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Quelle misère !

 

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Mes chers amis, à cause d'une femme qui vient perturber mon blog tous les jours et même ma boîte mail, je suis au regret de devoir mettre un modérateur à cet espace que je voulais éternellement libre. Depuis 2006 tout a été magnifique, léger, et nos partages, essentiels. L’hystérie aura eu raison de mes espérances. Rassurez-vous, tout continuera comme avant, mais avec le léger décalage de la modération. Je sais que vous me comprendrez... @ très vite.

Par Michel Giliberti - Publié dans : Quelle misère !
Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 22:48
- Communauté : blog artiste
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Voilà bien longtemps que je n'avais alimenté ma rubrique "Quelle misère" avec mes aventures en grande surface... et bien, voici la dernière en date...

Hier après-midi, alors que je faisais mes courses dans ma grande surface habituelle, je surpris au hasard de ma quête (où est passé le Graal ?) une conversation amusante et triste à la fois.
Une dame transportant son petit garçon (marchandise charnelle) dans le caddy était arrêtée devant une pyramide de petits lapins OR, celui de chez Lindt, celui qu’on voit sur toutes les chaînes de télévision dès que Pâques pointe son nez.
Le petit garçon en voulait un et sa mère accepta tout en maugréant ; on sentait bien qu’elle avait des soucis et que ce lapin OR n’était pas sa priorité.
Puis elle reprit sa marche en poussant le chariot avec amertume. Tout aurait pu s’arrêter là ! Mais le petit garçon lança un regard affolé à sa mère.
– Maman, il est cassé.
La mère lui arracha le lapin des mains, le regarda vite fait et lui redonna.
– Mais non… il est très bien.
Le petit renchérit. Son menton commençait à trembler, annonçant les larmes…
– Le lapin est cassé, reprit-il d’une voix inquiète.
La mère ne répondit pas.
Ce qui devait arriver arriva. Le petit fondit en larmes.
La mère exaspérée :
– Qu’est-ce qu’il y a encore ? Tu peux pas te taire ?
– Le lapin est cassé.
La mère n’y tint plus. Elle arracha des mains de son rejeton le lapin maudit, l’ausculta une dernière fois, puis le renvoya avec véhémence dans le caddy.
– Il est très bien, j’te dis… Si ça continue, je vais m’fâcher. Tu la vois, celle-là ? Elle mima, la main en l’air ( Ô temps suspends ton vol ! ) le risque qu’encourait son fils.
Ce dernier, tout ruisselant de larmes, hoqueta : « Y bouge pas !... Y ferme pas les yeux ! Il est cassé! »
La mère n’en pouvait plus.
– Mais t’es bête ou quoi ? C’est du chocolat… C’est pas un jouet ! Comment tu veux qu’ ça bouge ?
Le petit, bouleversant, supplia sa mère de ses grands yeux innocents…
– Il est cassé… À la télé, y ferme les yeux et y bouge…
Brusquement, je réalisai l’impact pervers que cette publicité (où on voit ce lapin OR en chocolat bouger et faire un clin d'œil complice) pouvait avoir sur un enfant ! C’est cela qu’on appelle marketing ! Un gros mensonge pour un enfant.
La mère réalisa en même temps que moi la supercherie, mais fatiguée par ses histoires personnelles, elle redressa son fils qui s’effondrait doucement au fond du chariot.
– Et bien tu l’secoueras toi-même…
– Non ! je veux un qui bouge tout seul…
– C’est pas possible… Dans quelle langue tu veux que j’te l’dise ?
– J’en veux un qui bouge…
Et là, la mère lui envoya une gifle et conclue en haussant le ton.
– Tu m’emmerdes avec ton lapin… t’as qu’à le bouffer tout d’suite ! Comme ça il pourra plus du tout bouger et tu me foutras la paix.
Eh oui, toutes les belles histoires ont une fin…
Quelle misère !!!


Joyeuses Pâques, tout de même...


