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Dimanche 18 février 2007
Eh oui les lâches ont la vie dure... mais ça y est, Papon a crevé!

Je vous conseille un livre magnifique « A Vanished World » de Roman Vishniac, avec une préface d'Élie Wiesel,qui est en vente au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme à Paris, lieu d'une exposition bouleversante jusqu'au 25 février sur cette époque tragique du nazisme. C'est un livre de photos en noir et blanc, qui au fil des pages, de visages humbles en sourires d’enfants innocents, met en lumière – alors que les juifs étaient traités de nantis et de responsables de tous les malheurs du monde – combien il y avait surtout de juifs modestes pour ne pas dire miséreux.

© A Penguin book

Cette époque tragique m’a toujours bouleversé, et ce, depuis mon jeune âge, car, à Toulon, alors que j’avais tout juste douze ans, mes parents m’avaient amené voir une exposition de photos sur le génocide des juifs. Je n’ai jamais oublié les visages décharnés et hébétés de ces prisonniers dans les camps de concentration et à l’instant même où j’écris je ressens toujours ce malaise qui m’empêche de continuer. Que pourrais-je dire de plus? Tout le monde connaît l’horreur de la Shoah.
Quant au clip qui suit, pas de commentaire, si ce n’est pour un détail : c’était la musique, mais simplement chantée  par une femme, qui ouvrait ma pièce de théâtre " Le centième nom" avec en fond sonore le bruit des grillons.

Voici un extrait d'un texte de l'auteur des photos.

“Je n’ai pas pu sauver mon peuple, j’ai seulement sauvé son souvenir. Pourquoi ai-je fait cela ? Un appareil photo caché pour rappeler comment vivait un peuple qui ne souhaitait pas être fixé sur la pellicule peut vous paraître étrange. Était-ce de la folie que de franchir sans cesse des frontières en risquant chaque jour ma vie ? Quelle que soit la question, ma réponse reste la même : il fallait le faire. Je sentais que le monde allait être happé par l’ombre démente du nazisme et qu’il en résulterait l’anéantissement d’un peuple dont aucun porte-parole ne rappellerait le tourment. [...] Je savais qu’il était de mon devoir de faire en sorte que ce monde disparu ne s’efface pas complètement...”

Roman Vishniac
par --- publié dans : Michel Giliberti
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