J’avais très envie de parler sérieusement de choses qui me fâchent actuellement, des choses de la politique ; ça fait si
longtemps que je m'en prive… mais je m'emporterai plus tard.
Pour l'heure, et loin de mon courroux... juste ce profil, juste cette élégance au milieu de la Koubba du Belvédère de Tunis…
loin des bruits de la ville tout en bas.
De toutes les musiques des choses et des gens, celle-là m’avait vite accroché ce matin-là…
Les notes de son regard noir et celles de sa peau cuivre avaient ouvert le bal de toutes mes harmonies.
L’air embaumé des fleurs du parc emplissait mes narines, la chaleur n’était pas encore écrasante. Il n’y avait qu’une ombre au
tableau… Le balai.
Toute personne tenant un balai au service d’un puissant me met mal à l’aise et bien souvent hors de moi, c’est ainsi. Qu’il soit jeune, vieux, homme, femme. Que de péripéties me sont arrivées à
cause de cette allergie qui me colle à la peau depuis toujours.
C’est pourtant avec ce balai que je l’ai, ainsi que son copain qui, comme lui, travaillait à l’entretien des lieux. Aussi,
après maintes altercations avec son chef qui faisait du zèle inutile, prétextant que je sabotais le travail de toute son équipe, j’ai réussi à l'amadouer pour qu'il laisse ce jeune homme en paix,
sans ce balai, le temps de quelques clichés.
Entre deux poses, nous convînmes
du bout des lèvres et des yeux de reprendre ultérieurement cette séance improvisée, tranquillement, hors de son lieu de
travail.
Pour autant, la séance du Belvédère avait eu quelque chose de magique, une impression de faire tout en cachette, vite et mal, sous les
yeux du patron qui nous fustigeait. Je redevenais un adolescent en quête d'émotions fortes.
Et lorsque une vingtaine de photos furent dans la boîte, je repartis léger et heureux de l'entracte que j'avais imposé à ce garçon... ce bonheur simple, j'espère le faire vôtre
aujourd'hui.
Par Michel Giliberti
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Jeudi 19 juin 2008
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07:10
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L’été se fait bien trop attendre, aussi, je prends un peu d’avance sur les vacances où, si tout va bien, je devrais me retrouver avec mon compagnon, derrière cette fenêtre,
comme Jihad (le fils de mon amie tunisienne) qui, ce jour-là, posait sagement pour moi, en plein midi, en plein soleil, en plein
Sidi Bou Saïd.
Par Michel Giliberti
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Mardi 17 juin 2008
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07:01
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Les yeux fermés, abandonné et détendu, il somnolait sous le soleil.
Le seuil de la maison s’enorgueillissait d’un tel présent. De tous les signes les plus forts, ce fier repos signait notre
amitié née du hasard d'un voisinage.
Un pas, et je rentrais dans le salon, mais un pas aurait défait cette harmonie.
Alors, sur le trottoir, j'ai attendu que ses
yeux s’ouvrent et me sourient.
Oui, j’étais chez moi, mais il était chez lui. Ça méritait quelque attention.
Devant sa sensuelle paresse, l’impatience
aurait été si détestable.
Alors, à bien flairer cet équilibre, j'ai respiré le grand parfum, celui des hommes qui peuvent encore, qui doivent
toujours…
Par Michel Giliberti
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Jeudi 12 juin 2008
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18:21
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Ici, le temps se noue aux arbres forts du jardin.
Ici, le temps se compte en azalées et en bambous, en noisetiers et en poiriers.
Ici…
Ici, la pluie fait un tel bruit sur les carreaux et sur la porte
Ici, la pluie abreuve et lave tout ce qui boit et qui se lave.
Ici…
Là-bas, le temps se noue aux vastes cours aux murs de terre et aux faïences.
Là-bas, le temps se compte en oliviers et en palmiers, en orangers et en dattiers.
Là-bas…
Là-bas, le vent apporte les légendes et puis le sable
Là-bas, le vent abrase les maisons et puis les peaux
Là-bas...
Par Michel Giliberti
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Mercredi 21 mai 2008
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/2008
09:20
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9
Wasis Diop / Hyènes / Dune
Un peu de mal à revenir sur ce blog… Mon cœur à nu m’interdit les épanchements habituels,
mêmes si ces derniers sont le plus souvent contrôlés.
