
Un tableau pour ceux qui vivent au gré du flux et du reflux du sang de ceux qu’ils aiment.
Un tableau pour ceux qui vivent avec un être malade, un être séropositif.
Cette navigation dangereuse donne à connaître les plus belles des escales, les plus enivrantes des destinations d’amour.
La prudence ne doit pas faire oublier l’amour. Tant d’hommes et de femmes meurent dans la solitude et dans la surdité de ceux qui les côtoyaient autrefois.
Un tableau pour dire avec des corps étroitement liés dans un mouvement de balancier que tour à tour c'est l’un qui porte l’autre et qu’il n’est pas de meilleures conditions d’apaisement et d'équilibre.
Le danger ferme souvent les portes du courage alors qu’il peut l’apprivoiser.
Il ne faut pas s’user aux cauchemars de ceux qui ont peur, mais vivre les rêves de ceux qui ne craignent rien et transcendent les fléaux…
Vivre l’amour avec l'angoisse de perdre l’autre donne des sueurs froides, mais c’est toujours vivre l’amour.
Tous les chemins sont parsemés du sombre chant des lâches, c’est bien à nous d’en trouver la sortie dans le silence lumineux des grands.

Un autre tableau sur ce thème, un tableau avec tous les symboles attachés à la séropositivité ; « sang », « amour » et le masque dont chaque oeil a la forme du virus, les longues baguettes qui créent un chapeau aux extrémités recouvertes d'un préservatif. Le tout est rattaché au personnage qui ploie, prisonnier de la maladie, un personnage dont la peau porte les marques d'un commencement de dégradations.
J'ai peint ce tableau à une époque où tout autour de moi mourraient des amis. J'en étais bouleversé, désespéré, parfois anéanti.
L'amour donnait pour la première fois des culpabilités insupportables.
Commentaires
le danger peut révéler le courage et permettre de trouver des ressources jusque là ignorées...mais il impose aussi , comme tu le dis si bien, de laisser de coté sans regret le sombre chant des lâches...
J'admire ces corps dans leur mouvement de balancier, il me font penser à deux arbres d'essences différentes qui me fascinent près de chez moi...ils s'enroulent ensemble pour chercher la lumière, parfois en fusionnant leurs écorces, parfois en ayant une croissance parallèle, mais à l'évidence, l'un sans l'autre, là où il se trouvent ils n'aurait pu tenir le coup.
Vraiment, je suis très ému.
@ bientôt,
Michel
La couleur rouge de ce cheval blessé.... le rouge qui as rassemblé deux mémoires, ta mémoire... nathalie , caen
@ bientôt,
Michel
Je t'ai reconnu!
Michel
Que dire après le com de Maryse, Michel qui reflète parfaitement mes pensées !!!!! Ta peinture en dit long, et il faudrait que tout le monde ouvre les yeux sur les douleurs d'autrui. Juste savoir écouter parfois....!
Quelques pensées du Périgord pour toi et à très bientôt !
PS : comment va ta maman ?
Merci Josie,
@ bientôt,
Michel
Je te souhaite un week-end serein, Michel!
Gum
@ bientôt,
Michel
Je suis admirative de l'expression et de la sensibilité qui émanent de tes tableaux, ils sont si beaux accompagnés de tes paroles remplies de délicatesse et d'immense vérité...
Plaisir de découvrir peu a peu tes oeuvres si lumineuses qui malgré la souffrance exprimée resplendissent de luminosité....
Cordialement ....
@ bientôt,
Michel
Non pas le tableau, mais le fait de parler de vivre avec quelqu'un de séropositif me fait penser à C. dont je parle parfois sur mon blogue, même si c'est hors-sujet.
Son copain, après l'avoir trompé, est devenu séropositif; quand, après un banal contrôle, ils l'ont su, C. a eu rétrospectivement peur, car, depuis quelques temps, ils couchaient sans capotes (au bout presque trois ans de vie commune, cela semblait presque "naturel").
Pourtant, loin de vouloir se séparer de son copain, C. est resté à ses côtés; il l'aimait, tout simplement.
Le plus triste de l'histoire, c'est que son copain l'a finalement laissé tomber en juin de l'année dernière.
C'était une tranche de vie, banale et insignifiante qu'est venue réveiller ce post.
@ bientôt,
Michel
... encore faut-il que l'autre veuille être sauvé...
Ikkar, with love
@ bientôt,
Michel
J"adore Michel Ange , et les beaux meks a peau noire !!!
Un régal , ton blog !!! TALENT !!!
Nyko
@ +
Michel
Je fais un rêve...
Un rêve où ceux qui vont mourir, ceux qui vont mourir parce qu'ils ont aimé, seraient honorés, portés, entourés..
Un rêve où ceux qui les ont aimés, ceux qui les aiment, seraient légion, afin qu'à l'approche du grand sommeil, une forêt de bras, une rivière de tendresse et de reconnaissance les aident à passer la frontière.
Car, quel sentiment peut-on mettre en face de: aimer jusqu'à la mort, aimer malgré la mort?
@bientôt,
Michel
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C'est génial d'avoir le courage d'exprimer ses sentiments sur cette maladie qui reste encore si "tabou" par la plupart d'entre nous (j'allais dire par le commun des mortels, et oui...)
merci d'avoir partagé ce message.
@ bientôt,
Michel