Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Lundi 12 mars 2007
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07:04
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Je témoigne souvent de la Tunisie, mais il est vrai qu’on ne parle jamais si bien que de
ce qu’on connaît et qu’on aime.
Sur ces photos de vacances, on voit un peu de l’intérieur de la médina de Hammamet, un peu de sa plage, puis Fehti et Mohamed, des amis de
Tunis.
À mon avis, la médina d’Hammamet est une des plus belles de Tunisie ; elle est extrêmement lumineuse, pas trop grande et entièrement bordée par la mer. Des bougainvilliers
éclaboussent de pourpre les murs blancs, les fers forgés bleus protègent les persiennes des fenêtres fermées sur leurs secrets. Les chats y sont rois et les enfants vous regardent avec de grands
yeux amusés.
On dirait un décor de théâtre, un peu comme à St Tropez, quant au détour d’un chemin étroit, on tombe sur certaines petites ruelles qui semblent
fabriquées de toute pièce pour faire naître des émotions.
J’adorerais habiter la médina d'Hammamet. Ce doit être un rêve de tous les jours que de se réveiller sur une de ses terrasses ouvertes sur l’horizon
turquoise, prendre son petit-déjeuner sous un soleil déjà éblouissant, avant d'aller sans se presser jusqu'au au marché acheter du raisin, des figues et du poisson à griller… Bon j’arrête, car ça
me donne envie de partir.
La vie idéale tient à peu de chose... mais le peu est souvent difficile à piéger.
Fethi et Mohamed © Giliberti / 2007
Mohamed ©
Giliberti / 2007
Ruelle de la médina
d'Hammamet © Giliberti / 2007
Fin de journée sur la plage de
Hammamet © Giliberti / 2007
Fethi © Giliberti /
2007
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Lundi 26 février 2007
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06:36
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La semaine dernière en
Tunisie, j’ai vu deux films à La Marsa.
Le premier s’appelle "Kahloucha" de Nejib Belkadhi et le second "Making off" de Nouri Bouzid.
Le premier était très particulier, très amusant et difficilement racontable, car c'est une histoire dans une histoire, traitée comme un
documentaire sur la vie d'un metteur en scène qui a toutes les difficultés du monde à monter un film, mais qui, par contre, possède
autant d'astuces et de combines jubilatoires bien que souvent épuisantes pour y parvenir.
Je vous livre le clip de la musique de la bande originale.
Le deuxième, "Making off" de Nouri Bouzid, qui a remporté, lors de la dernière session des JCC (journées cinémathographiques de Carthage)
le Tanit d'or et a valu à Lotfi Abdelli le prix de la meilleure interprétation masculine, est un film extraordinaire pour qui veut comprendre davantage le Maghreb, même si ce film
exclusivement tourné en Tunisie ne concerne que ce pays. On y montre les risques
d’islamisation de jeunes parfois paumés ; le tout est brillant, enlevé,
terriblement moderne et filmé avec une justesse de ton formidable. Les acteurs sont d'un naturel epoustouflant ; je suis tombé amoureux du travail de ce metteur en scène qui a trouvé en
plus de subtils moyens pour parler d'un sujet tabou et aussi grave que le terrorisme sans faire de la provocation.
Si vous voyez "Making off" dans les salles en France, courrez-y. C’est un vrai voyage initiatique dans la Tunisie modeste, loins des
clichés des magasines touristiques et des hôtels luxueux qui ne donnent pas envie d’aller plus loin que leurs piscines.
On y découvre une jeunesse sulfureuse et tendre à la fois, attachante et bringuebalée entre les traditions de l’Orient et les
images sulfureuses des télés de l’Occident. On comprend alors que le mélange peut-être explosif, même si la Tunisie est un des pays musulmans des plus protégés sur ce plan-là.
Je n'ai pas réussi à trouver la bande son de ce film, par contre j'ai ces quelques instants volés dans une soirée VIP à Tunis, où l'on voit le metteur en scène Nouri Bouzid (personnage
central en costume et crâne rasé) danser au milieu de jeunes
gens.
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Jeudi 15 février 2007
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Demain dimanche, je pars en Tunisie. En attendant je vous laisse un de mes tableaux qui parle de ce pays
ainsi que Nancy Ajram, une chanteuse qui fait un carton là-bas.
