Jeudi 12 avril 2007

Le soleil a commencé sa lente descente à l'horizon…
J’étais en train d’élaguer quelques branches quand j'ai vu l’entrée du jardin à l'arrière de la maison et la lumière rasante qui joue avec le vert encore jeune de l’herbe nouvelle ; la lumière qui se faufile entre les bambous et les fleurs du pommier. Je n’ai pas résisté. J’ai posé sécateur et gants pour capturer cet instant.
Je me demande pourquoi je pars si souvent d'ici.


par Michel giliberti publié dans : Réflexion
Jeudi 12 avril 2007
Dans l’Amenti, souvent
Je me mens et m’en veux.
La demeure des morts
Ne défait pas les liens
Des défunts qui m'aliènent
À panser de leurs maux
Mes désirs de penser.
Dans l’Amenti je mens
À l'amant qui se meure.
La demeure des morts
Ne défait pas les faits.

© Giliberti / 2007


J’ai eu une longue période où je ne pouvais concevoir de peindre un personnage sans l’entourer de bandelettes, de haillons, de lambeaux de toutes sortes, jusqu’à faire de sa propre peau une fois déchirée, tailladée, pelée, une sorte de protection de son corps lui-même transformé en minéral.
Toute la symbolique de la blessure y était projetée, allant même jusqu’à celle de la mort puisqu’on pouvait y retrouver également le thème de la momie, chère à mes inspirations. Des momies vivantes, enfermées dans ce qui pouvait être considéré comme des pansements.
J’aime beaucoup le verbe « Panser » si proche bien sûr de « Penser ».
Les deux, intimement mêlés dans leur sens, exercent sur moi un pouvoir certain, une fascination même.

« Penser » donne à croire qu’on s’élève, qu'on "soigne"son mental.
« Panser » veut bien dire protéger, mettre à l’abri de bandes la blessure du corps à soigner.
L'un comme l'autre offre une consolidation de la tête et du corps.
Les deux verbes font partie de ma pharmacopée mentale.

Comme pour toute maladie psychosomatique, ce thème du pansement à toujours bénéficié de longues périodes de rémission… et puis il revient dès que je rechute.
En ce moment, j'entâme une rechute… mes personnages vont devoir retrouver ces haillons de fortunes qui ne dépendent que de la mienne, hélas.


par Michel giliberti publié dans : Peinture et Poésie

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