Quels beaux chants que les rites, les errances et les voyages délicieux de l’innocence !
Quels beaux chants que ceux de l’espoir, de l’erreur, du rêve et de la fraicheur piégée par un regard timide, mais prometteur ! Ardents souvenirs et ardentes confusions du printemps de nos vies, quand la chair vibre encore à la moindre brise ; quand le cœur bat si fort
qu’il vous plonge dans l’essoufflement et la pire des distractions ; quand les autres n’existent plus ; quand l’univers tout entier se résume à ses seules prunelles qui vous mettent en
prison ; quand le souffle essentiel n’est plus le vôtre, mais le sien. Quels beaux chants !
Charmant sourire retrouvé au hasard de souvenirs pas si lointains.Charmante
ambiance, verte et ambrée, à l’ombre de la Koubba du Belvédère, au sommet de Tunis. Certaines photos traversent les années et vous reviennent en plein cœur, légères comme un jour de printemps qui ordonne à l’hiver qui vous plaque
encore au sol d'aller faire ses valises. Alors, à ce sourire d’un autre été, j’ajoute le mien en pensée. La vie, joyeuse ou non, réserve souvent de si douces surprises qu'il est bon de les chercher dans sa mémoire en attendant d'en vivre
d'autres.
Quand je te regarde de face Mes yeux déchiffrent l’obscur enchantement de ta claire promesse. Je cherche à m’éblouir de chaque détail offert et je te désire, t’attire, t’aspire…
Quand je te regarde de dos Mes yeux déchiffrent le clair enchantement de tonobscureprofondeur. Je cherche à m’éblouir de chaque secret offert et je te découvre, t’entrouvre, te couvre.
Il n’y a pas de pays sages, il n’y a
que des paysages.
L’escale est impossible, l’ancrage, moins encore. Seules nos errances poétiques ou vagabondes pensent trouver le lieu idéal et nous engagent à y séjourner.
Moi, j’aime voyager au coeur des visages. Je ne suis jamais déçu. Ils sont des ports d’attache, des routes offertes, des espaces flamboyants. Ils sont les repères qui répondent à mes espérances.
Des portes ouvertes sur ma Babylone.
Une ruelle dans la
médina. Une ruelle si vivante quand, ailleurs, je me désincarne.
Une ruelle si intime quand, si près, Bab Souika balbutie ses secrets, brasse ses
espérances, bruisse de ses désirs.
Une ruelle qui se ferme et renvoie aux pavés les pas lourds du passant autrefois si
léger. Cher ami, vous souvenez-vous du jasmin à l'oreille et des gouttes de sang au creux du vieux
cristal ?
Vous n'aviez d'ouverture que vos bras cuivre et bronze, mais jamais votre coeur de bois
sec.
Quelle étrange chose que ce baiser furtif en soirée, quand, au fond du jardin, dans l’air
soudain plus frais, je vous avais raccompagné jusqu’à votre voiture ! Une calèche tirée par des chevaux m’aurait moins étonné, tant votre visage romantique s’accordait de cette époque. Tout
au long de la soirée, alors que nous dénoncions la noirceur des chiens et des loups d’aujourd’hui, j’avais pensé que seuls les vins et la musique rendaient vos yeux brillants mais là, dans les
lumières qui bleuissaient les bambous, je me sentis rougir d’en mieux comprendre le sens. Hélas, en réponse à vos lèvres hésitantes, je n’eus que des mots balbutiants quand il aurait mieux valu
en explorer l’ardeur.
Vous aviez de ces lieux un souvenir
ardent attaché au tapis et à la meule de pierre qui amusait vos yeux. Vous pensiez que les choses d’un temps hors du vôtre ne pouvaient me séduire. Je vous avais murmuré que mes mains savaient
aussi bien lire les rides des pierres centenaires que la soie de vos deux décennies.
Commentaires