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hellebore

« Juste pour le plaisir des yeux » comme disent les Tunisiens. Je suis un amoureux des hellébores, j'en ai plein le jardin. Ce sont des fleurs qui durent des mois et qui aiment l'ombre.

hellebores-2

Par Michel Giliberti - Publié dans : Michel Giliberti
Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /2010 13:51
- Communauté : blog artiste
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mohamed-interieur-6

Lorsque dans la pénombre bleutée, Mohamed ôta son tee-shirt et qu’il le fit glisser à terre, les grandes cicatrices zébrant son torse et ses bras me semblèrent plus marquées que sous le soleil quand il s'allongeait à même le sable de la plage de Rimel, près de Bizerte.
Je n’en dis rien et commençai une série de photos à l’intérieur de la vaste demeure qu’un ami nous avait prêtée à cette occasion.
Pendant plus d’une heure, je fis des gros plans de ses yeux, sa bouche, son buste comme si tout était normal. Pourtant, à chaque déclic de mon obturateur, je croyais entendre le bruit du couteau avec lequel il s’était tailladé la chair un soir de grande dispute avec son père qui n’admettait aucun différend sous son toit… aucune rivalité.
Depuis longtemps déjà, il m’avait raconté par le détail cette impossible révolte contre le patriarche qui avait conduit à sa folie autodestructrice en pleine nuit, pour calmer ses nerfs ; je l'avais mise de côté, bien rangée, mais là, l’objectif focalisait ce drame et me le renvoyait en plein visage.

Mohamed-contre-la-colonne--copie-1

Mohamed aux yeux si doux.
Mohamed, rencontré quand il n’avait que dix-huit ans.
Mohamed, aujourd'hui, avec ses cicatrices.

Par Michel Giliberti - Publié dans : Mes modèles...
Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /2010 10:52
- Communauté : blog artiste
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Xavier-lumiere-rouge- Depuis ce monde du silence où j’entends chacun de vos cris, il me reste une mise à nue, un vide étrange qui me confond ; un vide qui clôt mes souvenirs et s’ouvre à vos désirs.
Sachez que dans mes nuits, tout ce qui se ternit se pare aussi d’éclat et qu’à l’heure douce de la fin, s’ajoute celle des lendemains de marbre noir ou de fusion, de ciel obscur ou de terre profonde.

Par Michel Giliberti - Publié dans : Photos et poésie.
Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /2010 21:45
- Communauté : blog artiste
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Cahier-de-dessin

Je vous aurai tant donné
Je vous aurai tant volé
Mais à l’approche de jours plus sombres
Mon impatience de l’absolu
Se lasse de votre port d’attache
De son anneau à ma frégate.
L’ivresse est là, encore intacte
Mieux vaut la vivre que vous aimer…

© Giliberti

Par Michel Giliberti - Publié dans : Photos et poésie.
Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /2010 16:24
- Communauté : Poésie française
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Pas trop d'idées... Panne séche. Aussi, lâchement, voici le tout début de Boukornine, un de mes romans dans lequel Moez (ici en photo) est le héros.
Moez-foulard-rouge-22-
– Ija !
Il dit viens ! en arabe.
Je ne réponds pas.
Pourtant, je voudrais lui obéir.
Obéir à l’Orient, obéir à mes rêves d’absolu, et mettre fin à mes errances d’enfant déraciné.
– Ija !
Sa voix encore… comme un murmure, et sa langue, comme une musique qui m’indiquerait le vrai chemin. Pour la seconde fois, je fais mine de ne rien entendre.
Du seuil de la terrasse, il cesse de contempler la mer, et se retourne.
– Qu’est-ce que tu as ? Viens là… Viens voir Bou Kornine.
Mes yeux se lèvent sur lui, mais ne reçoivent que sa silhouette noire, à contre-jour.
Le soleil est si aveuglant.
La terrasse, si blanche.
Je m’étire longuement. Ce lit est un piège. Depuis plus d’une heure, je tente d’en sortir. Je m’assois enfin sur son bord. Ma peau moite m’écœure un peu. Comment ne pas transpirer ? Il fait au moins trente degrés à l’intérieur. Je n’ose imaginer dehors, je n’ose imaginer cette puissante chaleur : ces degrés qui abrutissent.
Je m’empare de la gargoulette posée à mes côtés et dont les flancs transpirent, eux aussi. Je la porte à mes lèvres assoiffées. J’avale avec maladresse une gorgée d’eau fraîche au goût de terre profonde, comme remontée d’un puits. Elle ruisselle de mon menton jusque sur ma poitrine… De l’eau aussitôt tiède, sensuelle.
Sous la canicule, l’érotisme est un psychotrope qui cherche tous les prétextes pour se manifester.
Je tais mes gestes autant que mes mots. La gargoulette entre les mains, je guette l’indicible.
Rien.
Juste le silence jaune entrecoupé du grésillement électrique des mouches épuisées qui tourbillonnent au sol avant de s’éteindre.
Moez quitte le seuil de la terrasse. Il approche, enfin.

Moez-terrasse-55
Par Michel Giliberti - Publié dans : Michel Giliberti
Lundi 29 mars 2010 1 29 /03 /2010 10:38
- Communauté : blog artiste
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bizerte-profil
Dès que le bleu de la nuit proche faisait escale aux remparts de Bizerte, je le voyais arriver lentement. Il prenait place tout contre un arbre du jardin public et les yeux dans le vide, immobile, il fumait en solitaire. Depuis la terrasse d’un café, j’observais ce rite quotidien.
Un soir, je décidai de le prendre en photo. Je m’approchai discrètement. Il me vit tourner autour de l’arbre, mais il m’accepta en silence.
Une fois ces instants capturés, je m’avançai vers lui pour le remercier et lui proposer de lui envoyer les quelques portraits que je venais de prendre. Il me répondit que ce n’était pas la peine. Je lui demandais alors son prénom. Il tira sur sa cigarette avec lenteur, rejeta calmement la fumée, puis toujours en fixant l’horizon il murmura « L’inconnu de Bizerte… Tu mets ça, sur tes photos… l’inconnu de Bizerte  »
C’est fait. 
 
Par Michel Giliberti - Publié dans : Tunisie
Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /2010 08:47
- Communauté : blog artiste
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dernieres-cendres
Même thème que le précédent… Le passage ! Le mur ! C'est le dernier d'une série 
Ici, le passage est à peine défini sur la droite. Une épaule a déjà franchi l’arête du mur.
La cigarette ne sert qu’à attendre le courage.
Dès ses dernières cendres, le mégot rejoindra le sol et l’envol s’accomplira. 

 
Par Michel Giliberti - Publié dans : Peintures
Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /2010 08:23
- Communauté : blog artiste
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