Ces tableaux font partie d’une longue série sur le thème de la castration.
Il faut dire qu'à cette époque j’étais en analyse, sans cesse tiraillé par mes souvenirs d’enfance et, même s'ils sont baignés de l’amour unique de mes parents et de mes sœurs, ils n’en demeurent pas moins entachés de quelques erreurs d’éducation et d’un trop d’amour difficile à gérer.
« Trop » étant si près de « peu », la distance est courte ; basculer dans la vulnérabilité ou la névrose reste possible.
L’oiseau, son envol impossible, le verre brisé, le sang, voici quelques-unes des clefs de ma vie d’artiste, des clefs que, bien involontairement, ma mère et mon père m’ont remises et qui, comme dans un mauvais Vaudeville, font se fermer et s’ouvrir sans cesse les portes des souvenirs.
Il faut dire qu'à cette époque j’étais en analyse, sans cesse tiraillé par mes souvenirs d’enfance et, même s'ils sont baignés de l’amour unique de mes parents et de mes sœurs, ils n’en demeurent pas moins entachés de quelques erreurs d’éducation et d’un trop d’amour difficile à gérer.
« Trop » étant si près de « peu », la distance est courte ; basculer dans la vulnérabilité ou la névrose reste possible.
L’oiseau, son envol impossible, le verre brisé, le sang, voici quelques-unes des clefs de ma vie d’artiste, des clefs que, bien involontairement, ma mère et mon père m’ont remises et qui, comme dans un mauvais Vaudeville, font se fermer et s’ouvrir sans cesse les portes des souvenirs.

J’ai ouvert les yeux un soir
Quand d’autres les fermaient pour toujours.
Ils s’éteindront assez tôt
Quand d’autres s’allumeront d’un cri.
Mais de la lumière à la nuit,
Du bruit de chaque chose,
Jusqu’au silence des mots
Nous n’aurons rien compris
Nous n’aurons rien atteint
Et nos orbites, ces trous de nuit
Resteront là, ouvertes au vide.
© Giliberti in Voyage secret / Bonobo éditions / 2004

par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie

Mes sœurs masquées de blanc
Gardaient aux yeux, le sang caché des femmes…
Le sang épais des maux.
Aux lèvres rouges de mes dix ans
Les maudits mots de mes non-dits.
© Giliberti / 2007
Gardaient aux yeux, le sang caché des femmes…
Le sang épais des maux.
Aux lèvres rouges de mes dix ans
Les maudits mots de mes non-dits.
© Giliberti / 2007

Je suis l’eau
Comme tu es la terre
Et nous enfantons des jardins bleus d’attente.
© Giliberti / 2007
Comme tu es la terre
Et nous enfantons des jardins bleus d’attente.
© Giliberti / 2007

Nos mères ont su nous allonger
Sur des bleus incendiés,
Mais le repos… debout… c’est quand ?
© Giliberti / 2007

A tant rêver dans ce pays
A tant y courir,
Mes ailleurs s’y sont perdus.
© Giliberti / 2007
Sur des bleus incendiés,
Mais le repos… debout… c’est quand ?
© Giliberti / 2007

A tant rêver dans ce pays
A tant y courir,
Mes ailleurs s’y sont perdus.
© Giliberti / 2007
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie
Quelques dessins de Moez sur la terrasse, à Sidi Bou Saïd, et à la campagne, à Béja. Quelques heures échangées entre "prendre" et "donner".

À se perdre hors de lui
L’homme vaste fait bien peu
Et le temps qu’il rejette
N’est jamais qu’à deux pas.


Moez © Giliberti / 2007

À se perdre hors de lui
L’homme vaste fait bien peu
Et le temps qu’il rejette
N’est jamais qu’à deux pas.
© Giliberti / 2007

Tu parcours sur ma peau
Des chemins interdits
Qui se cachent comme moi
Et ne mènent nulle part.
Des chemins interdits
Qui se cachent comme moi
Et ne mènent nulle part.
© Giliberti / 2007

