Partager l'article ! Amours nomades...: Les amours nomades transportent avec elles toute la violence et la vertu nourries des plus grands désordres. ...
| Juin 2012 | ||||||||||
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@ bientôt,
Michel
Le sang sur ses doigts et la manière dont il tient le visage du deuxième personnage évoque une mise à mort et, du fait de l'absence d'expression telles que la colère, la rage ou la haine sur son visage, cela me conforte dans l'idée qu'il ne se sent nullement coupable de la donner, cette dernière lui apparaissant comme irrémédiable, fatale et obligatoire (un peu comme s'il se disait que cela ne dépend pas de lui, ou que de lui, car la mort étant déjà écrite dans le cours de la vie, et il ne sert à rien d'avoir des états d'âmes ou de culpabiliser, voire même d'y penser, lorsqu'elle survient).
De même, et du fait de mon interprétation toute personnelle, le sang coulant sur ses lèvres me fait penser au cannibalisme, et donc à cette loi intangible et inflexible qui exige de chaque être vivant d'avoir à donner la mort pour se nourrir, d'avoir à donner la mort pour pouvoir vivre.
Enfin, à cause du titre de cette toile, j'en conclu qu'aimer, c'est tuer l'autre, forcément et inévitablement (ou accepter d'être tué), car l'être aimé devenant notre nourriture au même titre que nous devenons la sienne et le cours de la vie étant ce qu'il est, tôt ou tard l'un des deux se retrouvera seul (séparation ou mort de l'un des deux), le repas se terminant alors...
Aussi, voici le message principal que je retiens de ta toile: dès lors que l'on s'investit dans une relation d'amour, fidèlement à l'expression du visage du personnage de gauche, il faut à l'avance accepter la mort à venir de cette relation, sa fin annoncée (quel qu'en soit la raison), afin de ne pas s'écrouler le jour venu sous le poids du remord, de la culpabilité ou autre...
A bientôt Michel.
@ bientôt
Michel
tout cela me fait penser à cette idée de Sartre selon laquelle le regard chosifie l'autre; l'autre est un objet dont on use, abuse ... l'autre n'a pas de visage ... l'autre est un autre interchangeable ... sait-on jamais qui est l'autre aussi à la réduire à l'aune de notre propre regard ?
@ bientôt
Michel
@ bientôt Nyco.
Le conventionnel dans l'art est une petite mort.
il faut le fuir dès qu'on le rencontre, quitte à ne plus peindre pendant longtemps et attendre le sang neuf qui viendra de nouveau battre dans les veines.
@ bientôt,
Michel
Mon choix est en tout point similaire au tien et, comme toi, je préfère l'échec au regret.
Hier, j'ai fais voir ta toile à mon aimée et, tout comme Jerem51, elle en a eu une autre lecture. Elle y a vu l'amour qui se donne entièrement et complètement, lisant de la compassion sur le visage du personnage de gauche.
Tenant entre ses mains la tête de son aimé (et par extension la souffrance de ce dernier) il cherche à le soulager de ses maux, jusqu'à boire ses blessures pour enrayer la douleur. Il ne s'agirait donc plus de l'amour qui tue, mais de celui qui peut soigner, soulager, voire guérir.
Cette diversité d'interprétation m'amène à me dire, une fois de plus, que le regard de chacun est véritablement conditionné par ce qui est déjà, en amont, sa vue des êtres et des choses, son approche de lui-même et du monde alentour étant de fait totalement tributaires de ces filtres. Voici pourquoi j'aime les échanges et en éprouve le besoin, car hormis l'expérience personnelle il n'est qu'eux capables de m'aider à remettre en cause mes filtres.
Amicalement.
Amours nomades ou fantômes d'amours ?
Michel