Par Michel Giliberti - Publié dans : Quelle misère !
Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /Avr /2009 06:50
- Communauté : Résistance 2007
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Hier, j’attendais dans le hall de la gare d’Évreux l’arrivée de mon ami qui revenait de Paris.
Le hasard d’un siège d’accueil m’avait placé en face d’une femme d’une cinquantaine d’années et de sa fille qui devait en avoir la moitié.
Toutes les deux avaient l’air de bien s’entendre et, ensemble, elles décortiquaient passionnément un magazine « glamour » qui semblait regorger d’articles tous plus intelligents les uns que les autres.
La jeune fille mâchait un chewing-gum avec une élégance toute bovine et lâchait des « Oh » et des « Putain, qu’elle est belle ! » dès qu’au détour d’une page, apparaissait la silhouette d’une star botoxée, d’un mannequin ou d’une présidente chanteuse (spécificité française).
La mère qui jouait de ressemblance avec sa progéniture tentait de se faire passer pour sa soeur et pour s’en convaincre, portait le même jean moulant (avec quelques kilos supplémentaires qui obligeaient l’ouverture du premier bouton de sa braguette), les mêmes breloques aux bras et aux oreilles, le même gloss outrancier sur les lèvres et elle mastiquait avec autant d’ostentation, doublant ainsi le très désagréable claquement de bulles d’air.
Bref, même QI.
Je ne pouvais pas m’empêcher de les observer... quand la fille arrêta brusquement la lecture du subtil ouvrage et regarda sa mère avec dans les yeux la lueur diffuse de cette culture « people » dont son cerveau était baigné.
– Francis, y veut que j’ m’ refais les seins, souffla-t-elle en se grattant la cuisse avec la délicatesse d’un chien bourré de tics.
La mère s’arrêta de mastiquer et, tandis que son profond regard se bloqua sur quelques funestes visions mammaires, sa mâchoire resta décrochée.
Sa bouche forma quelques « U » d’inquiétude puis quelques « O» de stupéfaction ; le sujet était grave et méritait bien que la fonction buccale émette quelques signaux alphabétiques essentiels qui personnellement me libérèrent du délicieux bruit de mastication en stéréo.
La réponse ne tarda pas, cependant.
– T’es folle ?… Refaire tes seins… Franchement, à ton âge !
– Ben ouais… Francis, y kiffe les gros seins… y dit qu’ les miens, c’est des poires !
– Mais il est fou… tu sais combien ça coûte ?
– J’ sais pas, 4000, 5000 euros… un truc comme ça, genre !
– Et où tu veux que j’ trouve cette somme ?
– Mais c’est Francis qui paye… qu’est-ce tu t’imagines !
La mère recommença à faire claquer son chewing-gum, replongea ses yeux dans le magazine que sa fille feuilletait à nouveau de ses doigts épais et courts qu’un vernis noir pailleté raccourcissait davantage.
– Putain… C’est pas ton père qui me f’rait un tel cadeau, pourtant les miens c’est des vrais gants de toilette, conclut la mère tandis qu’elle plissait les yeux pour mieux regarder Monica Belluci qui, la poitrine arrogante et le visage photoshopé à mort, s’étalait en double page…

Quelle intox ! Quelle misère !

Par Michel Giliberti - Publié dans : Quelle misère !
Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 07:32
- Communauté : blog artiste
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Ce matin, je suis allé faire quelques courses chez Leclerc, au pays de mes chères caissières…
À l’entrée du magasin se trouvaient deux caisses automatiques flambant neuf, avec juste à côté, une dame très sérieuse chargée d’initier les clients à leur utilisation.

J
’ai regardé ces robots sans âmes avec toute l’amertume, pour ne pas dire la haine, qu’ils ont aussitôt suscitée en moi.

Nous vivons dans un monde difficile, souvent inhumain, où les contacts deviennent presque impossibles et, constater qu’au nom de la croissance aveugle et du profit, nous serons bientôt privés de rapports amicaux avec ces femmes qui entretiennent le tissu social, me met hors de moi.
Nous avons déjà des contacts téléphoniques où nous ne pouvons que taper des chiffres pour obtenir les renseignements souhaités, nous possédons des cartes, des codes et autres désincarnations affichées, et bien dans quelque temps, nous aurons des magasins, où, tout en faisant la gueule, nous ferons nos achats et les réglerons dans l’absolue solitude et l’indifférence générale.
Adieu les petits « Bonjour ! », les petits « Fait pas chaud ce matin ! ».
Fini ! Balayés, rangés aux oubliettes tous ces simples mots qui pallient parfois aux petits désarrois du quotidien et à ceux qui vivent la solitude.
Pour ma part, je boycotterai le plus longtemps possible ces robots de malheur qui contribueront davantage à la sinistrose générale qui fait que de plus en plus de gens sont dépressifs.
Je critique parfois l’Amérique, mais je suis bien heureux de voir que, là-bas, les grandes surfaces sont non seulement toujours équipées de caissières, mais aussi de jeunes gens chargés de ranger nos achats dans des sacs à provisions (en papier) et de les placer dans le coffre de nos voitures.
Pas si fous les Américains…