Si l’avion ne tombe pas je serai de retour le 12 février et le 14, à la saint Valentin, ce sera mon anniversaire… Pas étonnant si je vis en couple depuis 35 ans...
Alors, adieu pot au feu, coq au vin, tartes aux pommes et Normandie, je cours m’abonner pendant quinze jours aux
couscous, tajines, makrouds et à Sidi Bou Saïd...
De Carthage à Salammbô,
J’avançais sans mes yeux.
Les vôtres, noirs et vigilants
Suffisaient jusqu’aux ports Puniques.
© In Bleus d'attente /2001
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Samedi 27 janvier 2007
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07:20
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© Giliberti / 2007
Après des heures de route sous un soleil aveuglant, je fis une halte à Douz avant de continuer vers Tozeur. L’air
était suffocant et salé. C’était le milieu de l’après-midi et il n’y avait pas grand monde sur la petite place ; presque tous les habitants devaient faire la sieste. Malgré la chaleur, je
profitai pour me dégourdir les jambes et acheter de l’eau et des fruits dans une petite alimentation. À l’entrée du magasin, un garçon immobile, assis sur une caisse en bois, m’accueillit avec un
grand sourire. Une fois ma bouteille d’eau et mes fruis en main, je lui demandai si je pouvais prendre des photos de lui – Moi qui aime les photos sophistiquées, en Tunisie, c’est tout le
contraire, j’aime faire provisions de photos qui mettent en valeur la spontanéité des rencontres avec ses habitants – Il accepta avec joie, à condition que je lui en envoie une.
© Giliberti / 2007
Je déposai donc mes achats dans la voiture et revint avec mon appareil photo.
© Giliberti / 2007
Après quatre ou cinq clichés, je pris donc ses coordonnées, mais le temps de bien le comprendre et de tout noter, d’autres enfants approchèrent de nous, comme par magie, alors
qu’il n’y avait personne cinq minutes auparavant. Tous voulurent être pris en photos. (Phénomène très classique qui m’amuse toujours)
© Giliberti / 2007
Finalement, je dus récolter les adresses de chacun, mais hélas… quelques jours après, sur le chemin du retour, je les perdis; j’avais tant de choses dans ma voiture,
entre les tapis, les épices, l’huile, l’eau de rose et celle de géranium, bref, tout ce que je ramène chaque année en Normandie, que le petit papier sur lequel j’avais inscrit ces précieuses notes
et glissé entre les pages de mon guide, s’est volatilisé...
© Giliberti / 2007
Je suis malheureux de n’avoir pas pu leur faire plaisir et j’espère qu’à un prochain voyage, muni de ces photos, j’en reverrai certains d’entre eux et m’acquitterai enfin
de ma promesse.
© Giliberti / 2007
Dans tous les cas, une fois encore, les bonheurs les plus simples sont ceux qui me comblent.
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Mercredi 17 janvier 2007
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07:56
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À Tunis, il y a un immense parc nommé « le Belvédère ». Il domine toute la ville. On s’y promène à pied ou en voiture et l’on traverse ainsi de grands espaces
luxuriants aux senteurs pénétrantes.
On s’y repose, on y flâne. Les Tunisiens s’y rendent en famille ou seuls et prennent la fraîcheur sous les arbres ou au bord du grand lac, ou à la terrasse du
grand café à deux pas d’un zoo.
Photo © Giliberti
Ce jour-là avec Jalila, ma grande amie, je m’étais rendu au "point de vue", là où se trouve un monument de type moresque (la Kouba du Belvédère). Avec ma mère et mon père, nous y allions souvent
quand j’étais petit.
Je garai ma voiture pour aller comtempler la vue imprenable sur Tunis et quelques instant plus tard, nous rencontrâmes une équipe d'ouvriers qui travaillait à l’entretien de la bâtisse.
photo © Giliberti
Dans le groupe, deux garçons, les plus jeunes, n’arrêtaient pas de rire et de nous faire des signes pour qu’on les rejoigne. C’est ce que j’aime en Tunisie et pour moi qui suis assez introverti,
qui ne sais pas vraiment me mêler aux autres, là-bas, tout est possible ; les contacts se font toujours ainsi, spontanément.
