L’ombre du temps farde mes yeux de
cernes si gris que tout le ciel d’hiver semble
s’y être invité.
À ce regard nourri des ans, s’ajoute le pli d’amertume au coin des lèvres qui me donne l’air d’un sage, moi qui, dans le fond, ne décolle guère de l’âge des bonbons, des Dinky Toys et des
ballades en famille, quand sous le soleil qui aveuglait papa, j’insistais : « Encore une photo !... Encore une photo ! »
Par Michel Giliberti
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Dimanche 28 février 2010
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22:17
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Dans ses yeux tristes,
l'eau bleue des glaciers et les laves rouges des volcans pillent ses heures grises où tout s’emmêle et se détruit.
Rêver sans l'autre l'enferme tant que ne plus vivre lui semble être la vie.
Quand de ses terres profondes, un souffle chaud incendiera ses larmes froides, peut-être quittera-t-il ce monde dont il ne capte plus rien.
Par Michel Giliberti
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Samedi 20 février 2010
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06:30
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Si peu de chose pour parler de
l’émoi.
Si peu de rêves au bout des sens et de
l’absurdité.
Habits de fêtes, costumes de cirque, musiques et rires d’alcool, rien…
Rien n’y fait quand le cœur n’est plus à sa place.
Tout devient absurde... vase sans fleurs, véhicule immobile ! Que dire d’autre des sentiments et des
mots qui vous mettent dans des états inutiles quand échange et négoce ne se conjuguent plus.
Écorces parfumées, vanille et bourbon… autant de saveurs qui vous mutilent.
L’urgence n’est pas qu’un fourgon et des hommes dans la nuit au service de vos douleurs, c’est aussi le
verbe qui ne joint pas le geste et s’empêtre dans le vide. C’est le corps et le cœur qui crèvent de ne pouvoir palpiter ensemble.
Moi, j’aimais voir l’eau sur la peau, le sable sur la joue, le rire dans mes larmes… moi j’aimais
l’absurde dépendance.
Par Michel Giliberti
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Mercredi 17 février 2010
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13:16
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D’argent, le soleil sur les vagues
De bronze, ses épaules mouillées
D’argile, mes paupières brûlées
De larmes, les traces sur mes joues.
© Giliberti
Par Michel Giliberti
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Lundi 15 février 2010
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08:26
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S’il m’était encore possible d’ajouter à ton corps quelques mots, je dirais qu’il demeure une terre inconnue et qu’au bout de nos nuits, le voyage qu’il m’offre reste toujours
nouveau.
Par Michel Giliberti
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Vendredi 12 février 2010
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22:30
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Te regarder dans la lumière des bougies, entendre le son de ta voix…
Étourdissant !
Tes gestes maladroits et puis les mots que tu m’adresses… Entêtant.
Tes yeux sombres comme la pourpre du vin qui les fait tant briller… Enivrant !
Te voir me regarder et oublier qui je peux être, où je peux être… Bouleversant !
Et puis retrouver l’eau, et puis retrouver l’air… Suffocant.
Par Michel Giliberti
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Lundi 1 février 2010
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07:41
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Passagers clandestins d’un voyage sans danger, ton accord et mes doutes ne trouvèrent point d’entente.
J’aurais pu comme d’autres profiter d’une union de fortune sous le jasmin en fleurs, au
fond du vieux patio, mais l’étreinte volée – si facile soit-elle – ne me convient jamais, et m’ennuie à mourir. De tes vaines attentes et de tes bouderies, j’ai déduit que le spleen n’est pas
long quand l’exil est bien court et que tous mes transports pouvaient bien se poursuivre ailleurs que dans tes bras.
Par Michel Giliberti
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Samedi 30 janvier 2010
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14:05
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