Qui de nous n’a pas reçu un jour des offres d’abonnements de la part de journaux aussi sérieux que Télérama ou Le nouvel Observateur pour ne citer qu’eux ?
Afin de vous tenter de les accepter, ces hebdos vous proposent des montres, des caméras vidéo, des lecteurs de DVD et quand on a fini de lire la liste déjà incroyable des cadeaux, on s’aperçoit que ce n’est pas tout : si vous répondez à l’offre avant une certaine date, une pluie de petites étrennes supplémentaires se bousculent encore à l’horizon…
Eh bien en ce moment, Chirac, c’est exactement la même chose… Prêt à tout offrir pour un dernier abonnement de cinq ans.
Et tout de suite, sans abonnement, je vous offre le soleil, la mer, les barques du vieux port de Bizerte et le sourire des enfants de Tunisie…
© Giliberti / 2007
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La vie à crédit...
En ce moment à la télé il y a une pub qui montre un homme avec une tête en forme de porte-monnaie parce qu’il a un crédit Sofinco…
Après « L’homme à la tête de choux », album génial de Gainsbourg, on régresse…
Une tête de porte-monnaie… N’importe quoi ! Je préfère encore une tête de nœud !
Quelle misère!
par Michel Giliberti
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Et d’inventer un Dieu
Nous fut bien plus facile
Que de croire en nous-mêmes, si fragiles…
© Giliberti 2007

Samedi dernier, j’ai écouté sur France Inter le témoignage d’un jeune homme qui avait passé 23 ans de sa vie avec les témoins de Jéhovah.
Il parlait de ces années perdues où il avait été instrumentalisé par les membres de cette secte, de l’édification de sa culpabilité dès qu’il manifestait le désir de s’ouvrir à de nouvelles amitiés, de son impossible détachement du groupe pour qui les autres étaient le mal, le diable et enfin du prosélytisme permanent qu’il devait déployer autour de lui.
Ce jeune homme, libéré de cette tyrannie depuis seulement trois ans, racontait avec douceur et ravissement combien il lui était agréable désormais de sortir, rire, fréquenter qui il voulait sans être accusé de commettre un pêché mortel, sans se sentir coupable à cause d'un système qui ne lui imposait qu'une vision disciplinaire de la vie.
Son bonheur nouveau me donnait à penser au mien quand un matin, je décidai de ne plus croire en Dieu.
par Michel Giliberti
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Dimanche 31 décembre 2006
Voilà… 2006 est arrivé à son terme.
Notre histoire de « gens » va pourtant continuer avec ses actions, avec ses choix.
Tous ensemble, relayeurs de mots et de gestes, tous ensemble, à fuir nos doutes et à croire en des lendemains qui chantent ; nous aurons de radieuses grandeurs et bien sûr d’obscures lâchetés. Nous aurons nos frayeurs nouvelles à l’annonce d’un orage violent en hiver et aux moindres degrés de trop en été, maintenant que nous savons notre planète malade. Elle se réchauffe, se refroidit… Bref, toutes les métaphores pour excuser nos seules erreurs.
Ce ne doit pas être si grave dans le fond puisque dernièrement à la télé, un humoriste demandait à toute l’équipe de son émission qu’elle était la particularité du dauphin qu’on voyait à l’écran.
– Voyons… a-t-il une nageoire en trop ? demanda l’un des animateurs.
– Non ! répondit le meneur de jeu.
– A-t-il échoué sur une plage ?
– Non plus!
– A-t-il sauvé quelqu’un ?
– Pas du tout !
….
La réponse tomba dans le fou rire général !
– Ce dauphin est un dauphin de Chine et sa particularité… c’est qu’il vient définitivement de disparaître de la planète.
À vous de choisir, de l’ouverture ou de la fermeture, de l’errance ou des chemins balisés, de l’ordre ou du chaos… Tout est dans la profondeur du gouffre au bord duquel nous nous penchons et de l’ivresse qu’il nous procure.
Bonne année, les amis.
par Michel Giliberti
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Dimanche 26 novembre 2006
Samedi après-midi, à Paris, j’étais assis à la terrasse d’un café dans le sixième, à quelques mètres de la galerie où mes toiles sont exposées. J’avais rendez-vous avec Hamid, mon galeriste et j’étais un peu en avance.
Perdu dans mes pensées, je regardais la foule déambuler au carrefour de la rue Mazarine, de la rue St André des Arts et de celle de Bussy.
Je pensais à mon arrivée à Paris en 1968. Il était 3 heures du matin. J’avais fait du stop toute la journée depuis Toulon, et voilà… Sous une pluie fine, on me livrait comme un paquet au pied du lion de Denfert-Rochereau. Dès le lendemain, Saint-Germain me happa.
Je me revoyais dans ce quartier, à dix-huit ans.