Alors, moi qui si souvent me suis moqué gentiment des caissières, je lance aujourd’hui un cri d’alarme pour les soutenir dans leur ultime combat contre ces robots stupides qui ne profiteront qu’aux patrons comme d’habitude…
Quelle misère !
Par Michel giliberti - Publié dans : Quelle misère !
Dimanche 28 octobre 2007 7 28 /10 /Oct /2007 15:56
- Communauté : Libre pensée politique
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Souvent je me suis amusé des conversations entre caissières et clients ; toutes avaient  comme un point commun la banalité de nos propos de tous les jours.
Mais cet après-midi, parti en coup de vent acheter une cartouche d’encre pour mon imprimante, j’ai été le témoin d’échanges pour le moins surréalistes.
J’étais dans le magasin.
Deux personnes attendaient  avant moi.
Entra une femme d’une cinquantaine d’années, essoufflée et en jogging.
 « Vous savez pas où j’peux trouver du tissu ? »
La commerçante en train de vendre une calculatrice d’un autre âge à un monsieur qui cherchait à convertir des euros en Francs, répondit laconique et sans même la regarder.
«  Y’a plus rien. »
La dame au jogging.
« J’vais aller à la pharmacie. »
La vendeuse à son client.
« Alors si vous appuyez là, vous avez les euros en francs et si vous appuyez là, vous avez les Francs en euros. Y faut que je vous la programme ? »
Le monsieur.
« Toujours ? »
La commerçante.
« Si vous faites attention, non ! »
La dame en jogging.
« C’est qu’il faut pas être en retard. La voiture de mon mari…
La commerçante.
« Du fil, il doit y en avoir. »
Un autre client qui n’avait rien dit jusqu’à présent.
« Le tissu, c’est ma femme quand elle fait des coussins… »
La dame en jogging
« De toute façon, je dois acheter du pain. Il est pas passé encore… »
Le monsieur à la calculette.
« Vous avez la même en plus petit ? »
La commerçante
« Oui ! »
Le client
« Elle calcule pareil ? »
La commerçante.
« Oui, mais en plus petit. »
La dame en Jogging.
« J’étais sûre avec le fil. J’attends mon canapé. Il le livre tout à l’heure. Mon mari… vous comprenez…»
Le deuxième client
« Ma femme , elle va à Avignon pour le tissu. »
Un grand silence… le client achèta sa calculette, la dame au jogging s’en alla, le deuxième client me fit signe de passer devant lui, sans explication.
Un peu abasourdi mais amusé, une fois encore, je demandai ma cartouche à la commerçante...
Quelle misère!

  
Par Michel giliberti - Publié dans : Quelle misère !
Mercredi 10 octobre 2007 3 10 /10 /Oct /2007 18:25

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E
n juillet, alors que j’étais auprès de ma mère dans la maison de repos où elle se trouvait pour un mois, j’ai pu observer les petits vieux qui étaient là.

