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Peinture et Poésie


Quand tout
ici me retient
De l’alliance de nuit
À l’embrun du matin,
Quand au soleil des nuits mortes
La vague est d'un argent
À l'éclat sans pareil,
Quand déjà je somnole
Du repos attendu
Sous la courbe d’azur,
Quand je t'entends dire encore
Que le vent n'est pas rien
Et qu'il faut s'abriter,
Où partir ?

© Giliberti / 2007



Par Michel Giliberti - Publié dans : Peinture et Poésie
Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /Juil /2007 20:17

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Ommi !
En arabe, ça veut dire « maman ».
Comme ce n’est pas ma langue, il m’est plus facile de le prononcer en gardant une certaine distance.
Son sens reste comme un secret, comme un souffle de légende, un conte de mille et une nuit.
Ommi !
Quelques larmes ce matin au téléphone.
C’était elle bien sûr, elle qui sait le cordon coupé depuis bien longtemps, mais qui sait aussi qu’il nous relie toujours, au point de l'avoir peint de façon allégorique.
Ommi !
Un mot lancé dans la nuit, une complicité entre un enfant et sa mère.
Une mère qui met un pied dans la tombe, qui hésite, revient en arrière, avance à nouveau, m’appelle pour que je l’aide…
Son voyage n’est pas aisé.
Et puis l’enfant qui est plus adulte que sa mère dans ces moments-là, lui prépare ses bagages... Lui aussi, trouve le voyage peu enviable,  la destination trop définitive, mais en tâchant d’organiser celui-ci, il s’approprie le sien futur.
Alors le téléphone...
Alors les va et viens…
Les trains, les avions…
Les mains qui se tiennent, les yeux qui se parlent… Les larmes qui se mêlent...
Alors, Ommi…
Une mère et son fils à l’heure du grand départ.


Par Miche Giliberti - Publié dans : Peinture et Poésie
Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /Juil /2007 20:55

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Il est des bleus dans nos nuits blanches
Qui m'incendient
Des nacres mauves de tes yeux.
 
Il est des bleus sur ma peau blanche
 Que tu sertis
Des marques rouges de tes dents.

© Giliberti / 2007


Par Michel Giliberti - Publié dans : Peinture et Poésie
Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /Juil /2007 18:32

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Et dans le silence du monde clos, quand nous n’aurons plus rien à nous mettre sous la dent, plus rien pour nous couvrir les os, viendra le temps de nous demander qui nous bouffait du temps de notre vivant… Hommes libres et prisonniers, cavaliers aux grands bruits et va-nu-pieds silencieux, philosophes transportés et verbeux de tous bords, marins à vider et putes à remplir, salopards et grands coeurs, tous… nous aurons été la proie d’autres nous-mêmes, ces autres-là qui goûtaient au festin des vivants, dépouillaient les carcasses des faibles et des rampants, léchaient les pieds cornus des puissants, avalaient leur semence stérile digérée au firmament de nos faiblesses.
Retour à la terre ! enfiévrés et athées, innommables forains.




Cette blessure bleue,
Comme tes yeux qui savent tant me rassurer

Cette blessure noire,
 Comme les miens qui savent mal te regarder.

© Giliberti / 2007


Par Miche Giliberti - Publié dans : Peinture et Poésie
Dimanche 24 juin 2007 7 24 /06 /Juin /2007 22:05

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Entre deux voyages et deux verres de vin

L’homme des fins se déplait qui s'enferme et se saoule.
Son suaire suinte sur sa couche souillée
Et ses vols prudents de minable ramier
Coupent court à ses rêves et desservent ses mots
Comme l’amère le lie aux méfaits qui le tuent
Comme la mer le cerne et lui montre l’abîme,
Il est l'homme défunt .



© Giliberti / 2007

Par Michel Giliberti - Publié dans : Peinture et Poésie
Jeudi 21 juin 2007 4 21 /06 /Juin /2007 17:44

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L’heure bleue…
L’heure du sfumato pour les artistes de la Renaissance italienne, l’heure qui modèle les visages en fin de journée, quand tout devient bleu, quand les traits de chacun semblent apaisés, presque recueillis, quand le temps n’est plus qu’à la réflexion, à la détente.
L’heure bleue…
L’heure de tous les ailleurs, de tous les possibles. L’heure qui déclenche chez moi une grande nostalgie, une immense introversion, jusqu’à l’introspection, qui date des heures bleues d’autrefois où j’attendais en soirée, isolé dans le jardin de mes grands-parents, que mon père leur dise au revoir et qu’enfin, nous rentrions à la maison. De cette attente, à contempler chaque chose d’un jardin immobile dans la tiédeur des soirées tunisiennes, à les voir s’évanouir doucement dans le bleu de la nuit qui approchait,
naissaient des inquiétudes fantasques  dans mon esprit exalté.
Ici, dans mon jardin, l’heure bleue est aussi celle des oiseaux, de leurs dernières discussions au sommet des arbres, au creux des bambous, ou à même le sol comme les tourterelles et les merles qui, à l’ombre des buissons en fleurs, défient les chats.
L’heure bleue…
L’heure d’avoir sur la langue et dans le sang la chaleur d’un alcool en regardant dehors… où rien ne vous regarde. L’heure de franchir les portes des interdits.
Et penser à ses mains, à ses bras…
Et sentir la morsure de ses dents à vos lèvres…
Et croire qu’ici, chez vous, c’est aussi les parfums de là-bas qui s’exhalent.
L’heure bleue…
L’heure où le guerrier obscur qui vit en vous dans la journée sait se retirer et vous laisse recevoir en soirée l’homme en paix qui brasse vos idées et moissonne vos désirs.









            Chaque souffle
            Dans mes nuits écorchées
            Chaque mot
            Dans mes phrases avortées
            Savent te dire
            Les promesses et les voeux
            À l’image.
            De tes lèvres


                © Giliberti / 2007


Par Michel Giliberti - Publié dans : Peinture et Poésie
Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /Mai /2007 05:48

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Je suis seul, ce soir. La nuit se pose doucement. Chaque chose perd de ses couleurs pour se fondre dans un gris bienfaisant. Bientôt, j'enflammerai quelques abats-jours.
Je sens une langueur dans chacun de mes gestes, une langueur de l'esprit aussi. Comme souvent, quand rien ne sort de moi, sinon la peur d'un avenir chancelant très vite étouffé, je me réfugie dans mes peintures qui me portent depuis l'enfance.
Je regarde ce que j'ai fait.
J'imagine ce que je ferai... quatre toiles violentes et sanguinaires, cruelles et bouleversantes, quatre toiles guerrières !
Je cherche le modèle, celui qui devra convenir à cette inspiration dont toute la dramaturgie est  inscrite dans ma tête depuis quelques semaines déjà.



Aujourd'hui, j'ai besoin de dormir
À deux pas du silence,
Dans l'errance.
Aujourd'hui, j'ai envie de mendier
À deux souffles d'un exil,
 Sous tes cils.
Aujourd'hui, j'ai l'urgence de t'avoir
À deux signes de mes gestes
De mes restes.
Aujourd'hui, je veux être confiant
À deux notes de mes craintes,
 De tes feintes.

© Giliberti / 2007

Par Michel giliberti - Publié dans : Peinture et Poésie
Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /Mai /2007 21:16

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