Un peu d’encre et mes mots Naissent alors du désert Où les vents sur la peau Éteignent mes paupières. Un peu d’ocre et ses maux Meurent enfin du désert Où les sables sur la peau Allument ses prières.
Quels beaux chants que les rites, les errances et les voyages délicieux de l’innocence !
Quels beaux chants que ceux de l’espoir, de l’erreur, du rêve et de la fraicheur piégée par un regard timide, mais prometteur ! Ardents souvenirs et ardentes confusions du printemps de nos vies, quand la chair vibre encore à la moindre brise ; quand le cœur bat si fort
qu’il vous plonge dans l’essoufflement et la pire des distractions ; quand les autres n’existent plus ; quand l’univers tout entier se résume à ses seules prunelles qui vous mettent en
prison ; quand le souffle essentiel n’est plus le vôtre, mais le sien. Quels beaux chants !
Si présent l’été de mon enfance L’herbe folle aux mollets, les
sauterelles, les papillons dans les blés. Si fragile la soie des coquelicots, sa
caresse légère entre les doigts rougis. Si généreux l’étang vert des têtards, le
métal turquoise des libellules, le cuivre des lézards. Si présent l’été de mon
enfance L’esprit libre de tout, les mains pleines de
rien, Quand le bleu de la terre irisait mon regard de fortunes
gratuites.
Pauvres amis, pauvres frères, croyez-vous qu’un ailleurs serait plus favorable ? Croyez-vous que les chemins de mer mènent encore aux
rêves ?
Croyez-vous qu’à souffrir, on vous pardonnera et qu’au souffle des rives nouvelles, votre passé vous laissera
sauf ?
Nos continents arides sont dotés de plus d’amer que d’amour et vos larmes n’auront pas le pouvoir
d’y faire croitre le moindre sentiment.
Pauvres amis, pauvres frères, de tous les héros actuels qui publient leurs mémoires, vous êtes, vous, et vous seuls, les héros d’une
époque tragique où l’on parle d’égalité en termes précieux quand il faudrait hurler et se battre pour ne pas crever de honte.
Commentaires