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Lundi 19 février 2007

Ce tableau de Cédric a servi pour la pochette de mon livre « Le bruit paisible des secrets » sorti en octobre 2005.
C'est un tableau sombre et assez dramatique aux antipodes de sa personnalité.

Cédric est un garçon du sud.
Son père a posé pour moi, il y a plus de vingt ans, quand il n'était encore que le fiancé de Patricia, la soeur de Chantal, mon amie de toujours.
Ce qui fait qu'après le père, j'ai peint le fils, et avec un peu de chance si je ne suis pas en compagnie des pissenlits, je peindrais le petit-fils. Je trouve très originale cette filiation picturale.
Le père de Cédric était très beau avec ses yeux verts, ses paupières lourdes et érotiques et sa moustache de macho qui faisait tout son charme.
Cédric est un coureur de filles invétéré et très sûr de sa séduction. C'est vrai qu'il est beau et charmeur ( son frère aussi ). Il est très communicatif, vous séduit et vous désinhibe très vite. Il est drôle, très décalé de tout, et il se moque de Chantal et de moi lorsque nous lui évoquons nos folles nuits à Marseille dans la boîte gay des années 60 ( Le Cancan ) quand on s'éclatait comme des bêtes à danser jusqu'au petit matin et qu'on se retrouvait complètement HS à la gare St-Charles à attendre le premier train de 6h en partance pour Toulon.

Chantal et moi © Sylvie Brutinel

Que de souvenirs, que de fous rires, que d'insouciance...
Je vous posterais bientôt des photos de Cédric et de Guy ( son père ).
Quand on se réunit tous à Toulon ( les soeurs, les beaux-frères et les enfants ) et que le Pastis et le whisky circulent sans modération, je peux vous dire que l’ambiance est chaude et que les fous rires sont bien là.
J'adore cette famille, Chantal, Patricia, Sylvie, Michelle, Monique et Jean-Édouard, c'est un peu la mienne depuis le temps qu'on se connaît.

Royale Ségolène

Sans aucun rapport avec tout ça, j'ajoute que j'ai été très satisfait de la prestation de Ségolène Royal hier soir. Je la trouve excellente quand elle répond du tac au tac.
Elle n'a hésité que quelques secondes à la fin de l’émission quand une espèce d'insupportable vieux beau a péroré avec prétention et arrogance sur son incapacité à exposer des mesures claires... alors qu'elle n'avait fait que ça toute la soirée ! Son trouble s'est davantage ressenti lorsqu'elle a répondu à ses questions sur l'immigration en disant ( ce que personnellement j'ai toujours pensé ) que l'on pouvait concrètement mieux aider les peuples en difficulté en travaillant avec eux et sur place, pour éviter des migrations douloureuses.
Et cette espèce de prétentieux – qui prenait tout de haut et niait l’ensemble de son pacte présidentiel – lui a coupé la parole quand elle voulut préciser (pour justifier cette aide ) : « Nous avons tant pillé ces pays... » en lançant avec exaspération et de façon solennelle pour affirmer sa supposée autorité : « ne me faites pas ce coup-là, de grâce ! » genre – « Nous n'avons rien pillé ».
Alors que oui, mille fois oui, nous avons pillé, massacré, asservi au nom de Dieu et de notre prétendue civilisation !
Moi, je lui aurais fait fermer sa gueule en hurlant (car je ne suis pas du tout calme ).
Je ne rentre pas dans les détails, car je ressens encore de la colère pour ce connard et je voudrais rester digne sur mon blog car cette chiure de mouche n’en vaut pas le coup.
Comment Ségolène a-t'elle pu rester si digne  ?
Moi, je n’aurais jamais pu faire de la politique !
Bravo!

par Michel Giliberti publié dans : Mes modèles...
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Lundi 19 février 2007

Dans la poussière de ces années difficiles et pourtant exaltantes, j’aime à imaginer que nous sommes autre chose que des individus dépourvus de temps, de ce temps que nous avons inventé dès que nous sûmes l’estimer, de ce temps qui, aujourd’hui, nous incite à nous battre contre lui et à nous transformer en petits robots.
Avec les poètes, je veux penser que là-bas ou ici, devant ou derrière, existe encore un souffle de clairvoyance, une onde magnifique sur l’infini de nos erreurs, une respiration possible, un arrachement à la surdité et à la cécité ambiantes, une curiosité originelle.
La mondialisation qui devrait encourager la fraternité ne se réfère, hélas, qu’aux marchés et à la croissance.
L’occident fait les yeux doux à la Chine, à ses buildings qui poussent comme des champignons, à sa main-d’oeuvre bon marché, à ses travailleurs qui travaillent « eux » 70h par semaine (un rêve sarkosien).
Je ne sais pas si la croissance est la panacée, je suis bien trop novice en la matière, mais cette uniformisation des lieus et des gens est-elle nécessaire à l’humanité ?
Cela nous fera-t-il plus respecter l’autre dès lors qu’on aura voulu gommer sa différence au nom du profit et de la croissance ?
J’ai vu un reportage sur la Mauritanie, qui, satisfaite d’avoir découvert de belles ressources de pétrole, compte bien vivre du tourisme en installant une multitude d’hôtels sur ses rivages encore vierges de zones touristiques...
Ainsi, la Tunisie, que je connais bien, s’est trouvé défigurée en moins de vingt ans par des hôtels démesurés, des autoroutes (vides), des infrastructures gigantesques balayant les forêts, les paysages côtiers et faisant disparaître une multitude d’espèces animales et végétales.
Si parcellaire soit-elle, j’espère que notre conscience pourra encore s’étonner et se distraire d’un rivage sans hôtel et d’un pécheur sur sa barque.
Peut-il y avoir un progrès responsable qui laisserait à chaque pays son identité ?
Que seront nos voyages si nous devons ne rencontrer que les mêmes dortoirs, manger la même merde et voir ce qu’on nous dit de voir ?
Les lieux authentiques existeront encore, mais ils ne seront plus que des réserves pour milliardaires en mal d’aventure... les derniers « Nicolas Hulot » et "Arthus Bertrand" de la Terre.


Alors que les rites et les racines devraient rester inscrits dans chaque nouveauté, comme une signature qui perpétuerait les origines et nous ferait savourer toutes les différences, on veut nous imposer une vision unique comme on nous a imposé un Dieu unique.
Et, si ce Dieu percute encore l’imaginaire de bien d’entre nous, lui qui, comme le temps, comme l’argent, comme le pouvoir, fut inventé par nous, que cette passion stérile ne nous égare pas.
Après tout, nous, nous sommes certainement Dieu et cette simple appartenance devrait nous rappeler que nous avons le devoir de préserver ce que le hasard, ou la chance, nous a légué : notre futur, plutôt que de nous abrutir de tout ce qu’il y a de plus facile, dans ce complot des affairismes et des égoïsmes qui nous assujettissent.
Notre conscience devrait nous rappeler, comme dans certaines tribus, l’oralité de nos années préparatoires pour devenir les hommes d’aujourd’hui et nous apprendre à mieux nous regarder, pour éviter que dans un monde futur sans surprise, grandisse notre solitude... et je pense au tableau d'Edward Munch "Le Cri" qui n'est jamais qu'une métaphore de la solitude de l'homme moderne.


Rêvons...


© F Giliberti / Halkidiki / Grèce

Je veux être ignorant
Et apprendre avec toi
Je veux être lavé
Et me salir de toi
Je veux être l’esclave
Et régner dans tes yeux
Je veux l’eau puis la terre
Et me taire dans ce lot.
© Giliberti / 2007
 

par Michel Giliberti publié dans : Réflexion
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