Certains avaient de la nostalgie plein les yeux, d’autres du ressentiment, mais tous avaient cette inquiétude du lendemain, cette indicible angoisse de se retrouver, en dehors de chez eux, dépourvus d’autonomie et comme privés de leurs libertés... C’est alors que je me suis aperçu d’une cocasserie, au départ, anodine…
Ces petits vieux, à qui l’on donnerait le Bon Dieu sans confession, ont des petites manies et pas des moindres… Ils prennent tous « L’eau de mélisse des carmes Boyer »…
Vous me direz, quoi de plus naturel que de se soigner avec des plantes à leur âge (surtout que c’est vendu en pharmacie !)
Personnellement, ma mère (comme ma grand-mère autrefois), sous prétexte de « se sentir pas bien »se rue sur sa bouteille, trois fois par jour…
Elle fait tomber quelques gouttes du précieux liquide sur un sucre et aussitôt après, elle va mieux.
Et pourtant, cette chère eau de mélisse que l’on recommande pour se « remonter » est en réalité un concentré d’alcool à 80 ° ! Avec du sucre, ça doit bien faire monter le taux d’alcoolémie à environ 90 °.
Comment dire à ma mère, et aux autres que, s’ils se sifflaient un petit calva, ça leur ferait le même effet ?
Bien sûr, le calva n’est pas vendu en pharmacie... ça ferait désordre !
Et c’est ainsi que dans tous les hôpitaux, les maisons de retraites et autres hospices, nos petits vieux se shootent plusieurs fois par jour et vous regardent de leurs yeux attendris, qu’ils soient dans leur lit ou dans des fauteuils roulants, mais tous avec une fiole d’eau des carmes Boyer à portée de main…
En ce moment, on parle beaucoup de la maladie d’Alzheimer, une tragédie !
Notre cher président, un peu parkinsonien des épaules, en a même fait son cheval de bataille. ..
Mais ne soyons pas mauvaises langues, et demandons-nous simplement ce qu’il va faire pour humaniser tous ces lieux de désolation qui donnent des vices à nos chers vieux…
Quelle misère !

Par Michel Giliberti - Publié dans : Quelle misère !
Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 17:21

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prisons.jpg Ce tableau avec Franck et Xavier comme modèles, me fut suggéré lors d’une conversation « sereine » avec une bourgeoise aux idées larges et qui « comprenait tout à fait les gays ».
La discussion avançait tranquillement quand, au bout de quelques instants, elle me dit : « Les homosexuels, c’est formidable ! Je les comprends tout à fait, ce sont des êtres exquis, si drôôôles... c’est géniaaal! ils ont du goût, leurs appartements sont toujours ravissants et ils sont si propres... »
Je lui répondis que c’était une vision bien réductrice des gays et je lui rappelais que nous nous battions aussi pour avoir les mêmes droits que tous.
Elle me rétorqua. « Se battre ? mais pour quels droits ? c’est idiot ! C’est comme si tous les diabétiques manifestaient… Ils ne peuvent quand même pas vivre comme les autres, on le sait ! Ils sont en prison. »
Pressentant le pire, je lui demandai ce qu’elle entendait par « en prison ». Elle me rétorqua entre deux petits-fours (nous étions à un vernissage) : « Notre société réclame une certaine virilité, une certaine audace, non ? Les homosexuels sont bien trop emprisonnés dans leur impossibilité de s’intégrer à elle... le vrai problème, c’est qu’ils sont en prison, je vous assure. »
Eh oui, je vous passe le reste, car j’étais à deux doigts de lui faire avaler tout l’or de ses breloques qui dégoulinaient sur elle, lui faisant comprendre qu’une minorité peut aussi espérer que la majorité les accepte comme ils sont, mais c’était difficile à lui faire admettre qu’elle n’était pas si compréhensive que ça… et que le milieu gay l’intéressait un peu comme les gens vous disent que les favelas sont « Formidaaables !!! » et que c’est « Incroyaaable !!! » ce que les pauvres peuvent faire avec un rien… sans tenter de se mettre à leur place.
Bref, en étant de charmants jeunes gens, dociles, propres et fantaisistes, nous étions, pour cette dame, suffisamment récompensés par le regard honnête de la société.
Nous étions un peu, grâce au quartier du Marais, des animaux exotiques qu’il fallait parquer dans un Thoiry conservateur ; une certaine idée de la « prison » pour homosexuel(le)s, tolérée par ceux qui les rejettent. Quelle misère!

Heureusement que ce discours n’est pas majoritaire ( quoi que... ! )
Voilà pourquoi, sur ce tableau, si la position  des personnages peut faire croire à l’unité, au rapprochement et à la tranquillité, les regards, eux, semblent inquiets et refléter ( pour Xavier, tête sur les genoux ), une inquiétude et pour Franck, un  fatalisme devant un horizon incertain.


Il faudra que je parle un jour de Xavier… plus tard, quand j’y parviendrai.

Par Michel Giliberti - Publié dans : Quelle misère !
Mercredi 29 août 2007 3 29 /08 /Août /2007 21:26

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