Oui, la semaine dernière, j’étais à Bizerte
au creux d’une ravissante maison arabe traditionnelle avec ses terrasses et sa cour,
où le bleu des faïences et des portes me rappelait celui de Sidi Bou Saïd si présent à ma mémoire. Le mesk elil qui grimpait jusqu’au balcon, inondait de son parfum les nuits profondes
alors que je bavardais avec la propriétaire des lieux, une femme très belle, très brune, très douce, née en Tunisie, elle aussi, et porteuse, comme moi, d'une même mémoire. Les soirées s’étiraient à parler de ce passé qui nous amuse encore et où
les jeux des enfants étaient si simples.
J’avais des choses importantes à faire à Bizerte, plein
de belles choses à concrétiser… peut-être… si la vie veut bien laisser place à mes folies, si elle me donne le temps de quelques dernières
excentricités avant de ne plus avoir le courage d’en faire.
Ce voyage sur la toile entre vous et
moi, si beau et chaleureux soit-il est appelé à s’arrêter comme tous les voyages… Alors, pour me faire pardonner de devoir annoncer que je ne reviendrai pas sur ce blog avant longtemps ou
peut-être plus jamais, voici encore ces images de ma vie…
Le vieux port de Bizerte, avec au loin les remparts de la Médina...
Les barques à deux pas du marché ouvert...
Une des tours de la citadelle qui
entoure la Médina andalouse...
Une des ruelles qui donnent sur le vieux port...
Un épicier à l'intérieur du marché couvert... Sa boutique est à l'identique de celles d'autrefois quand j'étais petit et que je faisais les courses avec ma mère.
Deux joyeux marchands de légumes en face de l'épicier...
Un angle de la cour intérieure avec la porte d'une des pièces de la maison bleue... car c'est une maison bleue... accrochée à ma mémoire... on y vient à pieds...
Une autre
porte bleue dans un autre angle, près de l'escalier qui mène aux terrasses...
Un petit voisin tout hérissé de colère sur la terrasse d'en face...
La cour en soirée...
Je m'en vais sur la pointe des pieds.
Mille baisers, mille remerciements...
Par Michel Giliberti
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Jeudi 13 décembre 2007
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/2007
17:25
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56
Et la pluie battait les carreaux ; et le vent pliait les bambous.
Sur les vitres, l’eau glissait sans faiblir et rendait les arbres et les toits liquides… le ciel liquide, la route liquide comme des yeux inconsolables.
Moi, ouvert sur mes trouées de soleil, je me battais avec la peur du temps qui passe, à me dire que ces heures de ma vie actuelle étaient des plus intenses, des
plus inquiétantes, des plus arrachées au réel. Alors, ne sachant où me tourner, pour fuir ce ciel d’eau et mes pensées toutes aussi larmoyantes, je me suis noyé dans ces dessins de Mohamed qui
trônent dans mon atelier…
Une fois encore je suis revenu à la source...
... et une fois encore je retrouverai, mercredi, le vieux port de Bizerte au cours d'un voyage éclair, hélas... de seulement quatre jours.
Par Michel Giliberti
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Lundi 3 décembre 2007
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03
/12
/Déc
/2007
20:00
11
Au risque de déplaire à mon « hallouf » (cochon, en arabe) de fiston qui me préfère énervé sur des sujets de société, comme je l'ai été hier, je lui rappelle mon
grand âge et mon besoin de m'évader... Aussi, fidèle à moi-même, je retourne donc, quoiqu'il en pense à des sujets de midinette, comme il dit...
Les enfants de Tunisie sont toujours prêts à rire avec vous…
À Menzel Bourguiba, ma ville natale, un de ceux-là m’éclata littéralement ; très fier de sa coupe de cheveux, il voulait absolument que je le prenne en photo… et devant ses copains qui se
moquaient de lui et riaient de bon coeur, j’ai pris quelques clichés, dont ces deux, qui m’amusent toujours autant dès que je les regarde, car je me revois en train de les prendre avec, derrière
moi, une quinzaine de jeunes hilares en train de l'appeler « allouch » (mouton)…à cause de sa coupe de cheveux, justement.
Par Michel giliberti
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Mercredi 28 novembre 2007
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28
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/2007
19:00
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Commentaires