L’idée de la tanière demeure plus ou moins intacte chez l’homme. Chez
moi, elle est ancrée solidement.
Quand le soleil descend à l’horizon de Sidi Bou Saïd, j'enflamme
toujours quelques bougies et ce geste réveille en moi quinze mille ans d'atavisme… Puis, pour me remettre dans l'air du temps, j’allume les appliques avant d’ouvrir la fenêtre et rafraîchir l’atmosphère lourde des
senteurs du jasmin.
Parfois le ciel s’assombrit… un orage pourrait survenir, mais rien… une fausse alerte, comme
d’habitude.
Les bruits lointains du tonnerre, là-bas, vers Tunis répondent en écho aux battements de mon cœur qui me rappellent que c’est ici qu’il bât le
mieux.
La nuit s'annonce, mes
lumières lui répondent…
Dans chaque coin...
...chaque recoin, et réinventent la douceur d'un jour qui meurt ; ces petits espaces sont
lourds de souvenirs et de mots murmurés.
Comme
les objets silencieux qui, l’air de rien, m’installent ici, à des
centaines de kilomètres de chez moi.
Comme les fruits,
comme ces grenades mûres, chargées de leurs rubis… précieux rapports à la nature.
Et puis, la nuit s’installe
Et puis, Moez arrive
Ses cigarettes et son sourire...
Sa voix qui dit qu'il se sent bien et qu'il fait chaud.
Les années ont fait de lui un homme, mais il est là... toujours.
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Dimanche 14 décembre 2008
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19:30
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