Souvent je me suis amusé des conversations entre caissières et clients ; toutes avaient
comme un point commun la banalité de nos propos de tous les jours.
Mais cet après-midi, parti en coup de vent acheter une cartouche d’encre pour mon imprimante, j’ai été le témoin d’échanges pour le moins
surréalistes.
J’étais dans le magasin.
Deux personnes attendaient avant moi.
Entra une femme d’une cinquantaine d’années, essoufflée et en jogging.
« Vous savez pas où j’peux trouver du tissu ? »
La commerçante en train de vendre une calculatrice d’un autre âge à un monsieur qui cherchait à convertir des euros en Francs, répondit laconique
et sans même la regarder.
« Y’a plus rien. »
La dame au jogging.
« J’vais aller à la pharmacie. »
La vendeuse à son client.
« Alors si vous appuyez là, vous avez les euros en francs et si vous appuyez là, vous avez les Francs en euros. Y faut que je vous la programme ?
»
Le monsieur.
« Toujours ? »
La commerçante.
« Si vous faites attention, non ! »
La dame en jogging.
« C’est qu’il faut pas être en retard. La voiture de mon mari…
La commerçante.
« Du fil, il doit y en avoir. »
Un autre client qui n’avait rien dit jusqu’à présent.
« Le tissu, c’est ma femme quand elle fait des coussins… »
La dame en jogging
« De toute façon, je dois acheter du pain. Il est pas passé encore… »
Le monsieur à la calculette.
« Vous avez la même en plus petit ? »
La commerçante
« Oui ! »
Le client
« Elle calcule pareil ? »
La commerçante.
« Oui, mais en plus petit. »
La dame en Jogging.
« J’étais sûre avec le fil. J’attends mon canapé. Il le livre tout à l’heure. Mon mari… vous comprenez…»
Le deuxième client
« Ma femme , elle va à Avignon pour le tissu. »
Un grand silence… le client achèta sa calculette, la dame au jogging s’en alla, le deuxième client me fit signe de passer devant lui, sans
explication.
Un peu abasourdi mais amusé, une fois encore, je demandai ma cartouche à la commerçante...
Quelle misère!
Par Michel giliberti
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Publié dans : Quelle misère !
Mercredi 10 octobre 2007
3
10
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/Oct
/2007
18:25
10
@ bientôt,
Michel
Je crains de pouvoir projeter cette image, aussi, parfois.
Acceptons ce miroir dérisoire et misérable de notre condition si imparfaite ; on ne peut pas toujours être grand.
@ bientôt Pierre,
Michel
Surveille bien ton imprimante, tu vas peut-être voir un fil sortir en même temps que la page imprimée, ou alors elle ne va plus vouloir faire que de l'impression sur tissu !
"elle calcule pareil, mais en plus petit", ça c'est fort ! bonne soirée
La vendeuse, par contre, avait l'air totalement ailleurs devant cet homme qui cherchait encore à convertir les francs en euros... Unique!
@ +
Michel
Michel
Merci cet article!
Bien à vous.
@ bientôt,
Michel
Michel
boujou pi du mieu
Michel
Michel
Rire....
Une histoire de fous.
J'aime bien la dame au jogging, on croirait ma mère.
@ bientôt,
Michel
J'ai raté plein d'articles, je vois, mais tes images me ravissent toujours avec autant de plaisir !
A bientôt Michel !
chut.. @ bientôt,
Michel