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xavier
Sous mes doigts qui ne cherchent plus rien, la saveur de ta peau reste intacte.
Il me semble que tu hantes toujours mes chimères et l’azur de tes yeux reste encore ma victoire.
Lisse image, terre d’ancrage, c’est peut-être…
Barque frêle, libre amarre, c’est certain.
Sur mes lèvres qui ne clament plus rien, la justesse de tes mots s'est lovée.
Il me semble que tu nommes à jamais mes instincts et tes rouges pensés sont de tous mes repos.
Rires et larmes, pluie et vent, c’est encore…
Doux enclos, saisons mortes, c’est déjà.
 
 
Par Michel Giliberti - Publié dans : Photos et poésie.
Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 09:11
- Communauté : Poé-vie
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le-papillon
Ma mère, pétrie de toute son âme corse, était une grande superstitieuse.
Un parapluie ouvert dans un intérieur la mettait en émoi, une bouteille d'huile cassée la troublait tout à fait, du sel renversé sur la table lui faisait présager une dispute familiale imminente qui, à force d'être appréhendée, arrivait fatalement.
De toutes ces superstitions dérisoires, deux seules me convenaient, charmantes et poétiques. La première venait des abeilles qui lorsqu’elles pénétraient la maison étaient supposées apporter du bonheur, si au bout d’une sorte de litanie formulée en toute hâte par ma mère, l’abeille décidait de rester dans la maison. La deuxième venait des papillons qui, eux aussi, s’invitant chez nous par inadvertance, voletaient un peu partout à la recherche de la sortie. Là, nul besoin de prière, ils annonçaient une bonne nouvelle avant trois jours.
Et ce matin, en rangeant des papiers concernant ma pauvre mère, j’ai retrouvé cette photo maladroite que j’avais prise en toute hâte, l'été dernier. J’ai eu un pincement au cœur.
Est-ce que ce papillon sur une fenêtre de l'atelier m’apportera du bonheur dans les trois jours comme s’il était vraiment venu voleter autour de moi ?
 
Par Michel Giliberti - Publié dans : Réflexion
Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 08:20
- Communauté : blog artiste
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Noam C’est le soir, quand tout s’endort que s’éveillent les bruits de la terre, des bruits à peine chuchotés… des bruits de réconciliation, des bruits de tant de choses fermées à nos oreilles en journée quand nous avons tant à gueuler.

 

Par Michel Giliberti - Publié dans : Réflexion
Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 20:01
- Communauté : Poé-vie
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la-baie-battue-par-la-pluie
Vous dire que les objets ont une valeur serait faux.
La valeur, la vraie, traîne son injustice au cœur des peaux, des yeux, des mains. Elle s’éternise sur les lèvres qui font vibrer les vôtres ; sur l’attente de l’autre.
Mais voilà certains jours d’orage et de soleil mêlés, quand la vitre résonne du bruit tempétueux de l’eau en rafale, alors même que votre regard est absent, ces objets prennent vie et vous rappellent qu’ils ont été un acte d’amour à leur façon ; que vos mains fécondes dans un élan généreux les avaient placés là et pas ailleurs, et que l’harmonie, un jour d’osmose, n’a dépendu que d’eux.
 
Par Michel Giliberti - Publié dans : Photos et poésie.
Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 06:10
- Communauté : blog artiste
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porte

Le réel est si loin et le rêve si présent.
Quelle lumière pouvait mieux éclairer mes instincts que ce noir si profond en plein milieu de l’ocre?
À deux pas du désert.
J’étais seul.
Une entrée.
J’ai longtemps hésité au meilleur d’un midi qui mourrait. L’ombre aurait-elle la splendeur promise ?
Puis, comme l’écrin protège la nacre d’un bijou, j’ai laissé l’antre protéger le sable qui déploie ses voyages que le vent lui ordonne et j’ai repris le mien.
 
