Dimanche 18 novembre 2007
« L’amant »…
Un homme étrangle la femme qu’il aime...
Petit dérèglement passager de ma fébrile inspiration de cette année 1992.
J’ai un faible pour ce portrait de Franck qui posait là avec sa sœur.
J’aime énormément son visage quelque peu "Bonaparte sur le pont d’Arcole".
Cette période de sa vie où il était particulièrement beau correspondait à ce que j’attends d’un visage : mystère, profondeur, détachement... fierté.
Dans
ces années-là, j’avais des semelles de plomb et Franck parvenait à rendre ma marche plus légère.
La maison était en travaux ; il venait souvent me rendre visite. C’était un va-et-vient assez régulier qui me permettait d'oublier que ce n'était pas
évident, pour le citadin que j'étais, de rencontrer la campagne pour la première fois. Ses passages me rassuraient, même si parfois ils me distrayaient de
mon travail.
« L’amant »…
Franck étrangle une femme.
Lui qui aimait déraisonner et entrer dans des conversations surréalistes à propos de la vie et de la mort, je pense qu'il avait dû être sensible à ce tableau. Je dis « avait dû », car j'ignore ce
qu’il en a pensé.
S'il manifesta une vraie joie pour les deux ou trois premiers tableaux qu'il m'avait inspirés, Franck resta toujours
assez discret sur ses impressions à propos de la longue série de toiles que je fis de lui.
La koubba du belvédère de Tunis.
Les lieux sombres et discrets au fond du parc ouvraient sur tous les rires, sur tous les mots. Aux abords des silences, où l’erreur est permise, ils donnaient à l’infime des
allures grandioses, et au moindre parfum, des vertiges insondables.
Les délices et les désirs sont souvent lettres mortes et
vouloir donner vie d’un regard ou d’un geste,vous fait croire au divin.
Moi, au soufre de ta peau, je trouvais des volcans
inconnus qui balayaient les rites et brûlaient les remords.
La splendeur des hommes est en soi si petite, qu’il faut bien dans le marbre la devoir à nouveau… dans le plâtre, la noyer et la battre.
Mais la bête qui fuit sait souvent revenir et se laisser dompter, ne serait-ce que pour croire que les cages ont une âme.






Vendredi 16 novembre 2007

Vous souvient-il
Des heures bleues, si fragiles
Quand mes mots infantiles
Trahissaient toutes mes émotions ?
Vous souvient-il
Des soirées rouges, si fébriles
Quand mes peurs inutiles
Diluaient toutes vos intentions ?
Vous souvient-il
De mes phrases sombres ou puériles
Que je voulais subtiles
Et qui niaient mes aspirations ?
Vous souvient-il
De mes gestes fous ou bien futiles
Qui, d’être si peu tactiles
Signèrent votre capitulation ?
© Giliberti / 2007
Mercredi 14 novembre 2007
« Pris en otage !!! »
Ça y est… La harangue est lancée.
À chaque grève, ce slogan d’une bêtise sans nom se répand aussi vite qu’une marée noire sur nos écrans et dans nos radios.
Pourquoi certains travailleurs se sentent-ils « pris en otage » deux ou trois fois par an par d'autres travailleurs, alors qu'ils le sont à longueur d'année par les crédits (qui ruinent les
familles), les téléphones portables, les ordinateurs, les pubs, les émissions nulles à chier (excusez l’expression), les lobbies de tout poil, la malbouffe, l’intoxication télévisuelle sur des
sujets aussi fondamentaux que « maigrir avant l’été », « comment rester jeune ? », « comment nourrir son chien ? » et tant et tant d’autres manipulations qui font de nous des otages permanents !
Et qu’on ne me parle pas des privilèges de ceux qui travaillent à la SNCF, des fonctionnaires, des enseignants, des infirmières, des étudiants, des retraités, etc. (tous ceux qui font que notre
pays existe), alors que les vrais privilèges sont ailleurs...
Il est un peu trop facile de diviser pour règner, comme le faisait Louis XIV, et ensuite de faire intervenir la police et l’armée pour faire taire les revendications des peuples au nom d’une
pensée politique prétenduement juste.
L'instauration de la sécurité tous azimuts ( le recours massif aux caméras de surveillance, aux milices armées, aux vigiles, etc.) a déjà signé la fin de tous les possibles...
Ce n'est plus la justice qu'on nous propose comme modèle de société, mais la soumission...
Et la soumission, c'est bien elle qui fait de nous des otages !
par Michel giliberti
publié dans :
Société
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Un air de guitare en soirée, quand dehors le vent s’amuse à vous faire peur.
Vous êtes là, derrière lui, près de la cheminée, un alcool fort entre les mains, à l'écouter.
Le feu incendie sa peau, trop de chaleur.
Les quelques notes de gris métal s'arrêtent sur un accord, et la guitare se tait, posée contre le mur.
Son pull glisse à
terre et puis le reste...
Et puis... sa peau !
Et il se tourne enfin dans la lumière des flammes.
Vous le contemplez au coeur des ombres vives et rousses comme cette nuit d'automne qui vient et puis s’installe.
Demain les labours reprendront et avec eux la valse des étourneaux comme des taches d'encre dans un ciel de buvard.
Vous serrez davantage votre verre entre les doigts ; la gorge sèche, vous vous dites : « Et maintenant ? »
Dimanche 11 novembre 2007