Me nourrir de ta peau
Ou mourir de ta main
Est-ce si condamnable ?
Me sceller à tes pieds
Sans attendre ton ordre
Est-ce si détestable ?
Tant de trop dans ton ciel
Tant de peu dans le mien
C'est toujours négociable.
Est-ce si condamnable ?
Me sceller à tes pieds
Sans attendre ton ordre
Est-ce si détestable ?
Tant de trop dans ton ciel
Tant de peu dans le mien
C'est toujours négociable.
© Giliberti / 2007
Moez © Giliberti / 2007
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie

J’aime beaucoup voir les gens accoudés aux fenêtres, c’est un thème que j’ai souvent exploité, tant en peintures qu’en photos . Il y a là, l’idée de se trouver à la fois dedans et dehors, de connaître un peu et pas du tout celui ou celle qui vous regarde, eux-mêmes voyeurs de qui passe dans la rue.
C’est un vol partagé.
Farouk a posé sur ce tableau et sur son visage plane l’ombre de barreaux symbolisant la prison, tout au moins « sa prison », comme chacun d’entre nous porte la sienne.
Elle n’est pas vraiment visible et pourtant elle est présente avec ses déclinaisons en croix... autres prisons que les religions.

De blessures en sutures
Il n’y a qu’un fil
De possibles en jamais
Il n’y a qu’un mot
Mais de toi jusqu’à moi
Il y a toute une vie
Il n’y a qu’un fil
De possibles en jamais
Il n’y a qu’un mot
Mais de toi jusqu’à moi
Il y a toute une vie
© Giliberti / 2007
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie
Ces jours-ci, une amie m'a rappelé l'extrait d'un de mes romans "Bou Kornine". Je profite lâchement de cet éclairage sur un texte de 2004 pour rebondir sur ce sujet qui m'est cher et, comme je suis toujours dans le même état d'esprit que celui de ces derniers jours, (proche de d'encéphalogramme plat), publier ce texte me convient tout à fait. Je me revois en train de l'écrire...Il faisait chaud, j'étais enfermé dans la lumière tamisée de la maison de Sidi Bou Saïd et, alors que les premiers mots s'inscrivaient sur l'écran de mon portable, la voix du Muezin de la petite mosquée d'à côté s'est mise à emplir en arrière fond l'espace de la pièce.
Je ne pouvais trouver mieux comme "musique" inspirante...
Je ne pouvais trouver mieux comme "musique" inspirante...

Voici ce passage de Bou Kornine...
(...) J’en arrive à me demander, si cet amour de l’Orient qui oscille entre passion et retenue n’est pas pour l’athée que je suis, la dimension du sacré recréé ou celle, plus poétique, de mon voyage sur terre. Une continuité mythique des épopées de l’enfance, où grandir n’offre pas une vision unique. Une éthique et une altération qui accompagneraient mon goût des mots et des maux… Un spectre ouvert sur l’imposture de vivre debout, quand tout me pousse à me courber.
Et puis, sur cette terre où la possession prive le monde de tout, aimer ce qui ne vous appartient pas prodigue quelque chose d’ineffable.(...)
Et puis, sur cette terre où la possession prive le monde de tout, aimer ce qui ne vous appartient pas prodigue quelque chose d’ineffable.(...)


Première esquisse avec Moez.
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie
Je pourrais pleurnicher sur l'Afrique et me lamenter sur les conditions difficiles que certains de ses états connaissent, je l'ai souvent fait, souvent écrit, souvent peint, mais aujourd'hui, je veux simplement rappeler qu'elle est non seulement le berceau de notre existence, mais aussi ce vaste territoire ouvert sur des rêves immenses. Des rêves que notre présent, parfois bien terne, a tant rétrécis.L'Afrique est à l'image d'un ressac vivifiant qui nous ouvrirait les yeux sur nos racines oubliées et sur notre spontanéité perdue.

C'est notre terre atavique, notre mémoire. Elle est la mère de tous nos possibles, de tous nos peut-être, de tous nos demains.
Il ne faut pas faire de l'angélisme pour autant et ignorer les obstacles et les incompréhensions nés de l'avoir tant bafouée, mais tentons, avec les Africains, de dépasser les souvenirs cruels et de poétiser nos relations actuelles.