Par Michel Giliberti - Publié dans : Photos et poésie.
Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /2010 12:56
- Communauté : Poé-vie
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L’atelier au début des années quatre-vingt-dix sentait l’huile d’œillette et l’essence d’aspic. La maison n’était pas encore restaurée et permettait tous les excès.
Franck, Jérôme, Laurent, Emmanuel, Fabien, Xavier, David, Angélica et tant d’autres se retrouvaient là, assurés d’un café brûlant et de musique. Il y régnait une ambiance bon enfant. Les séances étaient longues et les rires nombreux.
Mes tableaux se faisaient au centre de cette belle amitié. Personne ne se prenait au sérieux, chacun donnait de lui et bien souvent les séances se terminaient en longues conversations au milieu de la fumée bleue des cigarettes.
De ces heures de vibrations constructives et artistiques, il me reste ces images qui en disent long sur l’intime de la fraternité et sur une époque si simple… Pas de portable, pas de Facebook, pas de blog. L’ordinateur ne servait qu’à écrire et à envoyer des mails… tout au plus, à consulter des sites.
Chacun rentrait chez soi en se disant « À demain » et demain existait ; il y avait la gouaille et la tendresse et de Franck, la beauté d’Emmanuel, le mystère des deux Laurent, le charme et la décontraction de Jérôme, le calme de Fabien, la superbe de David, la complexité de Xavier et la verve d’Angelica…

 

Mon-atelier

Laurent, Franck, Fabien... Ensemble, nous cherchions l'inspiration...

Mon-atelier-3
 Emmanuel et Franck à la recherche de la pose idéale (toujours dramatique avec moi)...
 
Mon-atelier-8
Emmanuel, Jérôme et Franck. Beaucoup d'efforts ; je leur demandais beaucoup...

Mon-atelier-2
Franck et Angélica,le frère et la soeur. Mes deux papillons dont la femelle s'est envolée, hélas !

Mon-atelier-5
Angélica et Fabien son amoureux. La passion de ces deux-là permettait toutes les poses sans contrainte.

Mon-atelier-10
Laurent, timide mais motivé dès qu'il s'agissait de travailler pour moi...

Mon-atelier-Laurent
Toujours Laurent... dans ses pensées.

L'atelier-3
Jérôme l'hockeyeur, la décontraction même...  ce jour-là, il n'avait même pas prévu de poser et pourtant...

Mon-atelier-11
Franck... toujours drôle, frondeur, adorable voyou. Tellement présent, encore aujourd'hui.

mon-atelier-Manu
Emmanuel, sublime... Que peut-on ajouter ? Mannequin à NY, galériste. Réussite absolue.

david-10
David, mystérieux, sensible. Son profil m'avait scotché un soir de vernissage ;  je lui avais demandé spontanément s'il voulait poser pour moi.

mon-atelier-17  
Laurent... Un autre Laurent. Magie absolue, entente totale. Poésie d'une rencontre complexe.

mon-atelier-19  
Xavier-Alexandre, si romantique, si proche, si inquiet. Tout lui posait question et lui en pose toujours. Curieux, vif... et grand photographe désormais.

mon-atelier-20  
Franck, Emmanuel, David... mes si beaux souvenirs et mon si beau présent... 
 
 
Par Michel Giliberti - Publié dans : Mes modèles...
Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /2010 18:47
- Communauté : blog artiste
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C
e matin entre deux dossiers j'ai
rencontré ce texte écrit lorsque j'avais dix-neuf ans. Petite émotion du temps passé qui embaume toujours de mes exaltations premières.

abdoul-2
Je n’attends plus rien des sentiers pierreux, des aiguilles de pin, des montagnes bleues.
Je n’attends plus rien des matins frileux dans un ciel jasmin, dans un ciel qui pleut.
Je n’attends plus rien du sable brulant entre mes deux mains et de l’air du temps.
Je n’attends plus rien du gris de la mer, de nos chevaux bruns, de leur train d’enfer.
Je n’attends plus rien des vapeurs d’alcool, du jeu de nos mains, des mots qui s’affolent.

© Michel Giliberti/1969
 
Par Michel Giliberti - Publié dans : Photos et poésie.
Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /2010 15:22
- Communauté : Poésie française
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