Et s’il fallait courir, plutôt que marcher.
Et s’il fallait se perdre plutôt que de se trouver.
Il y aurait peut-être le rêve franchi, le rêve à soi, enfin comme une capture, une soif de se dépasser.
Les chemins pénètrent les forêts et nous les suivons avec entrain. J’aimerais entrer dans l’obscure de mes vœux avec le même zèle puis, au bout des dents le brun d’herbe ou la fleur nécessaire à
l’image.
Et courir, me ravir, m’épanouir et…
Souffler, m’épuiser, m’allonger sous un arbre et…
L’ouvrage de toute une vie tient à ces petits points, ces accrocs et ces mailles que l'on tend.
Un écart dans l’ordre des choses pour sourire au désordre.
Dire non au sevrage imposé qui nous lie pieds et poings et nous rend sans saveur.
S’égarer, mes frères… s’égarer ! Nul besoin de GPS dans le bleu de nos si courtes existences.
Déjà que j’étais préoccupé par des problèmes personnels ces derniers jours, j’ai dû subir en plus les roucoulades de Sarkozy
devant Bush, puisant la substance populiste qui lui permet de jouir de ses propos dans les billets imbéciles de son scribe bouffon, Henri Guenaud, « l’Attaché à ses basques ».
La « danse des épaules » qu’il effectuait alors qu’il louait la « culture américaine » rappelait un peu celle des Amérindiens massacrés lors de
la conquête de l’Ouest, à la différence que ces malheureuses victimes de la supériorité du « blanc » dansaient pour faire pleuvoir, eux ! – et certainement pas des bombes atomiques sur les déjà
terroristes japonais, et un peu plus tard sur tous les autres terroristes de la terre.
Mais il n’est pas surprenant
qu’il se fasse le chantre du massacre au nom de « l’histoire de la civilisation » auprès de ses « amis » américains dès lors que dans son discours de Dakar il s’est encore appuyé sur Guenaud «
l’idéologue fasciste » pour dire : « Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire » et que « jamais il ne s'élance vers l'avenir
».
Pas étonnant non plus qu’il ait, durant sa campagne, critiqué « mai 68 », l’évènement qui allait contre l’ordre
établi ; j’en arrive à me demander si ce qui l’énervait le plus dans cette période n’était pas en réalité le côté festif et rassembleur (quelqu’un avait dit : « joyeux »).
Oui… Peut-être que la foule en liesse, la joie et les autres manifestations du bonheur partagé ne peuvent pas plaire à Sarkozy, quand elles ne
lui sont pas destinées. Il veut sans doute être le seul à occuper nos esprits avec ses boutades... le seul à jouer l’enfant-roi !
Hier je me baladais dans Paris, et à part quelques gamins encore innocents des manœuvres crapuleuses du monde libéral, je peux bien dire que la plupart des gens faisaient la
gueule…
Une bonne révolution joyeuse, c’est ça qu’il nous faut ! car c’est le rire qui nous manque le plus dans cette
société où la vulgarité , les insanités, l’argent, le voyeurisme et le cul occupent les esprits. Même dans la littérature corrompue (voir le dernier Goncourt) seules les biographies des stars ou
des princesses font vendre (et quand je dis stars, je peux ajouter putes, animateurs, voleurs, etc.)
Mais l’avenir est sauf
mes amis, car bientôt on nous collera une caméra sur le front et un GPS dans le cul pour être certain d’être repéré partout où nous irons ! Encore mieux que toutes les caméras supplémentaires que
veut installer l’épouvantail rigide, agaçant et insipide… comment s’appelle-t-il déjà ? ah oui... l’Aliot Marie !
« Je
suis pour un véritable État policier qui vous dise de faire là où il faut que vous fassiez, un véritable État policier où tous les coups sont permis, un véritable État policier qui protège
l’ordre moral, la richesse et le travail des pauvres. »
Oui ! voilà le véritable discours que devrait transmettre « le
porte-parole » de Guenaud plutôt que d’évoquer « l’intérêt, la sécurité des Français et la lutte contre le terrorisme » à l’instar de ses amis américains !
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