Sous mes doigts qui ne cherchent plus rien, la saveur de ta peau reste intacte.
Il me semble que tu hantes toujours mes chimères et l’azur de tes yeux reste encore ma
victoire.
Lisse image, terre d’ancrage, c’est peut-être…
Barque frêle, libre amarre, c’est certain.
Sur mes lèvres qui ne clament plus rien, la justesse de tes mots s'est lovée.
Il me semble que tu nommes à jamais mes instincts et tes rouges pensés sont de tous mes
repos.
Rires et larmes, pluie et vent, c’est encore…
Doux enclos, saisons mortes, c’est déjà.
Par Michel Giliberti
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Jeudi 28 janvier 2010
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Vous dire que les objets ont une valeur serait faux.
La valeur, la vraie, traîne son injustice au cœur des peaux, des yeux, des mains. Elle s’éternise sur les lèvres qui font vibrer les
vôtres ; sur l’attente de l’autre.
Mais voilà certains jours d’orage et de soleil mêlés, quand la vitre résonne du bruit tempétueux de l’eau en rafale, alors même que
votre regard est absent, ces objets prennent vie et vous rappellent qu’ils ont été un acte d’amour à leur façon ; que vos mains fécondes dans un élan généreux les avaient placés là et pas
ailleurs, et que l’harmonie, un jour d’osmose, n’a dépendu que d’eux.
Par Michel Giliberti
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Vendredi 22 janvier 2010
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Le réel est si loin et le rêve si présent.
Quelle lumière pouvait mieux éclairer mes instincts que ce noir si profond en plein milieu de l’ocre?
À deux pas du désert.
J’étais seul.
Une entrée.
J’ai longtemps hésité au meilleur d’un midi qui mourrait. L’ombre aurait-elle la splendeur promise ?
Puis, comme l’écrin protège la nacre d’un bijou, j’ai laissé l’antre protéger le sable qui déploie ses voyages que le vent lui ordonne
et j’ai repris le mien.
Par Michel Giliberti
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Mercredi 20 janvier 2010
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Ce matin entre deux dossiers j'ai rencontré ce texte écrit lorsque j'avais dix-neuf ans. Petite émotion
du temps passé qui embaume toujours de mes exaltations premières.
Je n’attends plus rien des sentiers pierreux, des
aiguilles de pin, des montagnes bleues.
Je n’attends plus rien des matins frileux dans un ciel jasmin, dans un
ciel qui pleut.
Je n’attends plus rien du sable brulant entre mes deux mains et de l’air
du temps.
Je n’attends plus rien du gris de la mer, de nos chevaux bruns, de leur
train d’enfer.
Je n’attends plus rien des vapeurs d’alcool, du jeu de nos mains, des
mots qui s’affolent.
© Michel
Giliberti/1969
Par Michel Giliberti
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Vendredi 15 janvier 2010
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Après-demain je pars quelques jours.
Avant cette très courte absence, je laisse "ici" un peu de mes "là-bas".
À cent lieues des tempêtes et des dieux ombrageux, je tisse un à un les fils de nos destins.
Je mêle l’ambre de ta peau au jais de tes grands yeux qui font naître
l’ivresse et le traître repos.
La folie qui connaît les sentiers les plus sages m’a souvent abreuvé des douceurs de l’ailleurs. Et
l’ailleurs, c’est encore et toujours le chemin mauve des veines qui serpentent sur tes bras.
Par Michel Giliberti
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Mardi 5 janvier 2010
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Du bruit, des fleurs
Et dans tes ruelles
Le bleu qui joue avec le blanc.
Puis sous la chaleur
Des portes qui scellent
Les rires mais aussi le sang.
Tunis, tes heures ne sont plus les miennes
Elles ont des ardeurs qui trop m’aliènent
Mais c’est là que je respire pourtant.
Ton cœur qui brûle
Quand le mien se glace
C’est encore ce qui me convient.
Je déambule
Entre les terrasses
D’une médina qui n'entend rien.
Tunis, mes heures ne sont plus les tiennes
Elles ont le goût d’une douleur ancienne
Notre histoire ne s’écrit plus vraiment.
Tunis, mes jours
Sont comme tes souks
Bradés, brûlants, brutes à la fois.
Traquer l'amour
Dans tes vieux fondouks
Se paie très cher à chaque fois.
Tunis, la musique dans tes cafés
Ne masquera jamais tout à fait
Les yeux cernés du blues de mes nuits
Du blues de mon ennui
Du blues de toi.
© Michel Giliberti
Par Michel Giliberti
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Dimanche 3 janvier 2010
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Quant à murmurer l’indicible, j’avoue que vous avez participé de ma
rêverie, le temps de vos hésitations, le temps de ma fausse assurance. Quelques gestes maladroits, un fou rire, vos yeux de sous-bois.
À consommer sans retenue chaque émotion offerte, les mystères se défont.
Et, de ne pas avoir partagé un lit de bataille, notre relation fut pleine d’une victoire réciproque.
Et le charme dure encore qui perpétue votre aura.
Par Michel Giliberti
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Samedi 26 décembre 2009
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