Je marchais dans Dougga au
centre des ruines romaines… C’était à l’automne de l’année dernière. Je m’étais un peu éloigné, recherchant une solitude qui m’est souvent nécessaire, quand, au milieu de nulle part, ces quelques
fleurs me sont apparues.
La photographie des choses et des lieux ne me passionne pas, mais je ne sais pourquoi, ce bouquet isolé, un peu comme je l’étais alors, me donna l’envie de capter sa fragile image.
Depuis plus d’un an, ces fleurs mauve pâle étaient rangées aux oubliettes comme dans un herbier, et voilà que je les redécouvre.
Aussitôt, je ressens l’émotion, la douceur de ce jour, le silence alentour et les parfums fanés de la campagne après la pluie, alors, je laisse l’herbier ouvert, encore un peu.
Par Michel Giliberti
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Mardi 23 février 2010
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Être un soleil encore un peu, être un félin jusqu’au point
d’eau, puis les mots à la bouche, se dire qu’aimer est le seul verbe qui vaille la peine d’être conjugué.
Poète ou bien voyou, ne pas hurler avec les loups, dénoncer la tiédeur et faire de l’ennui un feu
immense dans les nuits chaudes des sentiments.
J’aime les éclairs, j’aime la pluie, le vent qui gifle et qui réveille. J’aime le soleil et sa brûlure, la flaque d'eau et le désert,
j’aime nos bleus, j'aime nos rouges, j'aime t’aimer...
J'aime, c'est le plus sûr moyen de ne pas vieillir.
Par Michel Giliberti
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Lundi 22 février 2010
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Ma mère, pétrie de toute son
âme corse, était une grande superstitieuse.
Un parapluie ouvert dans un intérieur la mettait en émoi,
une bouteille d'huile cassée la troublait tout à fait, du sel renversé sur la table lui faisait présager une dispute familiale imminente qui, à force d'être appréhendée, arrivait
fatalement.
De toutes ces superstitions dérisoires, deux seules me convenaient, charmantes et poétiques. La première
venait des abeilles qui lorsqu’elles pénétraient la maison étaient supposées apporter du bonheur, si au bout d’une sorte de litanie formulée en toute hâte par ma mère, l’abeille décidait de
rester dans la maison. La deuxième venait des papillons qui, eux aussi, s’invitant chez nous par inadvertance, voletaient un peu partout à la recherche de la sortie. Là, nul besoin de prière, ils
annonçaient une bonne nouvelle avant trois jours.
Et ce matin, en rangeant des papiers concernant ma pauvre mère, j’ai retrouvé cette photo maladroite que
j’avais prise en toute hâte, l'été dernier. J’ai eu un pincement au cœur.
Est-ce que ce papillon sur une fenêtre de l'atelier m’apportera du bonheur dans les trois jours comme
s’il était vraiment venu voleter autour de moi ?
Par Michel Giliberti
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Mardi 26 janvier 2010
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C’est le soir, quand tout s’endort que s’éveillent les bruits de
la terre, des bruits à peine chuchotés… des bruits de réconciliation, des bruits de tant de choses fermées à nos oreilles en journée quand nous avons tant à
gueuler.
Par Michel Giliberti
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Dimanche 24 janvier 2010
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Par Michel Giliberti
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Vendredi 25 décembre 2009
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Juste avant la nuit, juste avant le sommeil, quand
tout devient silence et que les belles pensées se réveillent, je me dis que les hommes sont à l’image des sources claires qui alimentent les fleuves avant que ces derniers ne se jettent à la mer.
Rien d’autre.
Les minarets, les églises, les synagogues, et autres lieux de cultes, ces fleuves bouillonnants qui font grossir tant de creuses conversations sur
nos différences d’identités, ne devraient-ils pas plutôt alimenter notre unité terrienne, cette mer unique, cette tache bleue encore vivante dans un univers si noir où seul "l’esprit" devrait
prendre la parole ?
La nuit
Quand tout se tait
Mon coeur
Fait un tel bruit.
© Giliberti
Par Michel Giliberti
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Mardi 8 décembre 2009
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C’était le 4 septembre dernier,
quinzième jour de ce ramadan 2009.
Dans l’air embaumé du soir naissant, le chant du Muezzin annonçait à tous les musulmans la
fin très proche du jeûne quotidien.
Les Tunisiens pressaient le pas dans les rues de Sidi Bou Saïd pour se retrouver en famille
et prendre le repas du soir tant attendu.
Moi, sur la terrasse de la maison, je restais fasciné par un nuage caressé de la lumière du
soleil couchant, qui, dans le mauve du ciel obscurci, avançait, massif et inquiétant, comme un jet de cendres volcaniques.
Peu de temps après la Lune devait disparaître derrière lui et le chant du Muezzin
s’interrompre. Il me fallait fixer cet instant grandiose où les éléments se rappellent à vous et vous assurent de leur puissance.
Demain serait un autre jour ; un jour qui devait, hélas, m’abrutir d’une douleur sans
nom et m’obliger à repartir en France quelques jours, puis revenir, bercé des souvenirs brûlants d’une enfance heureuse, désormais orpheline.
Pour l’heure, alors que la « Chorba » (soupe du ramadan) m’attendait chez mes amis, je me sentais impressionné de la chance
d’être un terrien et désespéré qu’on puisse tant de fois l’oublier.
Par Michel Giliberti
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Vendredi 30 octobre 2009
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