Il y traînait encore le parfum sulfureux de mai… Des slogans d’étudiants se lisaient sur les murs et des pavés en petits tas trônaient toujours sur les trottoirs. Je crois même qu’il y avait une carcasse de voiture calcinée vers la Sorbonne.Tout m’éblouissait, tout m’enthousiasmait. Je n’avais pas un rond en poche, mais des rêves plein la tête.Saint-Germain devint très vite mon quartier favori. J’y traînais avec ma guitare et je faisais la manche de temps à autre en poussant la chanson dans des restaurants ou devant les cinémas où les files des spectateurs attendaient de rentrer. On y sentait encore ce petit air existentialiste qui avait tant imprégné le 6 ème à l’époque de Sartre, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Boris Vian et tant d’autres. Que de fois j’ai crevé de faim et que de fois je suis parvenu à me rassasier d’autre chose que de « bouffe ». Je parvenais à lire de-ci de-là, à rencontrer des gens intéressants… Bref, je me suis fait, comme on dit.Oui, samedi après-midi, à Saint-Germain, je regardais ce carrefour, mais avec le ventre apaisé, cette fois-ci… Il m’est difficile d’expliquer ce que je ressentais, car, à tant avoir eu faim et tant avoir eu froid dans ces lieux, j’en ai gardé les stigmates… Il suffit d’un courant d’air, d’une pluie fine et glaciale ou d’un vent inattendu pour que je panique. Je crois toujours que je n’ai pas où dormir, pas à manger… Chaque fois c’est pareil. Il me faut plus d’une demi-heure pour me calmer et me dire que c’est fini, que je n’ai pas de problème, que le temps d’arriver chez moi, je retrouverai la chaleur et le confort. Oui, samedi après midi, je regardais ce quartier et je prenais la mesure du temps qui passe avec douceur, mais aussi avec une certaine usure dans le cœur, une amertume, et un peu de détachement des choses de la vie. Et dire qu’à l’époque, j’aurais tout donné pour boire en toute tranquillité un pot dans un de ces bars et mon rêve absolu était d’habiter la rue de Bucy… Je n’y suis jamais parvenu et pourtant, savoir que je suis exposé rue Mazarine en permanence, à deux pas du marché de Bucy me donne parfois l’impression que tout compte fait, j’y suis un peu installé. Alors, je me suis attaché à cette dernière pensée pour avoir le courage de payer ma consommation, me lever et me diriger vers la galerie en évitant d’être bousculé par une bande de jeunes qui n’avaient ni froid, ni faim et qui ne m’ont pas vu. Saint-Germain est si bourgeois désormais…J’en entendis un, le portable collé à l’oreille, dire : « Putain, j’m’fais iech… grave. En fait, demain je pars à Honfleur avec ma reum… Grave, j’te dis pas ! Je kiffe pas son mec ».J’ai souri et ça m’a remonté le moral…
Allez ! j’avais encore quelques belles années de jeunesse devant moi à ne pas me faire chier grave... et à me passionner de tout.
par Michel Giliberti
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Mercredi 22 novembre 2006
J'ai entendu, sur France Inter, qu'il y aurait bientôt sur nos écrans de nouveaux spots publicitaires traitant de la violence des hommes envers les femmes et surtout de la conséquence qu'elle engendre sur les enfants qui en sont témoins. Ces messages sont si choquants, paraît-il, qu'ils seront diffusés après 22 h 30.
On y verra, entre autres, une femme qui après avoir maladroitement cassé une assiette, réveille ainsi la colère de son mari qui la saisit par les cheveux, la fait tomber à terre, et la frappe devant les yeux de leur petit garçon. Puis le père s'en va et là, on voit l'enfant fixer sa mère, hésiter un instant, puis finalement lui balancer un coup de pied dans le ventre.
De toute évidence, un tel spot choquera. C'est le but. Je crains cependant que, même s'il est diffusé à une heure tardive, rien n'empêchera certains enfants de le découvrir et le regarder.

Quand on sait à quel point les images véhiculées par la télévision opèrent sur l'inconscient des très jeunes, on peut avancer l'hypothèse qu'ils pourront sans scrupule s'approprier cet acte barbare alors même qu'ils n'y pensaient pas et le reproduire peut- être sur leur propre mère.
Il faut se souvenir de ce premier bus enflammé (un événement monté en épingle aux infos, et l'on peut le comprendre) et des tristes répliques qui s'en suivirent jusqu'au crime commis sur cette malheureuse jeune fille, victime innocente.
Cette sinistre loi des séries n'avait rien à voir avec le hasard.
On a tort, je pense de vouloir tout résoudre par l'image. Tout n'est pas du cinéma. Tout n'est pas de la pub.
La médiocrité de certains comportements ne peut se résoudre que par la pédagogie et c'est bien du ressort de l'école de la République d'apporter une certaine égalité des chances qui éviterait bien des misères intellectuelles. L'éducation, encore l'éducation, toujours l'éducation.
par Michel Giliberti
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Dernièrement à la télé, en zappant, j’ai pu assister à la fin d’une émission où face à Madame Gisèle Halimi, avocate, auteure et défenseur des libertés et des droits de la femme, Virginie Despentes, la « sulfureuse » romancière a fait pâle figure.
Ses expressions provocatrices retombaient la plupart du temps comme un soufflé devant les mots précis et dénués de ressentiments de Madame Gisèle Halimi qui a, avec d’autres femmes pionnières, permis par ses actes militants que cette « nouvelle romancière » parle aujourd’hui en toute liberté des choses du cul et fasse ce qu’elle veut du sien.
Il était navrant de voir avec quel mépris, Virginie Despentes rétorquait de sa voix blanche des insanités bien inutiles à l’égard de cette femme brillante.
Affligeant !
par Michel Giliberti
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