Les Tunisiens sont souvent des enfants… Je le suis moi-même, à tel point que certains d'entre eux m'ont donné comme
surnom « Toujours Petit » et notamment Fethi, un ami de longue date.
Ce garçon adore s’amuser sur la plage près de la Médina d’Hammamet. Il joue au ballon, fait des châteaux de sable, mais c'est
sa barque qui lui donne toute sa joie et il partage sa vie avec elle. Il pêche avec elle, il se repose sur elle, il dort en elle, et surtout, il me parle d’elle.
Il me parle de ses rondeurs, de ses bleus, de ses jaunes et de ses rouges… Il en parle comme d’une maîtresse fardée et généreuse.
Et si moi je reste sur le sable pour prendre tout le soleil qu'il me manque, Fethi, lui, c'est encore sur sa barque qu'il le
reçoit.
Heureusement le soir, nous nous installons sur les nattes et les coussins du café Sidi Bou Hedid pour boire un thé à la menthe, se laisser envahir de l’odeur des chichas et de la voix d’Oum
Kalsoum qui chavire les cœurs de chacun.
Et là, c’est moi qui parle, qui parle, qui parle…
Je parle aussi de ma barque... de mon « embarquement » sinon pour Cythère, du moins pour la Tunisie.
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