Salammbô… Ce nom résonne en moi depuis bien
longtemps. Flaubert y est pour quelque chose ; l’acteur Jacques Sernas également. Mais en dehors de son iconographie historique, romanesque et cinématographique, Salammbô est un quartier de
Carthage. C’est là où vivait Mohamed, le garçon qui m’inspira le héros de mon roman Derrière les portes
bleues, comme je l’expliquai dans mon précédent article.
Salammbô grouille de vie, Salammbô souffle, Salammbô geint ; il habille les silences et travestit les rêves les plus obscurs. Les
piétons investissent les routes et évitent soigneusement les trottoirs. Tout le monde se parle d’une rue à l’autre, s’interpelle et se presse dans les petits magasins d’alimentation qui dégagent
les parfums d’épices et croulent sous les grappes de piments rouges séchés et accrochés aux murs. C’est en voiture pourtant, au milieu de cette foule indisciplinée qui me donnait des frayeurs,
que je me rendais chez Mohamed.
Quelques années plus tard, celui-ci s’installa en France et, à son tour, il vint me rendre visite. Lorsqu’il découvrit les rues vides,
le calme sidérant et le silence absolu de mon hameau, il pensa qu’il était arrivé quelque chose de grave.
Musique, thé et discussion amicale me permirent, comme autrefois dans la petite cour de Salammbô, de le
photographier.
Je garde ainsi ces quelques portraits pleins de gravité où je retrouve intactes ses inquiétudes de l’époque, quand
vivre à Paris l’impressionnait encore et que rencontrer l’amour lui paraissait impossible.
Cet après-midi-là, il ignorait que tout se passerait bien, que je serais même le photographe « officiel » de
son mariage six ans plus tard, qu’il deviendrait papa, et serait heureux.
Par Michel Giliberti
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Publié dans : Mes modèles...
Vendredi 19 mars 2010
5
19
/03
/Mars
/2010
09:40
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13
Merci
Jj
@ bientôt Jj
Michel
@ +
Michel
@ bientôt, bisous
Michel
Merci infiniment Jack
@ bientôt
Michel
Mohamed qui quitte sa "Salammbô natale" afin de monter sur Paris y conquérir sa "Salammbô conjugale"...
leur sourire résume leur bonheur..
on ne se lasse pas ,Michel...on ne se lasse pas...
bises à mi-chemin entre Salammbô et Normandie!
Inch'Allah !
@ bientôt
Michel
Ce qui fait que je suis viscéralement contre le mariage (bien qu'étant moi-même mariée) c'est que je crois fermement que personne n'appartient à quelqu'un d'autre définitivement, et que le concept de propriété s'il est une nécessité structurante d'une société, (et de la famille), est fatalement ennemi de l'amour. Plus on aime et plus ceux qu'on aime sont aimés... l'amour n'est pas comme un gâteau qu'il faut partager, et dont les parts seraient réduites avec les convives : plus on aime, et plus le gâteau est important, l'amour appelle l'amour et le plaisir d'aimer.
Bonne soirée Michel...
« Il me faudra toujours les oublier, un peu, tes yeux
Si tu veux qu'autre chose, toujours, me les rappelle.»
et Brassens
« Ma mie,... de grâce ne gravons pas nos noms au bas d'un parchemin »...
@ bientôt Éva
Michel
vous prêchez un converti!
j'opte pour votre pacte sur l'amour sans frontiéres...
"peace and love...love surtout"
Si la photo de mariage est un peu conventionnelle -comme la cérémonie- elle nous donne l'heureuse image de la France d'aujourd'hui...et de demain! Les bambins doivent être superbes.
Bonne route à cette famille!
Nabeth.
Oui, le village l'avait terriblement étonné... et il y a de quoi. Moi-même, quand je me suis installé dans cette maison un peu perdue, j'avais une terrible appréhension en soirée.
je vous embrasse Nabeth
Michel
Belle histoire, des soleis des origines aux brumes de l'immigration mais aussi des obscurités de la solitude à la plongée dans l'or rieur d'une chevelure blonde.
Deux mouvements antinomiques qui se croisent pour former le chiasme d'un destin.
Oui curieux destin, car l'impensable est toujours après quelques années passées, de voir que l'instant fragile d'une rencontre donne à vivre tant de choses. Je me souviens d'avoir peint un ami dans ma région. Il était à la force de l'âge et d'une grande beauté. Ce premier tableau se fit dans la joie on a ri, on a bu, bref, ce fut la fête.
Trois plus tard, cet ami décédait d'une tumeur du cerveau et lorsque je suis rentré dans l'église, quel ne fut mon choc quand, tout contre son cercueil, ses parents avaient placé ce tableau que j'avais fait de lui, ce tableau qui avait scellé notre amitié... les choses d'une vie. Comment pouvais-je penser au moment où je peignais cette toile qu’elle signerait son enterrement ?
@ bientôt
Michel
Cette toile Michel ne signait pas son enterrement, elle sublimait son passage sur terre.
C'est une histoire qui m'a marqué... d'autant que sur sa tombe, ses parents avaient associé, une fois de plus, mon travail à sa mort puisque sur le marbre était gravé par un système particulier très au point une photo que je lui avais prise quelques deux ans auparavant...Ce sont des choses qui laissent flotter tout un tas de sensations indéfinissables.
Waouw !!!! J'ai presqu'envie de connaitre la suite mais je sais que ça ne se fait pas,si le temps guérit les blessures,il n'effacera jamais les cicatrices .
Tu as raison... mais je crois que la vie actuelle de Mohamed se déroule bien et les aller-retour en Tunisie lui permettent de recharger ses batteries... (comme moi, du reste)
@ bientôt Marzouki
Michel