Et puisque le tout sécuritaire fait office de passeport,
puisqu’il est en passe de devenir le modèle qui balaiera nos belles et fortes idées de liberté, ma mémoire s’éparpille au gré des simples souvenirs de ma Tunisie comme cette virée dans le sud, à
Tozeur.
J’avais l’impression, alors que j’approchais du but, de m’être trompé de direction ; aussi je demandai à deux garçons qui
discutaient et fumaient sur le bord de la route si j’étais sur le bon chemin. Ils me répondirent que oui. Ils souriaient, leurs yeux étaient malicieux. Ils m’offrirent un jus de fruit que je
partageai avec eux le temps d’une discussion sur tout et sur rien ; peu après je leur demandai si je pouvais les prendre en photos ; ils acceptèrent et rirent beaucoup, ne comprenant pas
l’intérêt de garder d’eux une trace…
Ce sont ces instants qui me permettent de supporter la phobie de la jeunesse que les puissants enracinent dans nos têtes…
fouille des cartables, portiques de détection à l’entrée des écoles, caméras de surveillance, cybersécurité… et puis demain… des terroristes ! Il ne faudra pas s’étonner !
Et pendant ce temps, la Terre se meurt des pesticides, insecticides, bombes, centrales nucléaires, massacres des
espèces…
Plus d’écosécurité et moins de cybersécurité.
Petite discution à l'ombre d'un arbre...
le temps arrêté.
Profil du sud dans l'ombre bleutée...
Autre profil tout aussi appaisé des bleus du pays...
Sourire et yeux sombres...
Petite torpeur d'avant la sieste...
Et dernier regard avant que le temps s'arrête à nouveau...
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Tunisie
Lundi 1 juin 2009
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12:31
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