Le sommeil, cette douce petite mort, cet oubli
de soi et des autres, te rencontrait parfois quand, à longtemps poser, tu rêvais d’un ailleurs où ton âme recelait des aventures plus terrestres.
Dans ces moments-là me venaient des envies de partir et de te laisser
tranquille.
Ma pudeur naissait, quand la tienne s’enfuyait. J’aurais voulu te peindre ou voler ton
image, avec l’agilité d’un enfant qui, silencieux et secret dans les jardins profonds, s’empare des fruits mûrs convoités.
Mais alourdi de remords, je poursuivais mon travail attentif de peintre et toi, léger comme
l’air, tu demeurais assoupi, à poser dans ta beauté première.
Comment vous dire ? Comment vous
expliquez l’aventure qu’il m'a été donné de vivre hier après-midi, alors que j’accompagnais un ami handicapé qui dépend du RSI (Régime Social des Indépendants) à la CPAM (Caisse Primaire
d'Assurance Maladie) ; caisse du régime général, comme chacun sait.
Celle-ci avait convoqué mon ami pour un contrôle de ses droits à toucher son AAH
(Allocation Adulte Handicapé), bien que ces derniers courent jusqu’en 2014 (des fois, qu’entre temps, il serait passé par Lourdes). Il lui fallait justifier de son invalidité afin de savoir si
l’aide reçue de la CAF (Caisse d’Allocations Familiales) ne dépendait pas en fait de la CRAM (Caisse Régionale d'Assurance Maladie) alors qu'en réalité depuis plus de cinq ans il dépendait
de la RAM (Régime Assurance Maladie des Indépendants).
Devant la judicieuse série de sigles et autres abréviations jargonnesques, au bout d’un
moment, la CRAM se noya dans la CAF et bouda la RAM, elle-même dépendante de la CDAM. (Caisse Départementale d'Assurance Maladie) Je ne suis certainement pas très clair, mais j’ai des
excuses…
Au bout d’une demi-heure de débat an-alphabétique, le médecin conseil de la CPAM perdit
lui-même son latin ne comprenant pas pourquoi on avait convoqué mon ami à la CPAM alors qu'il ne dépendait pas de ce régime. Il envoya donc la secrétaire chercher le fameux "dossier", que, bien
sûr, elle ne trouva pas ! Celui-ci avait du s'égarer quelque part entre la CAF, la CRAM, la CPAM, la RAM et probablement encore d'autres entités mystérieuses. Le médecin resta muet un court
instant puis demanda à sa secrétaire de transmettre le dossier à la DDAM (Direction Départementale de l'Assurance Maladie) espérant sans doute qu'elle pourrait tirer quelques conclusions d'un
dossier virtuel !
Photo anonyme
captée sur za-gay-org
Plus tard, totalement SA (Sidéré et Abruti) par ce
PC (Parcours du Combattant) et bloqué dans ma voiture, au centre de la pollution, du bruit et de l’ambiance électrique de la ville sous la pluie, j’ai eu l’irrésistible envie de me retrouver dans
ce qui reste de la forêt Amazonienne avec un magnifique GEP (Gigantesque Étui Pénien) pour récupérer un peu de ma superbe écornée par la BUS (Bureaucratie Usante et Stalinienne).
C’était le 4 septembre dernier,
quinzième jour de ce ramadan 2009.
Dans l’air embaumé du soir naissant, le chant du Muezzin annonçait à tous les musulmans la
fin très proche du jeûne quotidien.
Les Tunisiens pressaient le pas dans les rues de Sidi Bou Saïd pour se retrouver en famille
et prendre le repas du soir tant attendu.
Moi, sur la terrasse de la maison, je restais fasciné par un nuage caressé de la lumière du
soleil couchant, qui, dans le mauve du ciel obscurci, avançait, massif et inquiétant, comme un jet de cendres volcaniques.
Peu de temps après la Lune devait disparaître derrière lui et le chant du Muezzin
s’interrompre. Il me fallait fixer cet instant grandiose où les éléments se rappellent à vous et vous assurent de leur puissance.
Demain serait un autre jour ; un jour qui devait, hélas, m’abrutir d’une douleur sans
nom et m’obliger à repartir en France quelques jours, puis revenir, bercé des souvenirs brûlants d’une enfance heureuse, désormais orpheline.
Pour l’heure, alors que la « Chorba » (soupe du ramadan) m’attendait chez mes amis, je me sentais impressionné de la chance
d’être un terrien et désespéré qu’on puisse tant de fois l’oublier.
Les éditions Bonobo ferment leurs portes. Je ne serai plus édité chez elles C’est une
grande tristesse, car je m’y sentais très bien. J’avais en réserve encore deux titres… Tant pis. Je ne me sens pas le courage de taper à la porte d’autres éditeurs, du moins pas pour le
moment. C’est difficile de se battre de nouveau ; difficile de se retrouver demandeur. J’ai heureusement la grande chance d’avoir un de mes romans « Bou Kornine » qui sera publié aux
États-Unis en 2010.
En attendant, je ferme ce blog pour une période indéterminée, car je n’ai plus grand-chose à dire. Trop d’éléments me perturbent et me distancient de ce rendez-vous que je voulais toujours
au plus près de la création et de l’intime partage. Je n’aime pas faire les choses à moitié. Aussi, aujourd’hui j’ai besoin de fermer les yeux, de redessiner une approche du monde ouverte
sur la réalité et d’oublier le virtuel, la toile et ses pièges.
Je vous embrasse toutes et tous ( vous qui ne fûtes jamais virtuels ) et je vous remercie du fond du cœur pour tout ce que vous m’avez apporté.
Je ne trouve toujours pas la photo qui reflèterait au plus juste l'ambiance du vernissage
de ma dernière exposition. En attendant,voici deux des toiles nouvelles qui s'y trouvaient.
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