Alors, on s’est approché. Nous avons longtemps discuté ensemble. J'ai baragouiné inutilement quelques mots d'arabe pour faire le malin, alors qu'ils parlaient très bien le français et je leur ai
pris quelques photos, dont celles-ci.
Photo © Giliberti
Comme ils étaient en plein travail et qu'ils se trouvaient négligés, ils m’ont demandé qu’on se retrouve un autre jour ; ils pourraient ainsi se préparer et poser pour de plus belles photos.
Photo © Giliberti
On a pris rendez-vous pour le surlendemain.
Effectivement cette fois, ils étaient bien habillés, parfumés, rasés et la nuque rafraîchie. Nous avons bu un pot en terrasse, puis comme promis, je leur ai pris
une nouvelle série de photos, mais j’avoue qu’une fois développée, j’ai préféré les premières, plus décontractées, plus authentiques. J’ai même une tendresse pour elles.
Dernière séance...

Photo © Giliberti / 2007
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Mercredi 3 janvier 2007
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09:09
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Fin d'après-midi ©
Giliberti / 2006
Après avoir embarqué sur un ferry à Sfax, j'accostai une heure plus tard aux îles de Kerkennah, à seulement vingt kilomètres des côtes tunisiennes.
Le dépaysement fut total.
Des palmiers, des palmiers, encore des palmiers... La mer turquoise, le sable jusque dans les terres, les marabouts verts et blancs, les maisons ocre et bleues... La nonchalance des insulaires
circulant à vélo ou marchant main dans la main. Tout me séduit.
Le marabout © Giliberti /
2006
C'était une fin d'après-midi. Je ne voulais plus repartir.
Le temps semblait arrêté. Il flottait sur l'île un parfum étrange, mélange de sel et d'épices, de poissons frais et de terre brûlée.
J'ai roulé un peu au hasard des rues et des routes qui longent la mer; je n'avais aucune envie de trouver mon hôtel.
Le repos © Giliberti / 2006
Au bord de l'eau, des hommes, pantalons retroussés jusqu'aux genoux, pêchaient ; d'autres discutaient et riaient. Les enfants se couraient après.
Il y avait une grande simplicité des êtres et des choses, de celles qui me confondent.
Je me suis enfin assis en retrait d'un ponton où s'activaient des femmes qui, plongées dans l'eau jusqu'aux cuisses, malgré leurs robes, lavaient de la laine en la frappant avec un
battoir.
Les laveuses de laine
© Giliberti / 2006
Des jeunes gens apercevant ma discrète présence me firent des signes amicaux et me proposèrent de rentrer dans leur ronde puis, à la vue de mon appareil
photo, voulurent tous poser pour moi. Je m'y pliai bien volontiers.
Je pense qu'un homme triste est un homme qui n'a jamais connu cet espace-temps, où tout ce que vous dites, tout ce que vous faites semble lié au privilège et développe le meilleur
de vous-même.
Le soleil commença sa lente descente jusqu'à l'horizon. L' île passa du bleu à l'orange. Les pêcheurs cessèrent de battre les vagues de leurs grandes palmes et arrêtèrent ainsi d'effrayer les
mulets qui, scintillants, bondissaient hors de l'eau et retombaient sur des claies, puis ils vidèrent leurs gargoulettes des poulpes qui s'y étaient réfugiés.
La pêche miraculeuse ©
Giliberti / 2006
J'avais faim.
J'ai répondu au sourire amical d'un garçon et ensemble, nous avons discuté de tout et de rien quelques instants avant qu'il me demande lui aussi de le prendre en photo. Protégé par
l'objectif, je remarquai à quel point il aurait fait un excellent modèle, mais je n'avais aucun courage d'aller plus loin dans la discussion et comme je repartais dans deux jours pour Mahdia, je
n'aspirais qu'à me reposer. Enfin, j'ai retrouvé ma voiture. Vitres baissées dans la chaleur du soir, j'ai roulé lentement jusqu'à l'hôtel, le bras ballant à l'extérieur la portière, comme un
vrai tunisien, à respirer cet air si particulier qui enferme les îles.
Après une bonne douche, je suis ressorti afin d'apprivoiser la nuit nouvelle.
Un sourire de Kerkennah ©
Giliberti / 2006
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Dimanche 3 décembre 2006
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08:01
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