Moi qui souffre de n'être ni d'ici, ni de là-bas, mes yeux s'émerveillent toujours du peuple africain, de ses artistes fabuleux, de ses femmes courageuses, de ses enfants qui vous sourient, quand nous n'avons en France que des fronts butés, la plupart du temps, et des têtes importantes siamoises de téléphones portables.
L'opulence est souvent synonyme d'ennui, au point que souvent je me mets à penser que l'avenir est dans la pauvreté.
Cette pensée bien utopique qui fera sinon bondir, tout au moins sourire, n'en est pas moins, et de plus en plus, une idée qui me concerne et s'inscrit tout en moi.
© Giliberti / 2007Demain s’éteint à l’aube du grand hier.
Deux mains d’argile retrouvent la terre.
© Giliberti / 2007
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie
Depuis le temps que je mets en avant les visages ou les corps de mes modèles, aujourd’hui, seuls leurs pieds et leurs mains sont à l’honneur… Pieds de Franck, mains de Laurent et d’Emmanuel... et quelques mots de moi.

Ma patience est d’argile
Et mes plaies la ravinent
Elle me rend presque libre
D’inventer ma prison.
© Giliberti / 2007

Mes mains ne tiennent plus
L’ardeur de tous les sables.
Silices et bris de verre
Ont trop blessé l’enfant
Damné de tant d’années.
© Giliberti / 2007

Balayer les marées,
Les maris, les marins et les morts
Larguer les amarres,
Les amants, les amours et les mers,
Me bercer de mes propres remous
Pourrait être l’attrait.
© Giliberti / 2007

Demain s’éteint à l’aube du grand hier.
Deux mains d’argile retrouvent enfin la terre.
Deux mains d’argile retrouvent enfin la terre.
© Giliberti / 2007
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie
La solitude est si vaste
Et le monde si étroit
Pourrait-on me prédire
Un enclos qui m’enchante ?

Et le monde si étroit
Pourrait-on me prédire
Un enclos qui m’enchante ?
© Giliberti / 2007

Renoncer et pourtant toujours…
Renoncer et pourtant encore.
Tes renoms, tes symboles
Mes rancoeurs, mes écarts
Me font battre les rues
De mon pas inutile.
Renoncer et pourtant devoir…
Renoncer et pourtant savoir
Que sans cesse dans mes nuits
Tes probables atouts
Sauront bien m’incendier
De leur sens facile.
Renoncer et pourtant encore.
Tes renoms, tes symboles
Mes rancoeurs, mes écarts
Me font battre les rues
De mon pas inutile.
Renoncer et pourtant devoir…
Renoncer et pourtant savoir
Que sans cesse dans mes nuits
Tes probables atouts
Sauront bien m’incendier
De leur sens facile.
© Giliberti / 2007
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie
C’est le noir des yeux,
C’est le rouge de l’âme
C’est l’amour d’un pays.
C’est le rouge de l’âme
C’est l’amour d’un pays.
In Bleus d'attente © 2001

Un dernier clin d'oeil sur ce qui enchante mes yeux et je cours à l'aéroport.
@ Bientôt
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie
Depuis les cieux l'oiseau cherche sa proie au sol et lorsqu'il l'aperçoit, sa vue s'aiguise à l'extrême pour qu'il puisse, avec précision, fondre sur elle.
Le peintre, c'est un peu ça, qui tente de percevoir sur l'étendue de la toile blanche le signe d'une idée, d'une image à capturer.
Mais les idées elles aussi, comme les oiseaux, s'échappent parfois aussi vite qu'elles apparaissent, et le peintre reste sur sa faim.
Le peintre, c'est un peu ça, qui tente de percevoir sur l'étendue de la toile blanche le signe d'une idée, d'une image à capturer.
Mais les idées elles aussi, comme les oiseaux, s'échappent parfois aussi vite qu'elles apparaissent, et le peintre reste sur sa faim.

Quant à crever d'un mot de trop
J'aime encore mieux crever de rien
Sur ton visage que je déteste
Je lis encore tous mes fracas
Sors de mes mains, vas t'en voler
Et ne viens plus fienter par là.
J'aime encore mieux crever de rien
Sur ton visage que je déteste
Je lis encore tous mes fracas
Sors de mes mains, vas t'en voler
Et ne viens plus fienter par là.
© Giliberti / 2007
Petit poème spontané dédié à une amie qui se reconnaitra et qui a déclanché chez moi le pocessus de la "désamitié".
par Michel Giliberti
publié dans :
Peinture et Poésie









