C’est ainsi que les pluies se sont épuisées.C’est ainsi que les terres se sont asséchées.
De mes fêtes musicales, j’ai su dire l’essentiel et taire l’inutile. Dans cet ensemble des choses et des gens mêlés, je me nourris désormais du seul temps qu’il me reste. Je me nourris de mon âge.
Les terres écarlates de mes pensées ont bleui, et avec du rouge et du bleu, un peintre fait du violet… une couleur qui installe la sérénité, juste après les deuils…
Moi qui vis sur les dunes de sable, de celles qui chantent, moi qui aime le désert, j’abandonne à ton rire les plaies de mes sourires et je vis comme on meurt d’une absence qui me pèse.
J’ai toujours dit que je ne peignais pas pour « tous », mais pour « chacun » ; aujourd’hui je sais que ces mots sont vains. Mes espoirs ont autant de poisons que l’hellébore mauve et pâle, verte ou blanche, qui capture mes yeux tout en penchant sa tête, bien à l’ombre des arbres.
Les jardins sont des hommes aux bras forts et rugueux qui déploient des mystères et engendrent les destins. Ils vous donnent à croire à l’éternité alors qu’ il faut tant de temps pour qu’un arbre impressionne.
par Michel giliberti
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Réflexion
Je n’ose même pas vous raconter la dernière de ma caissière, ce matin, car vous allez penser que j’invente, mais comment résister, vous
commencez à me connaître…
Ma caissière décidément très bavarde était en grande conversation avec une cliente, quand j’arrivai à la caisse…
– J’ai vu à l’émission de Ruquier qu’on opérait les sourds maintenant, et ça marche.
La cliente écoutait avec plaisir et attention.
– On leur met un truc dans la tête et hop, ils entendent, ajouta-elle.
La cliente, un peu sur sa faim parce qu’elle n’avait probablement pas vu l’émission en question, lui demanda davantage de détails...
– Ben c’est comme je vous dis, on leur met un truc dans la tête sous les cheveux… c’est comme un porte-clef, mais en plus grand, vous voyez ? »
La cliente ne voyait rien, à l’évidence.
Alors, ma caissière continua.
– Ils leur mettent un truc en métal sous les ch’veux ou dans l’cerveau, j’sais plus trop, et puis une fausse oreille aussi. Lui, il en avait pas, vous comprenez ? mais dès qu’il en a eu une avec le porte-clef, paf il a entendu ! Maintenant, ma mère en veut un elle aussi, elle est sourde comme un pot !
À ce stade de l’échange, la cliente émit un raclement de gorge significatif et acquiesça timidement gênée de ne pouvoir rétorquer quoi que ce soit.
Et c’est à ce moment que ma caissière conclut, goguenarde.
– Remarquez au prix du porte-clef, j’pourrais pas en offrir un à ma mère, vu qu’elle perd tout… Autant qu’elle conserve son appareil, vous savez le truc… là… ah… comment ça s’appelle déjà ?… le truc que Robert Hossein, il en parle tout l’temps à la télé… Audika, voilà ! çui-là, c’est plus sûr, au moins il reste au fond d’l’oreille ! Elle risque pas d’le perdre.»
La cliente a rencontré mon regard. J’ignore toujours comment on a fait pour ne pas éclater de rire, mais nous étions sur la même longueur d’ondes…
Ma caissière décidément très bavarde était en grande conversation avec une cliente, quand j’arrivai à la caisse…
– J’ai vu à l’émission de Ruquier qu’on opérait les sourds maintenant, et ça marche.
La cliente écoutait avec plaisir et attention.
– On leur met un truc dans la tête et hop, ils entendent, ajouta-elle.
La cliente, un peu sur sa faim parce qu’elle n’avait probablement pas vu l’émission en question, lui demanda davantage de détails...
– Ben c’est comme je vous dis, on leur met un truc dans la tête sous les cheveux… c’est comme un porte-clef, mais en plus grand, vous voyez ? »
La cliente ne voyait rien, à l’évidence.
Alors, ma caissière continua.
– Ils leur mettent un truc en métal sous les ch’veux ou dans l’cerveau, j’sais plus trop, et puis une fausse oreille aussi. Lui, il en avait pas, vous comprenez ? mais dès qu’il en a eu une avec le porte-clef, paf il a entendu ! Maintenant, ma mère en veut un elle aussi, elle est sourde comme un pot !
À ce stade de l’échange, la cliente émit un raclement de gorge significatif et acquiesça timidement gênée de ne pouvoir rétorquer quoi que ce soit.
Et c’est à ce moment que ma caissière conclut, goguenarde.
– Remarquez au prix du porte-clef, j’pourrais pas en offrir un à ma mère, vu qu’elle perd tout… Autant qu’elle conserve son appareil, vous savez le truc… là… ah… comment ça s’appelle déjà ?… le truc que Robert Hossein, il en parle tout l’temps à la télé… Audika, voilà ! çui-là, c’est plus sûr, au moins il reste au fond d’l’oreille ! Elle risque pas d’le perdre.»
La cliente a rencontré mon regard. J’ignore toujours comment on a fait pour ne pas éclater de rire, mais nous étions sur la même longueur d’ondes…
par Michel giliberti
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Quelle misère !







