Lula, le président brésilien triomphalement réélu dans son pays a dit cette phrase qui de nos jours peut paraître singulière : « Il vaut mieux construire des écoles que des prisons ».
Ces mots si simples sont à l’image des gens de bon sens. Ils me donnent confiance en l’humanité et me font oublier le petit agité des épaules qui argumente l’autorité, la punition, la tolérance zéro et brandit le spectre de l’insécurité et de la prison sans se soucier des conséquences de l’incarcération qui fera d’un bleu à l’arrivée, un homme aguerri à la sortie ; une espèce de guerrier de l’ombre prêt à détruire une société prétendument éclairée…
La haine, c’est beaucoup d’amour ignoré…

De tous les clairs obscurs
Bleuis de tant de larmes
Celui que je préfère
Se pose sur tes cernes
De tous les souffles amisPrivés de la poussière
Celui que je préfère
Arrive de ta gorge
De toutes les prisons
Fondées sur l’injustice
Celle que je préfère
M’enferme à tes mensonges.
© Giliberti - 2006
par Michel Giliberti
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Société
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"C'était un vol silencieux, noir et brillant, un bonheur pervers émaillé de toutes les chimères restituées. Je vivais le miracle, l'oasis silencieuse que le mirage rend palpitante. Je l'ai aimé à en crever, et cette alliance de cuivre n'allait me laisser que le sulfate du vert abandon."
In "Neiges d'octobre" - Editions Cylibris
Sur la route de Matmata/photo © M. Giliberti 2006
Il est des hommes doués
Comme autant de printemps
Qui se taisent et se terrent
Puis s’exhalent en secret.
Ceux-là mêmes qui refusent
Le soleil des mots
pleins
Les eaux fortes des sens
Et le verbe qui les
sacre.
J’ai pourtant rendez-vous
Au cadran d’un
parcours
Que ni toi ni les autres
À l’usure de vos
gestes
Ne pourrez conjurer.
© Giliberti - 2006
par Michel Giliberti
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Tunisie
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J'ai longtemps pensé que la poésie, quand elle n'est pas poésie de salon, était le moyen de tous les combats.
René Char pour la France, ou Mahmoud Darwich pour la Palestine, pour ne citer qu'eux, ont su trouvé les mots suffisamment grands, forts et subtils pour éclabousser de courage les gens de coeur et faire grandir les esprits.
Aujourd'hui, les poètes combattent toujours...
La révolte existe, on la retrouve la plupart du temps dans les textes de certains rappeurs.
Leurs poésies âpres, souvent violentes, magnifiques ou incendiaires, sont malheureusement enfermées dans un vocabulaire codé et dans une imagerie précise, nourrie du look et des mots de la banlieue. Elles ne permettent pas toujours de les comprendre ni ne donnent l'envie de s'associer à la révolte qu'elles clament. Hélas chacun de nous, attaché aux mots qu'il connaît ne fait pas l'effort d'en découvrir d'autres et si les mots ne dévoilent pas les maux, comment prendre conscience du mal des banlieues ? Dès lors, la rupture se crée. L'idée du combat doit être fédératrice, sinon elle est condamnée à la clandestinité... Or les banlieues ne doivent pas devenir le maquis.
On peut me rétorquer que la révolte est bien obligée de naître et de vivre du milieu qui la nourrit, mais il ne faut jamais oublier que toutes les révoltes réussies sont celles qui ont été comprises de tous.
En 1968, les ouvriers ont rejoint les étudiants parce qu'ils avaient compris leur message. Un vrai mouvement de contestation a éclaté et en remontant dans l'histoire, on retrouve toujours ces unions... jusqu'à la Révolution française, jusqu'à la République.
Moi qui suis un inconditionnel des textes de rappeurs depuis toujours, moi qui ai lu des textes qui m'ont fait pleurer tant ils étaient forts... j'enrage de voir tant de gens les ignorer ou n'en retenir que ce qui les condamne parce qu'ils ne comprennent pas cette langue-là...
Quel gâchis ! Alors que nos conditions d'hommes asservis à un système sont les mêmes !

Acquis... la prison !
À qui le soleil ?
Acquis... l'obédience !
À qui le pouvoir ?
Acquis... la misère !
À qui le profit ?
Acquis... l'hilotisme !
À qui la main mise ?
In « Bleus d'attente » de Michel Giliberti aux éditions Librairie Galerie Racine - 2001
On n’est pas prêts d’oublier cette sordide histoire de bébés français retrouvés congelés en Corée (question de coût ?) qui a agité l’actualité ces derniers temps au point de monopoliser la première partie des infos toutes chaînes confondues.
Dans cette sale et froide affaire de congélateur bien garni, je reste sur ma faim quant à la non-responsabilité de Monsieur Picard… Qu’il ne se soit pas aperçu à trois reprises que sa femme était enceinte, si givré soit-il, je l’accepte volontiers ; tant d’hommes sont si indifférents à leurs épouses et, comme pas mal de machos, Monsieur Picard, après tout, pouvait ne jamais remarquer si sa moitié changeait de coiffure ou de toilette et à fortiori, si elle grossissait… mais de là à ne pas s’interroger sur les deux paquets de viande jamais utilisés qui reposaient dans le congélo… il y a une marge. Était-il si indifférent à tout ? Indifférent au point de ne pas ouvrir le frigo ? Dans ce cas, on peut penser que Madame Picard est une victime et que lassée par la froideur de son mari, elle a voulu briser la glace et « attiser » son attention. Tous les moyens ont dû y passer, mais hélas, Picard devait rester enfermé dans son igloo mental… Alors, la malheureuse s’est ingéniée à le séduire avec quelque chose qui lui ressemblait et pour vouloir trop en faire, elle est tombée dans ce triste fait d’hiver qui donne froid dans le dos.
Ce dont on est certain, c’est que ces deux malheureux petits grêlons n’auront jamais connu les joies simples de la vie, dans la douce chaleur d’un foyer… rien, ni l’amour, ni le sport… Juste un « hoquet » sur glace, avant…
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