenir charmant et amical.
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Mercredi 25 mars 2009
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06:45
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Le temps a sa version des souvenirs, le mien aime
les embellir… voici, une fois encore, quelques sourires, rires, regards, visages d'amitié et autres miettes tunisiennes qui font le festin de mes yeux… sans jamais provoquer la moindre somnolence.
Deux sourires dans une oasis de Tozeur..
Un autre dans celle de Douz...
L'Amie...
La vieille route qui mène à ma ville natale Menzel Bourguiba... et ses
surprises...
Moez, je ne le présente plus...
Medhi, pas davantage...
Une adorable peluche découverte aux ports puniques...
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Jeudi 12 mars 2009
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06:27
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Pas loin de Bizerte se trouvent les ruines
d’Utique…
Peu de touristes visitent ce site pourtant antérieur à Carthage… Un site où les vestiges puniques côtoient ceux de la
Rome antique. Il faut avouer que rien n’est vraiment fait pour vous y inciter. Il reste des dizaines d’hectares à fouiller et pour l’heure, on peut admirer une belle nécropole, quelques salles
romaines, des édifices et surtout des mosaïques, des parterres qui donnent une idée de la beauté première de ces lieux. Un petit musée rassemble l’essentiel des pièces exhumées sur place, statues
romaines, bijoux, pièces de monnaies, etc…
Dès que vous arrivez, un sympathique gardien s’empresse de vous accompagner tout au long de votre promenade et
entre deux anecdotes sur le site, il asperge d’eau les mosaïques un peu poussiéreuses qui recouvrent aussitôt leurs splendides couleurs d’antan. Plus tard, il vous ouvrira une sorte de petit bunker à deux pas de la nécropole où le squelette d’une jeune fille qui date du
quatrième siècle avant JC repose en paix. Comme il s’ennuie un peu, si vous avez le temps, parlez avec lui, longtemps, comme je le fis. C’est toujours enrichissant.
Ces lieux si calmes, si éloignés de tout, donnent la sensation d’être un peu hors du temps. L’intériorité vous sollicite et ouvre une
pause dans les inquiétudes ordinaires. L’air est embaumé des conifères, des figuiers et des palmiers. Des fleurs ornent la plupart des vestiges et comme il n’y a pas grand monde, vous n’avez
aucune peine à tout considérer, tout absorber de cet étrange silence au milieu des ruines où de jeunes arbres commencent à s'élancer entre les plus anciens et où quelques Tunisiens qui
travaillent dans les champs voisins sont toujours près à prendre le temps de vous saluer et de vous sourire.
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Dimanche 8 mars 2009
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08:23
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Je suis celui qui écoute…
Je suis celui qui regarde…
Mes longues heures en compagnie de Mehdi ont été souvent le
centre de mes considérations.
Ses yeux dorés et tristes faisaient grand bruit de ses angoisses.
Que ce soit dans la Médina, au fond des cafés obscurs, ou dans les criques, sous le soleil, je ressentais une langueur plomber ses mots, ses gestes.
Toutefois, en soirée, quand nous accordions nos dissidences et qu’avant de partir il me remerciait d’un sourire aussi beau que ses yeux, je savais que la nuit serait belle... belle pour lui,
belle pour moi et que sur la terrasse éclairée de la douce lumière des photophores, la musique soufi bercerait mes heures tunisiennes.
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Mardi 3 mars 2009
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07:33
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8
Matmata.
J’étais dans ma voiture.
Je me reposais quelques instants d’un long périple quand ce petit garçon perdu dans ses rêves sous une chaleur accablante attira mon attention.
Son immobilité m’étonnait.
À quoi pouvait-il penser ?
Je n’ai pas résisté à l'envie de prendre cette photo qui fait partie de mes préférées ; j'aime sa simplicité, sa vérité.
Je suis toujours fasciné par cette capacité toute tunisienne d'attendre quelque chose ou quelqu'un pendant des heures.
Y avait-il des rancoeurs dans ce refus de bouger ?
Y avait-il des chants étouffés ? Je ne le saurai jamais, mais je garde la trace de ces instants sensibles où mon regard se perdit dans une autre dimension.
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Dimanche 1 mars 2009
7
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11:40
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9
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